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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 22:35


 



 

25/05/2009 12:37:09 - Jeune Afrique  par Jean-Dominique Geslin 

Partira? Partira pas? Au-delà du cas Mamadou Tandja, plusieurs dirigeants africains en délicatesse avec la communauté internationale ou, tout simplement, en désaccord avec le politiquement correct tentent de donner des signes de bonne volonté.


Ainsi l’homme fort de Conakry, le capitaine Moussa Dadis Camara, vient-il d’annoncer, le 10 mai, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle (voir p. 39). Une décision qui intervient moins d’un mois après que ce bouillant officier a menacé d’« ôter l’uniforme » pour briguer la magistrature suprême…
 

Parole de soldat!


Ce revirement montre à quel point la décision de postuler – ou de renoncer – au pouvoir est difficile à prendre. Le 12 mai, Andry Rajoelina, tombeur du président Marc Ravalomanana le 17 mars dernier, aurait annoncé à une poignée de diplomates qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle promise d’ici à la fin de 2010. Mais l’information a été démentie par le gouvernement, avant que l’intéressé ne revienne sur la question le lendemain. Lors d’une conférence de presse, Rajoelina a expliqué qu’il renoncerait, en effet, à se présenter à la condition que les anciens chefs de l’État malgache en fassent autant. « Je veux montrer au monde entier que Andry Rajoelina ne s’accroche pas à un siège, que Andry Rajoelina n’est pas assoiffé de pouvoir », a-t-il expliqué.


D’autres dirigeants, par le passé, se sont illustrés par de semblables virages à 180 degrés. Ainsi, le général Robert Gueï, qui succéda à Henri Konan Bédié à l’issue du putsch de Noël 1999, en Côte d’Ivoire, déclarait à Jeune Afrique quelques jours après le coup d’État
: « Si je remplis ma mission, d’ici à un ou deux mois, je m’en irai. » Ce qui ne l’empêcha nullement d’être candidat face à Laurent Gbagbo en octobre 2000.


De même, le Centrafricain François Bozizé nous confiait, moins d’un mois après le renversement d’Ange-Félix Patassé, survenu le 15 mars 2003
: « Je n’ai pas l’intention d’être candidat. À la fin de la transition, j’aurai mis en place les institutions démocratiques et ramené la paix. J’aurai donc rempli ma mission. Après, je me retirerai. Sauf si le peuple me demande le contraire. » Il sera finalement élu à la présidence le 24 mai 2005, et devrait très vraisemblablement se représenter en 2010.


Les militaires n’ont pas le monopole de ces volte-face plus ou moins spontanées. Certains chefs régulièrement élus n’ont pas été dissuadés par les dispositions constitutionnelles limitant le nombre des mandats, et ont clairement exprimé leur désir de prendre leur retraite… avant de se représenter une énième fois devant les électeurs. Ce fut notamment le cas du Togolais Gnassingbé Eyadéma, qui déclarait sur RFI, en juillet 1999
: « En 2003, à la fin de mon mandat, j’irai me reposer au village. Non seulement la Constitution ne sera pas révisée, mais mieux, je la respecterai. Parole de soldat! » Trois ans plus tard, le général faisait modifier la Loi fondamentale, et remportait la présidentielle de juin 2003.
 

Constitutions amendées


En juin 2001, Idriss Déby Itno tenait, lui aussi, des propos explicites
: « Je ne serai pas candidat en 2006. Je ne modifierai pas la Constitution. Je le dis haut et fort: ce qui me reste à faire au cours de mon dernier mandat, c’est de préparer le Tchad à une alternance démocratique, pacifique, sans rupture! » Ce qui n’a pas empêché le Parlement de changer les règles du jeu électoral en 2004, ouvrant ainsi la voie à la réélection de Déby Itno deux ans plus tard.


Avec le souci affiché de maintenir la stabilité de l’État et celui de poursuivre « l’œuvre » entamée, la volonté populaire demeure, pour beaucoup, l’ultime argument. C’est notamment le cas pour le Nigérien Mamadou Tandja, qui, le 5 mai dernier, a dévoilé son intention d’être de nouveau candidat à sa propre succession, en novembre 2009. Une annonce qui contredit ses propos du 27 mars, tenus à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy à Niamey et selon lesquels il s’engageait à se retirer à l’issue de son second mandat. C’est également à la vox populi que semble vouloir se soumettre Denis Sassou Nguesso, interviewé en février 2007. À la question
: « La Constitution sera-t-elle amendée en ce qui concerne la limitation du nombre de mandats? », le chef de l’État congolais répond de manière évasive: « Elle ne le sera pas de mon fait. »


Enfin, la position du président djiboutien sur ce sujet est un modèle d’ambiguïté. Interrogé sur son éventuelle intention de briguer un troisième mandat en 2011, malgré le verrou constitutionnel, Ismaïl Omar Guelleh se montre catégorique. Il ne se reconnaît pas dans la tradition chère à l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny selon laquelle « un chef baoulé meurt au pouvoir », et souligne qu’il « n’est pas du genre à déchirer une Constitution parce qu’elle ne [lui] plaît pas ». Mais tout en affichant un profond respect pour l’esprit des lois, il finit néanmoins par s’en remettre à la sagesse divine
: « Je suis croyant et je sais que l’avenir ne m’appartient pas. Il est à Dieu. Nous aurons donc, le moment venu, à en reparler. » Dieu reconnaîtra les siens…

 

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