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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 01:36


 


Comme nous l’annoncions dans nos précédentes éditions, après l’Afrique du Sud où il devrait assister à l’investiture du président Jacob Zuma, Bozizé se prépare à effectuer du 17 au 20 mai prochain, un voyage au Viet Nam où il devrait signer un accord cadre de coopération entre son pays et la patrie de Ho Chi Minh. Mais avant de se rendre en extrême orient, il est attendu à Bruxelles où il devrait  passer la journée du vendredi 15 mai. Le prétexte serait une nouvelle rencontre avec Louis Michel qui est pourtant sur le départ de la Commission de développement de l’Union européenne. Etant en outre tête de liste pour le Mouvement Réformateur (MR) aux prochaines élections européennes du 7 juin 2009, Louis Michel n’a pourtant plus le temps de se préoccuper des problèmes centrafricains, mais Bozizé semble tant tenir à le rencontrer.
 

En réalité, l’entretien avec Louis Michel n’est qu’un prétexte et une couverture pour Bozizé dont les véritables préoccupations sont ailleurs. Son objectif est de traiter ses affaires de diamants pour acheter des armes de guerre. Par ailleurs, avec les difficultés et tracasseries administratives et  bancaires que rencontrent de plus en plus Bozizé et son ami Saifee Durbar, la proximité de la Belgique avec le paradis fiscal qu'est le Duché du Luxembourg, pourrait parfaitement arranger les nécessités de planque de son magot.


La Belgique présidant actuellement et s’investissant énormément au niveau des Nations Unies à New York dans la commission de consolidation de la paix en Centrafrique, Bozizé devrait tout de même faire quelque attention en ne jetant pas son dévolu comme il le fait sur son consul honoraire de Liège et en ne prenant surtout pas le royaume de Belgique comme plaque tournante de son trafic d’armes de guerre avec Moscou. Contrairement au ministre belge des affaires étrangères Karel de Gucht qui avait poliment décliné l’offre de la décoration que Bozizé voulait lui épingler lors de sa visite à Bangui. 


Selon des informations dignes de foi, Bozizé arriverait de Bangui par vol régulier d’Air France le vendredi 15 mai prochain au matin et rejoindrait immédiatement à l’aéroport du Bourget un jet privé pour gagner Bruxelles. Ce coucou serait mis à sa disposition par un de ses amis, homme d’affaires libanais qu’il a désigné depuis longtemps comme conseiller économique auprès de l’ambassade de la RCA à Bruxelles et qui dit-on, se servirait beaucoup de son carnet de chèques pour faire tourner la résidence et la chancellerie centrafricaines en Belgique. Il devrait passer toute la journée du 15 mai à Bruxelles et regagnerait Paris dans la soirée pour occuper une suite réservée pour lui dans le luxueux hôtel Plazza Athénée où il resterait deux jours avant de s’envoler le 17 mai pour le Viet Nam. Une question vient naturellement à l’esprit. Est-ce juste pour les beaux yeux de Bozizé que tous ses « amis » libanais et autres consentent toutes ces dépenses (affrètement d’avion, prise en charge de suite présidentielle dans un hôtel de luxe etc…) ?


Tout cet agenda du président centrafricain ne sera valable qu’à la seule condition que le pouvoir de son parrain de N’djaména ne puisse pas vaciller une fois de plus, sous les coups de boutoir de la rébellion de l’UFR de Timane Erdimi qui a la capitale tchadienne en ligne de mire et le renversement de son oncle Idriss Déby comme objectif. Si l’évolution des combats qui viennent de se déclencher dans le territoire tchadien se rapprochent de plus en plus de N’djaména au point de constituer une sérieuse menace pour le régime de Déby Itno, il n’est pas impossible que Bozizé ne puisse annuler son programme de déplacement comme il l’avait fait il y a deux ans, en renonçant depuis Paris, à se rendre en Chine à cause de la prise de Birao par la rébellion de l’UFDR. Son pays étant le ventre mou de l’Afrique centrale, Bozizé ne se fait pas beaucoup d’illusion sur la longévité de son régime dans l’hypothèse d’un coup de force qui chasserait du pouvoir son parrain tchadien.


La mise en place à Bangui d’une cellule de crise pour suivre l’évolution de la situation au Tchad est le signe évident de l’inquiétude et de la panique dans lesquelles baignent dorénavant les autorités de Bangui pour qui, l’éventualité d’une chute du président Idriss Déby Itno pourrait entraîner également ipso facto la leur, comme s’accordent à le dire tous les observateurs avisés des affaires centrafricano-tchadiennes.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique