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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 21:22

C’est le grand paradoxe de cette 44e prise de fonction d’un nouveau président. Au moment où l’Amérique doit faire face à la plus grave crise depuis la Grande Dépression de 1929, jamais président américain n’aura bénéficié d’un tel niveau de confiance. A la veille de son investiture, qui devrait réunir demain quelque 2 millions de personnes à Washington, Barack Obama a lancé, ce week-end, un nouvel appel à « la patience et au courage ». Avant de prêter serment, mardi à midi, sur la bible d’Abraham Lincoln, il s’est à nouveau engagé à remettre en marche l’économie à travers son plan de relance de 850 milliards de dollars sur deux ans. Rarement discours d’investiture (le 56e de ce genre, du fait des doubles mandats) aura suscité autant d’attentes et d’espoirs, au moment où la crise financière commence à se propager à l’économie réelle.

« Seulement à quelques très rares occasions dans notre histoire, une génération a été confrontée à des défis aussi vastes », a reconnu, samedi, Barack Obama, après avoir emprunté le même trajet qu’Abraham Lincoln en 1861, à bord d’un train spécial de Philadelphie à Washington. Malgré la montée des inquiétudes sur l’intensité de la crise - illustrée, ce week-end, par les difficultés de Citigroup et la liquidation de Circuit City (voir page 29) -, selon un sondage CBS-« New York Times », Barack Obama s’apprête à entrer à la Maison-Blanche avec un taux de confiance record, le plus élevé de tous les présidents américains depuis trente ans (60 % contre 44 % pour George W. Bush en 2001). Quelque 79 % d’Américains se déclarent optimistes sur son mandat de quatre ans, soit un niveau de confiance supérieur à celui de Bill Clinton en 2003 (70 %) ou de Ronald Reagan en 1981 (69 %). En revanche, la cote du président sortant est tombée à 22 %, soit un record d’impopularité dans l’histoire de la Maison-Blanche.

Malgré ce capital de confiance sans précédent, le 44e président des Etats-Unis est loin de minimiser l’ampleur de la tâche. « Il n’est pas trop tard pour changer le cours des événements, à condition de prendre des mesures radicales dès que possible », a insisté Barack Obama, vendredi, dans le cadre d’une visite d’usine d’éoliennes dans l’Ohio. Tout en rappelant que son plan de relance vise à créer (ou à sauvegarder) 3 à 4 millions d’emplois sur deux ans, dont 90 % dans le secteur privé, il a insisté sur la part significative consacrée aux énergies propres, avec pour objectif de « doubler la production d’énergies renouvelables au cours des trois prochaines années ». Outre les créations de postes dans l’éducation et la santé, il a aussi précisé que la relance des travaux d’infrastructures devrait se traduire par la création de 400.000 emplois.
Impact sur l’emploi

« Nous aiderons aussi ceux qui ont perdu leurs emplois et les familles touchées par la récession à travers un programme bi-partisan d’extension de l’assurance-chômage et de la couverture santé », a ajouté Barack Obama dans l’Ohio. Selon la première version du plan de relance de 825 milliards de dollars présentée, le 15 janvier, par les représentants démocrates de la chambre, celui-ci devrait comporter quelque 275 millions de dollars de baisses d’impôts (1.000 dollars pour 95 % des foyers de travailleurs). Mais plusieurs représentants démocrates, tel le président du comité budgétaire du Sénat, Kent Conrad, n’ont pas caché leurs doutes quant à l’impact du plan de relance sur l’emploi, en estimant qu’il ne pourrait réduire le taux de chômage que de 1 % (soit 1,5 million d’emplois). Il n’est pas le seul à douter de son efficacité. Dans un éditorial récent publié par le « New York Times », le prix Nobel d’économie Paul Krugman, pourtant sympathisant du parti démocrate, a vivement critiqué les baisses d’impôts en jugeant insuffisante l’ampleur du plan de relance face à la montée du chômage (7,2 % en décembre). D’autres redoutent qu’un tel niveau d’attentes n’engendre une « bulle Obama » prête à éclater. A charge pour le 44e président de garder les pieds sur terre dans son discours d’investiture.

PIERRE DE GASQUET

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