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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 00:21

  Alors que les acteurs politiques se perdaient en supputations et autres spéculations sur l’hypothétique  participation de Ange Félix Patassé, vite enterré par d’aucuns, l’ex-Président de la République centrafricaine crée une énorme surprise en annonçant, tambour battant, son retour à Bangui pour y, dit-il, prendre part aux assises du « Dialogue Politique Inclusif » qui s’ouvriront sous peu. « En rentrant à Bangui, je vais m’impliquer entièrement pour rechercher des solutions à la crise » lance-t-il tout de go et de prévenir, d’emblée, qu’il irait saluer ses « frères » Bozizé et Kolingba ! Cette inattendue et tonitruante déclaration a coupé l’herbe sous les pieds de tous ceux dont le retour de Patassé au bercail n’est pas souhaité et/ou pose problème. Un tel retour est redouté par tous ses anciens collaborateurs qui avaient retourné leur veste pour se fondre dans le nouveau paysage politique peint part Bozizé le 15 Mars 2003, soit pour continuer bequeter avec le nouvel « homme fort », soit pour trahir honteusement l’ancien Président pour se positionner sur l’échiquier politique national, jugeant leur heure arrivée. Le désarroi est d’autant plus grand que l’annonce a fait véritable un effet de bombe à Bangui où l’explosion d’une liesse débridée a secoué, toute la journée de jeudi 26 Novembre 2008, tous les quartiers, « même ceux qui nous sont hostiles », a déclaré un militant du MLPC joint au téléphone depuis le quartier Fou à Bangui. Que dire ?

  L’ex-Président Patassé, par sa sortie sur RFI, a pris le contre-pied des idées si répandues çà et là, à Bangui comme au sein de la diaspora, idées selon lesquelles il n’oserait pas descendre à Bangui,  vu les « graves menaces » d’arrestation par la CPI qui seraient pendues sur sa tête comme une véritable épée de Damoclès. Un quotidien de Bangui s’en était, d’ailleurs, fendu dans une analyse fleuve, résumant très clairement l’état d’esprit des politiciens de Bangui. L’intérêt de cette déclaration solennelle est qu’elle clarifie désormais le débat et enjoint, de ce fait, le pouvoir de prouver qu’il veut aller à la paix, par-delà les antagonismes générés par l’égo des uns et des autres. La balle étant dans le camp du pouvoir qui se décrédibiliserait en tentant de s’opposer au retour de Patassé en inventant des subterfuges habituels pour empêcher ce retour.

  Sur mon blog « LE PATRIOTE-CA », j’ai tenté d’attirer l’attention des uns et des autres sur la nécessité absolue de tout mettre en œuvre pour que  tous les Centrafricains et tout groupe armé quelque soit son importance ne soient pas exclus de ce Dialogue. N’importe quel groupuscule détenant des armes sur le terrain dispose néanmoins d’une capacité de nuisance qui peut compromettre durablement la paix. Le rôle de Bozizé ici sera de veiller scrupuleusement à ce que toutes les conditions soient réunies afin de garantir le succès de ce forum de la réconciliation et de l’unité. Beaucoup ne souhaitent pas que Patassé participe à ce forum, mais au nom de quel principe ? Quelques soient les griefs que l’on peut lui faire, Patassé ne demeure pas moins un Centrafricain comme tout autre Centrafricain ! Dès l’instant où la Justice de son pays s’est déclarée incompétente de le poursuivre, ou que les accusations sont portées sur des supputations et allégations sans preuves tangibles, il n’y pas lieu d’empêcher ce citoyens centrafricain de rentrer dans son pays. Etant donné le principe de « présomption d’innocence »reconnue par le droit et la Constitution de son pays, il semble arbitraire de l’empêcher de rentrer à Bangui. Tous ceux qui s’agitent autour de cette question peuvent-ils jeter la première pierre et se dire qu’ils n’ont jamais commis des fautes graves contre notre peuple ?

  Les causes de l’échec éventuel du Dialogue, me semble-t-il, seront l’exclusion et la précipitation. Malheureusement c’est l’exclusion et la précipitation qui prévalent à l’heure actuelle. L’exclusion parce que une large frange de la rébellion est tenue à l’écart des valses de Libreville. Certains groupes rebelles, en dehors de l’APRD de JJ Démafouth, ne sont même pas invités aux rencontres de Libreville, laissant planer des risques avérés sur la paix. On croirait que Bozizé minimise absolument les autres groupes armés qui sévissent dans le Nord-est du pays. Croit-on que si la paix est signée avec la seule APRD, le calme reviendrait en Centrafrique ? Rien n’est moins sûr et le penser serait, en fait, faire preuve de naïveté infantile ! Le flue ces jours-ci, des communiqués, on ne peut plus, incendiaires de ces groupes armés ne laissent aucun doute sur une possible reprise des hostilités d’envergure dans ces parties du pays. Pourquoi cela ? Bozizé, on le sait, n’a jamais adhéré à l’idée de ce fameux Dialogue politique, surtout qu’il se prétend inclusif! Bien qu’acculé, pressé et contraint par l’opinion internationale, Bozizé, persuadé par un sérail aux abois, n’entend rien lâcher. Tous ses atermoiements, louvoiements et autres manœuvres dilatoires dont  Bozizé n’a cesse de gratifier l’Opinion montrent à suffisance le manque évident de volonté politique de son pouvoir à créer des conditions pertinentes d’un retour définitif à la paix durable en Centrafrique. L’annonce intempestive du retour de Patassé ne peut que renforcer sa phobie de voir ce dernier contester son fauteuil, et la réunion à hui clos entre Bozizé et un nombre restreint de ses thuriféraires du sérail,  tenue jeudi 27 Novembre montre, en effet, qu’il y a panique en la demeure. Rien n’a filtré de cette « réunion de crise ». Mais la «Rumeur de Bangui » laisse entendre que les « profito-situationnistes », agglutinés autour de la mangeoire, préconiseraient  à  Bozizé de prendre des mesures adéquates pour, sinon dissuader Patassé de rentrer, du moins l’en empêcher. Il serait aussi question d’élucidation douloureuse de la mystérieuse disparition des avoirs du Président Patassé sur ses comptes dans les banques centrafricaines. Tout cela mis ensemble constitue un mélange détonnant et un casse-tête pour Bozizé.

  Cela dit, il reste un effort patriotique à faire, c’est d’offrir au peuple centrafricain un cadeau de paix pour le cinquantenaire de la proclamation de sa République. Chaque Centrafricain doit consentir des sacrifices pour transcender les querelles stériles afin de ne voir que les intérêts et le devenir de notre pays. Nous devons enfin savoir pardonner et aller vers l’autre en tant que frère. Nous pouvons le faire ! Patassé, à travers sa déclaration, voudrait-il inviter ses frères à la réconciliation ? L’avenir nous le dira.

Mboutou ndou a dou so ndou!

 

(A lire dans mon Blog “LE PATRIOTE-CA”)

 

 

Djim-Arem MAÏTART

 

« La voix qui crie dans le désert »

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