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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 04:43




Le pays, notre pays n’a jamais été de toute son histoire confronté à un tournant aussi décisif au moment où le comité préparatoire du dialogue politique inclusif vient de restituer le résultat de ses travaux et que les principaux acteurs se préparent pour se rendre à Bangui. Désormais, le pays semble être suspendu au résultat d’un dialogue politique inclusif pour lequel,  la nation toute entière retient son souffle. Pour la première fois, à l’unisson, nos cœurs battent la chamade pour un dialogue longtemps réclamé à cor et à cri par la majorité de nos compatriotes et finalement accepté du bout des lèvres par le régime en place. La sagesse des uns et des autres a fini par triompher du chiasme destructeur qui couvait il y a si peu entre les partisans et les antis de ce dialogue  politique inclusif.

L’inopportune embuscade tendue à quelques jours seulement de l’ouverture du fameux dialogue aux forces armées centrafricaines et revendiquée par les troupes du FDPC, suivi des représailles des forces armées centrafricaines  à l’encontre des troupes de l’APRD dans le nord du pays à quelques choses de « je ne comprends pas », autrement dit, un parfum d’incertitude pour ne pas dire de suspicion plane sur l’espoir de tout un peuple de voir un jour, se  réunir autour de la table tous ses enfants.

Le citoyen « lambda » que nous sommes , à défaut d’être pris en considération par le comité d’organisation du dit dialogue parmi ceux qui «  comptent », au motif que nous ne serions pas « représentatifs », par conséquent interdit de ce grand rendez-vous familial et patriotique , se pose la question de savoir si réellement les parties concernées par le dialogue sont elles prêtes à y aller avec sincérité ? Alors que les revendications des opposants concernant notamment les modalités d’organisation  du dialogue n’ont pas été respectées et sont plutôt à l’avantage du régime qui, déjà impose et en impose selon sa volonté. Doit-on comprendre que la partie est déjà gagnée d’avance avant d’être jouée ? Iront-ils  simplement nous servir les mêmes refrains et autres tintamarres du  dialogue de 2003 ? Avec une multitude de recommandations qui ne seront pas appliquées ? En évitant évidemment de poser les vraies questions qui fâchent, juste une histoire de se partager entre copains et en toute courtoisie les dépouilles d’un état au sous-sol pourtant riche mais classé comme l’un des plus pauvre du monde par la faute de ses enfants.

Allons-nous autres, citoyens déçus de la façon dont est géré et administré notre beau et merveilleux pays parmi lesquels ; Ceux qui n’ont et qui n’auront jamais droit à la parole, Les compatriotes déçus des différents régimes qui se sont succédés, les militants et sympathisants déçus de leur parti politique respectif, les mutins et autres rebelles déçus de la lutte armée, les militaires humiliés et vexés, les paysans ignorés, les bouba nguéré et les matawa méprisés, les bouchers et les « boys-bio » insultés, les wali gala et les veuves déconsidérés, les malades abandonnés à leur sort, les orphelins affamés, les chômeurs diplômé et frustrés, les retraités sans ressources, les personnes handicapées isolées, les boursiers sans bourses, les fonctionnaires impayés, les réfugiés et  autres exilés forcés…

Allons nous laisser toute la latitude à ce qui nous semble être  un verrouillage dans les règles,  au régime de Bangui, aux groupes armées, aux partis politiques « représentatifs » afin qu’ils puissent à l’issue de ce dialogue après quelques tergiversations et compromissions se distribuer les postes ministériels sur le dos de la majorité silencieuse, sur le dos de ceux qui errent dans la forêt, sur le dos de toutes les victimes passées et présentes des choix hasardeux de nos hommes politiques. Aussi, l’heure n’est plus au bavardage, ni aux critiques acerbes mais à ces quelques propositions citoyennes que nous nous devons de soumettre à l’intention des intervenants afin qu’ils sachent que les centrafricains en ont marre et aspirent désormais à vivre en paix et à mieux vivre. Ceci est notre part de contribution, minime soit-elle.

