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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 01:35

Pour son premier procès, la Cour pénale internationale (CPI) jugera à partir de lundi le chef rebelle congolais Thomas Lubanga, accusé de six chefs de recrutements d'enfants soldats. Un procès porteur d'espoir pour les enfants-soldats en Afrique, qui sonne comme un avertissement à ceux qui les recrutent.

Thomas Lubanga, premier prévenu à avoir été transféré à la Cour depuis sa création par le Statut de Rome en 2002, est accusé de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants âgés de moins de 15 ans dans les rangs des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC). Il est également accusé d'avoir fait participer ces enfants aux combats qui ont eu lieu en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), entre septembre 2002 et août 2003.

Le procès de Lubanga devrait durer plusieurs mois. Il devait initialement s'ouvrir en juin 2008, mais avait été reporté de six mois en raison d'une suspension de la procédure consécutive au refus de l'accusation de communiquer à la défense des preuves potentiellement à décharge pour Lubanga. Ces éléments de preuves avaient été fournis à l'accusation par diverses organisations non-gouvernementales, ainsi que par les Nations Unies. Elles ont finalement été remise aux juges et aux avocats ouvrant la voie au procès.

La suspension de la procédure avait conduit les juges de la CPI à demander la remise en liberté de Thomas Lubanga en juillet dernier, estimant qu'un procès équitable ne pouvait être garanti. Avant que la chambre d'appel de l'instance n'infirme cette remise en liberté en octobre, et renvoie l'affaire à la chambre de première instance de la CPI, qui statuera sur ce dossier à partir de lundi.

Issu de la tribu Hema, Thomas Lubanga a été transféré à la CPI en mars 2006, après avoir été arrêté par les autorités congolaises. Deux autres prévenus ont été transférés à La Haye dans ce dossier: Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo, tandis qu'un mandat d'arrêt a également été émis à l'encontre de Bosco Ntaganda, mais n'a toujours pas été exécuté.

Lubanga a toujours affirmé avoir agi pour ramener la paix dans la province d'Ituri, en proie à des conflits récurrents entre groupes ethniques cherchant à faire main basse sur les richesses minières de la région. Il devrait plaider non-coupable à l'ouverture des débats lundi matin devant un collège de trois juges issus de Grande-Bretagne, du Costa Rica et de Bolivie.

Son procès sera également celui du recrutement d'enfants soldats dans les conflits, et verra pour la première fois dans l'histoire du droit international des victimes participer pleinement à la procédure. Au total, les juges ont reconnu à 93 personnes la qualité de victimes autorisées à participer au procès. Leurs intérêts seront défendus par huit avocats.

"Le fait que ce soit quelque chose qui ne se soit jamais produit auparavant est un facteur d'espoir", explique Bukeni Tete Waruzi, un militant congolais qui a participé à la démobilisation de centaines d'enfants soldats dans l'est de la RDC. "Ça représente une grande leçon. Les seigneurs de guerre (au Congo, NDLR) verront que personne n'est intouchable".

"Ce premier procès de la CPI affirme que l'utilisation d'enfants dans les conflits armés est un crime de guerre et sera poursuivie au niveau international", souligne de son côté Param-Preet Singh, avocat au Programme de justice internationale de l'ONG Human Rights Watch.

Environ 250.000 enfants soldats seraient aujourd'hui enrôlés dans des conflits dans plus d'une dizaine de pays, selon les estimations des Nations unies. Certains d'entre eux rejoignent volontairement les rangs des mouvements rebelles pour protéger leurs communautés, tandis que d'autres sont kidnappés et forcés de se battre, selon Bukeni Tete Waruzi. Une fois enrôlés, les chefs de guerre utilisent toutes sortes de moyens, tels que l'administration de drogues ou la sorcellerie, pour les transformer en véritables machines à tuer.

AP

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