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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 01:44



général de corps d'armée Timothée Malendoma


Dans ses réponses lors de  l’interview qu’il a accordée à Christophe Boisbouvier sur les antennes de radio France Internationale au lendemain de la mort du Pr Abel Goumba, Bozizé avait avec un superbe aplomb, sorti un grossier mensonge en prétendant que lors des élections présidentielles de 1993, il était à Paris mais n’avait pu voter. Et d’ajouter que s’il avait pu le faire à l’époque, il aurait sûrement voté pour Abel Goumba. Dans une de nos précédentes parutions, nous n’avions pas manqué de relever ce mensonge en rétablissant les faits. Bozizé n’était pas à Paris en août et septembre 1993 mais bel et bien à Bangui. Mieux, il était candidat à l’élection présidentielle au même titre qu’Abel Goumba. Il était arrivé avant dernier de cette compétition électorale avec 1,5 % des suffrages, juste devant Mme Ruth Rolland.
 

Voilà que le samedi 23 mai dernier, date des obsèques du même Abel Goumba à Bangui, RFI diffuse encore une interview d’un autre général et homme politique centrafricain, Timothée Malendoma accordée encore à Christophe Boisbouvier. Toujours à propos de ces fameuse élections présidentielles de 1993, répondant à une question du journaliste, Malendoma dira que Goumba n’avait été battu que de quatre mille voix parce qu’en Afrique, les présidents sortant ne perdent jamais les élections qu’ils organisent étant au pouvoir. Faux !


En 1993, le président André Kolingba qui était candidat président était battu dès le premier tour. Au second tour, c’est le candidat Ange Félix Patassé qui avait battu Abel Goumba et non Kolingba. Ces généraux sont-ils frappés de généralose ? Cela ne fait que seize ans seulement que ces élections de 1993 s’étaient déroulées. Quelle pourrait être la raison et la cause de cette amnésie dont font preuve Bozizé et Malendoma ?


Le même Timothée Malendoma faisait partie des leaders des partis politiques qui avaient rencontré Bozizé au lendemain de son putsch du 15 mars 2003 pour lui exiger de démettre Abel Goumba qu’il venait de nommer premier ministre parce qu’ils ne voulaient pas de lui. Ils en connaissent les raisons. Abel Goumba mort, tout le monde ne voit en lui que des mérites et des qualités de grand homme d’Etat, de grand patriote et autres vertus. Maintenant qu’il est mort et enterré, il faut peut-être avoir le courage de se souvenir et rappeler quelques vices et défauts de Goumba dont les mêmes qui l’encensent à  présent l’accablaient naguère. Cette réaction teintée d’hypocrisie de la classe politique centrafricaine après la mort de Goumba ressemble comme par hasard, à celle qu’elle avait eue après la mort du président David Dacko.


Voici un extrait combien édifiant d’un courrier adressé à feu le Pr Abel Goumba par un de ses grands militants qui n’en pouvait plus de garder un silence coupable devant les comportements et attitudes frisant la couardise du président du FPP :


 
« A quoi servez-vous donc comme « Médiateur de la République » lorsque, même pas un an après l'adoption de la Nouvelle Constitution et les élections générales, présidentielle et législatives, des fils et des filles du pays sont incarcérés, « détenus politiques » ? Lorsque la guerre civile reprend de plus belle dans le Nord et dans l'Est du pays et que le sang des enfants du pays coule à nouveau ? Lorsque le dialogue entre l'opposition et le pouvoir du Général BOZIZE est réduit à une peau de chagrin ? Le crépuscule de votre vie est un abîme de reniements, de collusion et de trahison. »

Fait à SENS le 9 août 2006


Simon-Pierre KOYT


 
 Ces phrases pleines de réalisme et de vérité de Simon Pierre Koyt peuvent paraître dures à certains mais sonnent comme le véritable hommage non pas posthume mais du vivant de l’illustre disparu.


 


 

 

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