La situation chaotique  actuelle de notre pays n’est-elle pas  l’aboutissement d’une longue histoire de litanie d’actes politiques médiocres posés par  une classe politique médiocre depuis toujours dont la médiocrité et l’irresponsabilité sont les principales qualités et qui pensent  que la solution aux problèmes centrafricains ne pouvaient que se trouver, hier à Paris, à N’djamena, à Brazzaville, à Tripoli et aujourd’hui à Libreville, alors que ces conseillers et autres donneurs de leçons auxquels nous confions notre destinée  ainsi que celle de nos enfants ne sont pas des modèles du genre. D’où vient alors cette propension à remettre constamment notre destinée  aux  mains des personnes qui ne sont ni plus intelligent, ni plus sages que nous-mêmes ? Et qui par ailleurs ont des problèmes aussi graves que les nôtres dans leur pays respectif. Il est vrai que la particularité de la chronique centrafricaine est de ne jamais régler notre querelle en famille, au point d’en  lasser plus d’une personne éprise de bonne intention.

 L’inoxydable président Bongo, autrefois volontaire et bienveillant dans nos conflits affiche à présent  un  mépris bien mérité  à l’encontre de toute la classe politique centrafricaine. Sinon comment comprendre que le dossier centrafricain ne soit traité que par son ministre des affaires étrangères ? D’où vient alors cette propension à Ignorer jusqu’aux fondamentaux des règles qui régissent la discipline politique ou encore celle de la diplomatie, animées souvent  par  des notions de dialogue, de consensus, de compromis, de négociation, de continuité, d’alternative sans lesquelles le conflit devient inévitable. Avions-nous besoin d’aller jusqu’à Libreville pour que l’on nous l’explique ? Pour qu’ainsi l’on nous humilie ? 

L’histoire semble hélas ! Se répéter aujourd’hui à l’appréciation non  seulement des actes graves, les manquements, les insuffisances d’un régime à bout de souffle mais aussi par le comportement incohérent des leaders d’une opposition de circonstance qui s’inscrivent dans une logique personnelle et de compromission voir de soumission. Bozézé, n’est-il pas le reflet ou plutôt n’a-t-il pas émergé naguère de cette classe politique de l’opposition versatile dans laquelle chacun a toujours  joué sa partition  dans une sorte de chevauchée solitaire et fantastique ? Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets dit-on. Combien a-t-on déjà  vue d’hommes politiques centrafricains, alors promis à un bel avenir et qui subitement par précipitation, par égoïsme pensaient à tort que leur tour de « collaborer » est arrivée. Ils ont accepté à n’importe quel prix aux dépends de ceux, avec lesquels ils ont lutté autrefois politiquement au nom d’un certain idéal de progrès une nomination opportuniste, pour aussitôt  tomber dans les oubliettes d’une histoire tragi-burlesque. Décidemment l’histoire politique pour ne pas dire l’histoire politique centrafricaine n’a rien appris à nos prétendants. « Ce qui arrive à ton prochain est un message pour toi »  disait tantôt les anciens.

Une opposition unie  et claire jusqu’au bout de ses revendications n’obligerait-elle pas le régime a changé d’attitude par conséquent   à aider celui-ci à évoluer ?   Des leaders assez responsables pour résister aux pièges éphémères des  nominations et continuer à travailler plutôt pour une alternative afin de permettre aux jeux démocratique de se dérouler et ainsi élever la conscience politique de nos concitoyens.  N’est-ce pas aussi cela l’un des rôles que l’on peut attendre des vraies responsables politiques qui est celui d’éveiller les consciences dans une démarche pédagogique afin d’entrainer le pays vers le haut ?

