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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:57


 


A l’attention de :


La Communauté Internationale

 
Les Institutions Politiques Nationales


Les Organisations de défense des Droits de l’Homme


Les Organisations humanitaires

 
La Cour Pénale Internationale

 

Objet : Dénonciation d’un plan de génocide

 

Nous, populations de la Sous-préfecture de Kabo, décidons de rompre le silence, car la situation s’annonce grave pour nous. Il ne fait plus de doute qu’une menace réelle de génocide pèse désormais sur la population de Kabo en général et plus particulièrement sur l’ethnie Ngama.

Pour preuve, le jeudi 23 avril 2009 à 21 heures, sur les ondes de radio Centrafrique, à l’occasion d’une émission : « Magazine des armées », le lieutenant Moussa, Commandant le détachement militaire à Kabo, s’en est vertement pris à cette population en disant : « c’est l’ethnie Ngama avec ses jeunes qui mettent à mal la paix en République centrafricaine. Nous connaissons bien la position de leurs parents où qu’ils se trouvent dorénavant, les militaires vont bientôt s’occuper d’eux, si leurs fils continuent dans le banditisme », a-t-il martelé.

Face à une telle déclaration aux conséquences extrêmement graves, nous ne pouvons rester muets. Aussi, voudrions-nous attirer l’attention de la Communauté nationale et internationale sur tout ce qui pourrait advenir.

 
En effet, il vous souviendra qu’en fin 2001, le général Bozizé avait choisi d’installer la base de sa rébellion à Kabo lorsqu’il était en rupture de banc avec le président Patassé. C’est alors qu’Abdoulaye Miskine fut enrôlé pour le chasser de la ville. Notons que ce dernier appartient à l’ethnie Ngama et l’on comprend aisément le pourquoi de cette haine nourrie. Nul n’ignore que les deux protagonistes de l’époque 2002-2003, à savoir Bozizé et Miskine ont recruté, chacun de son côté, des jeunes de la localité, toute ethnie confondue, pour s’affronter alors que la population de Kabo, naguère pacifique et laborieuse, ignore tout de la rébellion et moins de la guerre.

 

Comment vient-on aujourd’hui faire imputer la paternité et la responsabilité de la rébellion et de l’insécurité à la population de Kabo ? En définitive, c’est Patassé et Bozizé qui ont fait de notre localité, le premier laboratoire d’expérimentation de la rébellion et la poudrière des armes légères en RCA.

 
A l’heure actuelle, la Sous-préfecture de Kabo est devenue comme le Darfour soudanais ou le Kivu congolais. Malheureusement personne ne prête attention aux multiples exactions flagrantes perpétrées par les hommes en armes de tout bord : les crimes, meurtres ciblés, incendies répétés des villages, exactions de toutes sortes avec menace d’extermination d’une ethnie à travers des propos génocidaires d’un officier de l’armée, ne sont pas à négliger.

La situation est grave et interpelle la vigilance de tous, sinon la surprise sera grande. Déjà, entre 2002 et 2003, il y eu des dizaines, voire des centaines de personnes tuées, dont les notables comme : Banibe Pascal, Betorngaye Philippe, l’Abbé Kilamong Jean Claude, Dounia Soalbaye, Djimtombaye Ville, tous de l’ethnie Ngama, pour ne citer que ceux-là. Cependant la situation persiste depuis 2006 à ce jour et la violence reprend de plus belle avec de nouvelles victimes. Mais personne n’ose en parler.


Nous assistons ainsi impuissants à une situation d’ethnocide sanglant, cynique, impitoyable et gratuit. Les derniers événements en date sont ceux produits aux villages Bokayanga et Kabo les 13 et 18 avril 2009 et sur l’axe Sido où tout est réduit en cendre, laissant les populations sans abri ainsi que plusieurs jeunes, tués, considérés à tort comme des rebelles. Toute personne appartenant à l’ethnie Ngama doit son salut dans un refuge dans la brousse.

Au sujet de tous ces événements, nous lançons un cri pathétique à l’endroit de la Communauté internationale, aux Organisations humanitaires d’intervenir pour que soit mis fin aux massacres de la population de la Sous-préfecture de Kabo.


Aussi, devant cette situation aux conséquences particulièrement graves, nous, populations de la Sous-préfecture de Kabo, élevons de vives protestations et dénonçons sans ambages :

Le plan de génocide organisé mis en marche contre la population de Kabo,
La déclaration du Lieutenant Moussa, commandant le détachement militaire de Kabo,
Demandons à la Médiature et au Comité de Suivi des recommandations du Dialogue Politique Inclusif de :

 
- se rapprocher des formations rebelles afin de négocier le retour définitif de la paix
- d’empêcher les Forces de sécurités basées à Kabo de tuer gratuitement les populations sous prétexte de parents de rebelles.


Enfin, demandons qu’une enquête indépendante soit ordonnée aux fins de déterminer les responsabilités des auteurs des crimes et autres violations, et de les traduire en justice.

Fait à Kabo, le 1er Mai 2009

 

Pour la population de Kabo

 


Kodmane Sagorowo Simon



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