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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 15:19


Enfin !, après moult tergiversations et un rapide aller-retour à Libreville du président Bozézé, histoire de ne pas déroger aux usages d’une règle non écrite d’allégeance, désormais obligatoire pour les autorités de Bangui qui est celle de soumettre toute initiative au « patriarche » Bongo afin de lui requérir une autorisation de mise en application, nous voilà finalement avec un gouvernement de... "Très Haute Mission". Un gouvernement de mission composé de trente et deux (32) membres dont l’un des  premiers objectifs retenus parmi les recommandations du dialogue politique inclusif serait de préparer la transition démocratique, autrement dit  les élections présidentielles de 2010.

A la lumière de cette composition gouvernementale, on peut remarquer qu’il s’agit d’un gouvernement sans doute large par son effectif  mais certainement pas de large ouverture comme le réclamait les différentes entités présentes lors du dialogue politique inclusif. Toute proportion gardée, certaines entités sont restées à la porte ou sont représentées en deçà de ce qu’elles espéraient obtenir. Qu’adviendront-elles dans les mois à venir de ces frustrations ?

La deuxième observation que l’on peut faire, c’est qu’il s’agit d’une équipe complètement hétéroclite que le premier ministre TOUADERA tentera d’animer, de motiver et de mobiliser en essayant d’insuffler un souffle de vie à travers duquel il espère secrètement percevoir la lueur d’une cohésion et d’une solidarité gouvernementale afin de donner du sens pour conduire sa mission jusqu’au bout. Une tâche s’il en est qui reste toutefois difficile à réaliser tant les disparités, les susceptibilités sont presque palpables. Ensuite, on constate que la majorité de membres de ce gouvernement émanent du KNK et de ces alliés objectifs d’où la question de savoir, quel sera la marge de manœuvre des autres ministres qui n’appartiennent pas au groupe majoritaire ? Seul un rééquilibrage des ministres provenant de ces différentes entités dans ce gouvernement aurait pu entrainer une dynamique de résultat.

Par ailleurs, en lieu et place d’un premier ministre de consensus comme le stipule les recommandations du dialogue politique inclusif, on assiste à la reconduction d’un premier ministre jusque là correcte  appliqué et studieux mais plutôt effacé. Un premier ministre de consensus aurait sans doute profité de sa légitimité toute relative pour rentrer en conflit ouverte avec le président. Bozeze ne pouvait se permettre de prendre le risque d’entraver sa marche vers la victoire  à une année des élections de 2010. Il lui faut donc des hommes sûrs et il en a sous la main, il tient à le faire savoir. Ils ne sont plus nombreux, le temps a eu raison des premiers compagnons qui n’étaient pas loyaux. Certains ont du quittés précipitamment le navire de leur gré ou de force pour redevenir aussitôt des opposants,  aussi c’est l’occasion de remercier les plus fidèles  d’entres les fidèles, les derniers caciques qui ont aidés et soutenus jusqu’au bout le rebelle puis le président Bozézé dans sa quête de pouvoir en les élevant au rang de ministre d’état pour bien les différencier de ceux qui sont importants mais pas assez et qui occupent toutefois des postes clefs dans le gouvernement en tant que ministres et enfin tous les autres ministres et autres ministres délégués qui ont forcés leur entrée.

D’autre part, on peut noter également l’apparition de quelques novices pour la plupart venu de l’opposition armée pour occuper des postes de ministres délégués. Ainsi, la boucle est bouclée d’un gouvernement verrouillé pour une très haute mission, celle de préparer la victoire à l’élection présidentielle de 2010. A présent la campagne électorale de 2010 peut commencer, face à une opposition en totale déshérence dont les unions de circonstances n’ont pas tardé à imploser, où chacun joue désormais désespérément sa carte en solo en essayant de ramasser les quelques miettes.

S’il ya une chose  à reprocher un jour au régime de Bozézé, ce n’est certainement pas celle d’être en cohérence avec lui-même, ni avec ses méthodes dont tout le monde s’accorde à reconnaitre le fonctionnement arbitraire et le caractère prédateur. A défaut de prendre toute la mesure des véritables enjeux de ce dialogue politique inclusif, l’opposition n’a-t-elle pas raté une fois de plus lamentablement ce grand rendez-vous et cette confiance que le peuple centrafricain a placée en elle ? Du début à la fin, n’a-t-elle pas subit et acceptée les diktats de Bozézé pour d’égoïstes raisons ? A un moment où il fallait se serrer le coude, les ambitions démesurées des uns et des autres n’ont-elles pas eu raison de l’objectif fixé au départ ? Chacun se voyait déjà présidentiable ou ministrable. Pourquoi  l’opposition n’avait t’elle pas ouverte, imposée puis arrêtée en bloc la négociation sur le quota ainsi que la  répartition des postes ministériels  au moment opportun ?

Quoiqu'on en dise ou quoiqu'on en pense l'opposition, Bozézé est celui d'entres les hommes politiques centrafricains qui a su rester cohérent avec lui même depuis le début de son coup d’état. En politique, il nous semble que le fait d'avoir raison importe moins que celui d'être cohérent. En cela, l’homme du Kwa Na Kwa a plutôt une longueur d’avance sur une opposition à la mine déconfite, inconstante dans ses revendications, toujours étonnée et surprise de leur chronique incohérence. Alors silence ! Avons-nous envie de le crier haut et fort à toute l’opposition démocratique qui n’a finalement récolté que ce qu’elle a semé en voulant attaquer le régime au pouvoir dans un ordre dispersé. Et n’oubliez surtout pas de revenir  en ordre serré lorsque vous auriez mis en place une vraie opposition démocratique unie et cohérente aux revendications claires et précises pour se faire respecter par le régime en place. Sinon laisser Bozézé gouverner par défaut avec ces hommes dans sa singulière cohérence en somme toute relative.

 

 

Franck SARAGBA

http://franck-saragba.skyrock.com/

 

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