En attendant la principale victime de ce que l’on pourrait qualifier « d’errements ou de nomadisme politique  de la classe politique centrafricaine dans son ensemble» qui est une  population centrafricaine de plus en plus appauvrie, affamée, muselée, terrorisée, assiste impuissante à la course au pouvoir que se livre dans un désordre indescriptible, d’un côté, une  multitude d’organisations  armées plus ou moins structurées , une opposition dite démocratique qui est laminée surtout par la guerre interne des chefs. Une opposition dûment insaisissable  qui brille par son inconstance et manque cruellement d’efficacité contre le régime de Bangui aux antipodes de la bonne gouvernance  et de la modernité.    

Un dialogue politique inclusif mené avec sincérité et qui réussi pourrait servir d’exutoire à toute la classe politique centrafricaine. En même temps il aurait incontestablement un impact pédagogique auprès de nos concitoyens. Le dit dialogue politique inclusif  reste  le seul alternatif à la guerre, car lorsque les hommes ne se parlent pas, ils se haïssent et se  battent ou s’ignorent. La république centrafricaine à besoin de tous ses enfants. L’on ne peut pas  prétendre  faire de  la politique, c'est-à-dire gérer au mieux son pays  pour le bonheur de ses compatriotes et en même temps  ne pas vouloir se parler, pire encore cultiver la haine pour des raisons  que l’on qualifierait de subjectives.

 Il est vrai qu’en Centrafrique tous les hommes politiques, les partis  politiques, les groupes armés, les régimes qui se sont succédé et qui ont déçus se proclament de démocrates mais dans la pratique,  le sont-ils vraiment ?

Suggestions  Pour une contribution citoyenne

Exposé des motifs

L’idée d’organiser un dialogue politique inclusif  a fini par triompher. La sagesse des uns et des autres a permis la mise en place et la réalisation de cette œuvre de reconstruction nationale. Il n’y a ni gagnant, ni perdant. Seul le peuple centrafricain a gagné.

Aussi, pour ne pas tomber dans les travers des précédents dialogues. Nous devons cette fois ci, aborder sans détour et sans langue de bois  les vrais sujets qui ont poussé les centrafricains à demander puis à obtenir la mise en place du dialogue politique inclusif. 

Pour gagner du temps et gagner en efficacité, nous pensons que la question du respect de la constitution et du fonctionnement des institutions est primordiale. Le reste ne découle que des entorses faites à ses deux entités.

Si la constitution avait été respectée aussitôt au lendemain des élections présidentielles de 2005, nous n’en serions pas là, d’autant plus que l’opposition avait respecté les résultats sortis des urnes et proclamés par la commission électorale mixte indépendante. Les frustrations sont nées des nombreux manquements  et autres flagrants écarts du régime faites à la constitution qu’il a pourtant contribué grandement à mettre en place. Manquements et exactions dont nous ne saurons égrener ici la longue et interminable liste.

Si le régime avait permis dans une posture juste et responsable aux institutions de fonctionner normalement, nous n’en serions pas là. Hier, avec la prestigieuse institution des douanes et récemment un conflit ouverte avec la très symbolique  magistrature pour ne citer que ces deux cas.

Au regard des raisons invoquées, il nous semble que la question de la légitimité du régime se pose depuis la légalité constitutionnelle car nous croyons qu’il y’a une forte corrélation entre, d’une part les troubles, le désordre provoqué  dans notre pays et, d’autre part, le non respect de la constitution et des institutions de la république.

 Peut-on saborder tout le temps la constitution tout en restant encore légitime ? La légitimité, cette notion combien temporelle, donne t’elle la liberté ou le droit de tout se permettre, et ce tout le temps ? Dans ce cas, la prestation de serment a-t-elle encore un sens ? Comment prétendre gouverner alors que le premier magistrat ne respecte pas la constitution (ce qui constitue) ? Doit-on faire comme si de rien n’était et fermer les yeux ?

Ce sont, à toutes ces questions que nous devrions d’abord, honnêtement nous y atteler  en apportant des réponses claires et précises.

Au vu du délai trop court imparti pour le dialogue politique inclusif (seulement 15 jours)

Au vu de la précipitation à laquelle le régime a fait preuve d’une manière unilatérale en méprisant les revendications de la partie adverse pour fixer aussi bien  la date du déroulement du dialogue, du lieu du déroulement ainsi que  de la désignation du président du dit dialogue.

Au vu du grand nombre de thème abordé  et des sous-thèmes

Au vu  du nombre des interventions et des débats

Considérant que la promulgation par le président de la république du décret relatif à l’amnistie générale a remis désormais  les compteurs à zéro. Et qu’une nouvelle ère commence pour la république centrafricaine.

Nous proposons d’aller à l’essentiel car les autres questions ou plutôt les autres problèmes ne sont que l’émanation du dysfonctionnement des deux autres.  

 

Propositions

Exiger la lecture pure et simple de la constitution et son      Application immédiate.

Pour que le « pouvoir arrête le pouvoir » afin que la liberté de tous soit assurée.

Réaffirmer François Bozizé malgré tout dans sa fonction de président de la République, jusqu’à la fin de son mandat. Seule la voix du peuple est souveraine.

Pour ne pas que le dialogue ne se transforme en un coup d’état permanent. L’exigence pédagogique impose à chacun d’entres-nous désormais de respecter le cycle et la durée des mandats.

Rappeler fortement le rôle d’arbitre, de garant de la constitution du président de la république.

Afin que désormais, le président de la république quel qu’il soit, sache une fois pour toute qu’il est sensé être au dessus des partis politiques et des ethnies mais qu’il est sensé également ne pas être au dessus des lois de la république.

La non modification du nombre de mandat maximum (2), exercer par un président de la république.

Laisser le régime former son gouvernement avec son équipe afin qu’il puisse gérer conformément au programme pour lequel il a été élu par les centrafricains jusqu’en 2010.

Afin d’éviter les gouvernements d’union, de réconciliation…que nous avions expérimenté dans le passé et qui n’a rien donné. Le parti au pouvoir doit gouverner et l’opposition doit s’opposer.

Subventionné les partis politiques, voir salarié les membres des bureaux politiques.

Pour que les responsables des partis politiques ne désertent pas leur parti pour un poste ministériel et pour que la démocratie fonctionne et ait un sens dans notre pays. Pour avancer, notre pays a besoin de trois à quatre partis politiques forts et autant de syndicats.

Mettre en place un comité de suivi et de vigilance des recommandations (composé de : membres du régime ; de l’opposition, des organisations internationales)

Ce comité doit être doté de moyens de contraintes effectives et efficaces.

Introduire dans la constitution par une procédure spéciale un article qui pourrait entrainer la destitution ou la démission du président de la République.

 Cette procédure doit entrée en vigueur, en  cas par exemple de manquement à la constitution, de conflits d’intérêts...

Contre seing pour les accords et convention jusqu’en 2010

Après 2010, accords et conventions contre signé par les différents chefs de partis politique de l’opposition  dont le parti est représenté à l’assemblée nationale par au moins un député. Y associer les leaders syndicaux. C’est la meilleure garantie de préserver le patrimoine national pour les générations futures.

10° Procéder à l’élection présidentielle,  aux élections municipales et législatives en 2010.

La bonne gouvernance et le modèle représentatif nécessite des personnes élues et non désignées pour parler au nom des personnes par lesquelles elles ont reçues mandat.

11° Modifier la constitution à l’horizon 2015, pour que les élections municipales et législatives se fassent avant l’élection présidentielle. Et que le président de la république soit élu par les grands électeurs (maires + députés + pourquoi pas les chefs de quartiers). Car, les grands électeurs ont l’avantage de comprendre mieux les véritables enjeux nationaux et internationaux. 

 

 Franck SARAGBA

 

Tél: 06 03 03  30 14

E-mail
: saragba@yahoo.fr

Blog
:  http://franck-saragba.skyrock.com/

 

 

 

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