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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 15:56



RCA : La situation sécuritaire dans le Nord est toujours précaire. Epidémie de méningite dans le sud ouest (district de Basse Kotto), 87 cas et 13 décès. 12 de 20 échantillons ont été testés positif à Neisserria meningitis A. L'OMS appuie une requête de déploiement de vaccins par ICG.


Source: Aide Médicale Internationale (AMI)

Date: 01 Apr 2009


Koffy Kouacou, de passage à Paris avant de se réenvoler pour la République Centrafricaine, fait partager son expérience de travailleur humanitaire dans cette région du monde. Responsable de projet sur la base de Mbrès, cet ingénieur en agronomie a déjà effectué plusieurs missions avant celle-ci pour Aide Médicale Internationale.


Le programme ouvert par A.M.I. en République Centrafricaine courant 2007 est encore jeune. Après la mise en place d'une première base à N'délé, une autre a vu le jour à Mbrès courant 2008. C'était l'une des missions confiées à Koffy durant l'année passée. « Mon année de mission, qui se prolonge de six mois, a vu l'ouverture de la base de Mbrès, avec un soutien au centre de santé de Mbrés devenu aujourd'hui un centre de référence, à quatre postes de santé en milieu rural et plusieurs cliniques mobiles dans toute la sous-préfecture. Au total, 23 042 habitants sont pris en charge dans cette zone. Au sein de cette mission, mon rôle de responsable de projet consiste à appuyer les référents médicaux, pour coordonner les actions au sein du programme. ».

Cette mission est tournée vers une amélioration de l'accès aux soins de santé primaire. « Dans un premier temps, l'accent a été mis sur un accès aux soins pour tous par la redynamisation du centre de santé de Mbrés, du point de vue de l'équipement, tant matériel que pharmaceutique mais aussi par la formation du personnel soignant. Nous commençons à mener des petites réhabilitations sur des structures déjà existantes. Nous ne construisons pas, nous ne faisons que réorganiser ou remettre en état des bâtiments qui n'étaient pas initialement construits pour abriter des centres de santé. »
 

Le but n'est pas de faire jaillir de terre des constructions, mais de réutiliser ce qui est déjà là, sans perdre de vue les spécificités des populations locales. Pour Koffy, les relations avec les bénéficiaires et les populations locales sont la pierre angulaire du métier qu'il exerce : « Les contacts avec les bénéficiaires ou avec les comités de gestion (CoGes) sont très bons, même s'ils sont parfois difficiles, à cause d'une carence de financements. Quelque part, ce manque de matériel et de moyens est frustrant : la demande est immense, et nous ne pouvons pas répondre à l'intégralité des besoins. Mais quoi qu'il en soit, je pense que les bonnes relations que l'on entretient avec les populations sont le B-A-BA du travail que l'on fait. Il est essentiel de prendre en compte les spécificités sociales et culturelles qui leur sont propres. »
 

Cette proximité avec les populations locales se ressent aussi dans la volonté de formation, chère aux principes d'A.M.I. « En plus des programmes liés aux soins de santé primaire, nous mettons en place des sessions de formation continue. Les équipes expatriées ont entre autres un rôle de support, de supervision et d'appui aux centres de santé existants. Nous menons aussi des programmes d'information, éducation et communication, sur la santé. Il s'agit d'une sensibilisation sur les problématiques liées aux maladies, à l'hygiène ou aux épidémies, par exemple sur la méningite, dernièrement. Nous allons sur les marchés pour discuter avec les populations locales, sur l'alimentation ou d'autres sujets liés à la prévention, comme l'importance des moustiquaires pour lutter contre le paludisme. Nous tentons d'être au plus proche de ces populations, par l'intermédiaire d'agents de développement communautaires, qui relaient les informations entre les centres de santé appuyés par A.M.I. et les populations locales. ».

La dimension de prévention passe aussi par la mise en place d'un programme élargi de vaccination (PEV). « Les vaccins sont fournis par UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance). Pour cette campagne, les équipes d'A.M.I. vaccinent les populations, dans les postes de santé, mais se déplacent aussi dans les villages pour lesquels l'accès aux postes de santé est difficile voire impossible. Nous tentons ainsi de faire en sorte de le maximum de personnes bénéficient d'un accès aux soins de santé primaire. ».


Pour que la mission se déroule au mieux, le travail se fait en collaboration avec différentes entités liées à la santé. « Nous travaillons de paire avec le Comité International de la Croix Rouge, sur la partie eau et assainissement des centres de santé, pour la mise en place ou la réhabilitation de douches et de latrines. De plus, la gestion des centres de santé se fait en coopération avec les autorités sanitaires locales : les équipes d'A.M.I. appuient des structures hospitalière existantes. Enfin, nous nous réunissons, avec les autres organisations non gouvernementales présentes sur la zone, pour des plateformes de discussion afin de coordonner nos actions, nos stratégies, et faire en sorte que le travail se déroule dans la concertation. ».
 

L'arrière-plan contextuel de la mission est marqué par une dégradation des conditions de sécurité. « À l'échelle du pays, les conditions de sécurité se détériorent. Mais dans la zone où nous sommes, nous pouvons continuer à travailler correctement. Il y a néanmoins une multiplication d'incidents de sécurité entre le gouvernement, les populations et les groupes rebelles, etc. Mais je pense que ce contexte fait partie intégrante de notre travail. Il amène à prendre des décisions rapidement, à être réactif, et à faire des choix. ».


Le programme à Mbrès continue son expansion et prend de plus en plus forme. « À mon retour, plusieurs projets m'attendent. Nous tentons d'une part de passer d'une stratégie de cliniques mobiles, qui se déplacent dans la zone, à une stratégie fixe de postes de santé, tout en gardant la même couverture pour les populations locales. Mais ce type de changements nécessite plus de moyens. D'autre part, nous continuons la formation des équipes locales. De plus, au sein de notre laboratoire, un poste de transfusion sanguine d'urgence en milieux isolés va peut-être voir le jour. Enfin, mon travail comporte aussi une partie d'évaluation des réalisations, qui se fera sur les six derniers mois, afin d'ajuster les programmes aux besoins. ».

Ainsi, la mission reste au plus proche des populations locales, avec une volonté de pérenniser les avancées obtenues en matière de soins de santé primaires.

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