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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 01:17




Chronique du jour


L’ex-ministre d’Etat Zul Kifl Salami nommé ministre d’Etat en République Centrafricaine. Le chroniqueur a soigneusement évité d’aborder l’insolite le 1er Avril pour échapper aux nécessités du poisson d’Avril car l’incursion de notre compatriote dans le gouvernement de François Bozizé a un parfum de canular, mais tenez-vous tranquille. Celui qui se fait appeler Docteur Zul Kifl Salami, est bel et bien importé à Bangui par le successeur d’Ange Félix Patassé. Dans sa quête effrénée de portefeuille ministériel, le candidat malheureux à la présidentielle s’est finalement retrouvé dans la valise de François Bozizé qui le loge maintenant dans ses bottes.


Mais l’ancien ministre d’Etat chargé du plan, de la prospective et du développement a atteint son objectif : redevenir ministre. Au Bénin ou ailleurs. Peu importe le pays d’accueil. Le désir obsessionnel n’a pas de frontière. En République centrafricaine, Salami ignoré et délaissé par Boni Yayi est monsieur le ministre d’Etat. Une cigale béninoise peut être perçue comme une fourmi en République Centrafricaine. La grossière erreur d’optique est possible pour un président génétiquement putschiste.

Zul Kifl Salami est rentré dans l’histoire en devenant le premier Béninois, ancien ministre, nommé ministre dans un gouvernement étranger. Mais cette exception scellée dans l’expatriation détériore davantage l’image du ministre d’Etat itinérant. Les cadres sérieux font plutôt la fierté de leurs patries dans les institutions internationales et refusent toutes formes de prostitution intellectuelle dans des gouvernements étrangers.


Le Bénin sait faire la promotion de ses fils méritants. Le régime du changement s’est même illustré avec un dosage éloquent de Béninois de l’extérieur et ceux de l’intérieur dans la formation du gouvernement. A qui la faute si Zul Kifl Salami continue de subir le coup de froid, du fait d’un isolement prononcé ? L’ancien ministre ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Ses fausses promesses l’ont réduit au statut de faire valoir et de plaisantin déjà sanctionné par les électeurs de mars 2006. Zul Kifl Salami avait placé sa candidature à la présidentielle sous le signe de la spiritualité et du patriotisme.


Le score calamiteux, moins de 1% des suffrages, a achevé la fragilisation de sa personne. Boni Yayi ne pouvait impunément prendre le risque de l’embarquer dans son navire. Cote de popularité caricaturale, passé saignant de démagogie et théorie des chimères, ont affaibli au Bénin, le nouveau compagnon de Bozizé, peut être héros en République Centrafricaine. Mais qu’est ce qui peut expliquer le rapprochement entre le président centrafricain et le ministre ambulant ? Certes, le goût pour l’aventure et les voyages de l’un, peuvent provoquer la sympathie et l’aventurisme de l’autre. Mais les affinités religieuses ont pesé dans le choix du Béninois abandonné par Boni Yayi.


Le président Bozizé, lui-même adepte du christianisme céleste, a une dette envers le Bénin, terre d’origine de cette religion. Benoît Agbaossi devrait célébrer la nomination de l’ancien ministre d’Etat béninois. En contrepartie de la promotion du docteur Salami, Bozizé attend certainement une grande prière pour une longévité sur le trône arraché en mars 20O3 alors que le président Ange Félix Patassé était en voyage au Niger.


La démarche du Centrafricain peut inspirer d’autres chefs d’Etat comme le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz ou le malgache Andry Rajoelina qui pourront ainsi puiser et nommer dans la galerie des cadres béninois obnubilés par la fonction de ministres. Reste que dans la hantise d’être ministre universel, Zul Kifl est attendu dans l’équipe du président biélorusse Alexandre Grigorévitch Loukachenko même si je pense qu’il a aussi sa place dans le gouvernement somalien en exil. Il lui suffira simplement de contacter le nouveau président Sharif Cheik Ahmed.


Gbaguidi, 2 avril 2009


Mars 2009 - Groupe de presse Fraternité

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique