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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 00:42


 Le BOIENG de BAKO AIR ressemblait à celui-ci
 qui appartient à CENTRAFRIQUE AIR EXPRESS

En vérité, le Boieng 737- 200 de BAKO AIR qui s’est écrasé mercredi en RDC faisant sept morts, aurait pu crasher depuis longtemps avec probablement plusieurs dizaines de personnes à bord si le ministre d’Etat
centrafricain en charge des transports et de l’aviation civile, Anicet Parfait Mbay n’avait pas résisté au harcèlement dont il a littéralement fait l’objet de la part de celui qu’on appelle à Bangui « colonel Daz » pour Danzoumi Yalo alias « Bèlè-Bèlè ».


C’est en effet Danzoumi Yalo que M. Baba Bako patron de BAKO AIR (initialement un commerçant de pièces détachées pour automobile d’origine nigériane) a chargé de travailler au corps le ministre Mbay afin d’obtenir de lui qu’il puisse délivrer complaisamment la licence de mise en exploitation commerciale de l’appareil. Heureusement, Parfait Mbay - qui voulait que l’appareil remplisse rigoureusement les conditions techniques préalables à la mise en exploitation  de l’aéronef avant toute délivrance de licence - a tenu tête à Danzoumi qui
voulait même en désespoir de cause, en référer au président Bozizé.


Initialement immatriculé au Canada où il était propriété de la Fargo Bank, ce Boeing 737-275A a été exploité par Air Canada jusqu’en 2000. Racheté à la Fargo Bank par Eagle Aviation Technique, l’aéronef a été ensuite vendu à M. Baba Bako, responsable de la Société BAKO AIR. Après, dit-on, un entretien approfondi, l’appareil a pu regagner Douala, au Cameroun, le 21 décembre 2005. Resté cloué au sol pendant plus d’un an dans la capitale économique camerounaise, le Boeing 737-275A a regagné sa base à Bangui qu’en août 2007 où il a été
immatriculé TL-ADM. Il est resté moisir sur le tarmac de l’aéroport Bangui Mpoko depuis bientôt près de deux ans. Les autorités aéroportuaires nationales qui en étaient même agacées, ont fini par demander qu’il soit déplacé pour stationner vers l’escadrille.
 

Du fait de ce long délai de croupissement au sol sans pouvoir voler, d’abord à Douala puis à Bangui, c’est donc forcément un appareil affaibli, dont on ne pouvait pas garantir à 100% la fiabilité des principaux organes techniques, qui a pris son envol de Bangui le 24 avril d’abord pour Brazzaville - soit cinq jours avant celui du crash - pour se rendre à Harare pour un soi-disant contrôle général. Les conclusions de l’enquête accident nous en apprendront davantage sur les raisons du crash mais on ne peut que s’interroger à juste raison sur la longévité au sol d’un appareil dont la vocation est de voler. Cela est à mettre en rapport avec le Hercules C 130 de Bozizé acquis aux USA et qui moisit depuis 2006 au sol à Bangui Mpoko - dont on reparle ces jours-ci - et qu’il est question de faire voler jusqu’au Portugal pour le retaper afin qu’il reprenne du service. Si ce cercueil volant s’écrase, on ne devrait point s’en étonner. On ne peut se lever un beau jour, après avoir vendu longtemps des pièces détachées pour bagnole, et décider de créer une compagnie aérienne.

Selon des informations crédibles recueillies auprès de certaines personnes proches du dossier et de la société BAKO AIR, outre M. Baba Bako, plusieurs commerçants libanais de la place ainsi que des hommes d’affaires centrafricains font partie des actionnaires. On parle même de Bozizé aussi, à travers un de ses rejetons et de Mahamat Tahir, un de ses prête noms KNK qui règne déjà dans les juteuses filières d’importation et de la commercialisation du ciment de RD Congo, du sucre, de la farine et autres matériaux de construction. A l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure d’affirmer si l’appareil de BAKO AIR est correctement assuré.

Plusieurs hommes d’affaires, parce qu’il croît avoir beaucoup d’argent, sont tentés par l’aventure du transport aérien commercial passager ou fret. Ce n’est malheureusement pas donné à tout le monde de le faire avec succès, surtout dans des conditions de sécurité irréprochables.
   

En juin 2006, un homme d’affaires d’origine syrienne installé à Brazzaville, Mohamed El Hadj, avait crée la Compagnie aérienne Trans Air Congo (TAC) dont le représentant national à Bangui n’était autre que Socrate Bozizé, fils de son père. La cérémonie de lancement a été ponctuée par un vol inaugural d’un Boeing 737 TJ de Trans Air Centrafrique (TAC) effectué en grande pompe à l’aéroport international de Bangui-Mpoko sous le patronage de Charles Massi, ministre d’Etat, chargé de  l’Equipement et des
transports à l’époque.


 
 
                   descente du vol inaugural de la TAC

Sur le tarmac de l’aéroport Bangui Mpoko, plusieurs appareils avec diverses appellations et un drôle de look croupissent. On pouvait y voir le Boieng 737 peint au jaune moutarde de BAKO AIR qui vient de se crasher. Il y a aussi un autre Boieng 727 d’une compagnie  dénommée CENTRAFRIQUE AIR EXPRESS (voir photo), qui s’y trouve encore actuellement. Il avait, celui-là, effectué un vol jusqu’à Dubaï et est revenu stationner à Bangui pour les besoins de formation à bord des hôtesses et stewards, en vue de sa mise en service commercial dans un avenir proche.

 

  BOIENG DE CENTRAFRIQUE AIR EXPRESS

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