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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 23:28

   

 

26 Novembre 2008

 

 

Médias. Le 15e Grand Prix Paris Match du ­reportage photographique a été attribué à Frédéric Sautereau, de l’agence Œil public, pour ses images du conflit qui déchire la ­République Centrafricaine depuis trois ans

A 35 ans, Frédéric Sautereau a déjà travaillé au Kosovo, au Kenya, à Ramallah, en Birmanie. Grâce au Grand Prix Paris Match, il espère diriger enfin les projecteurs sur la « guerre oubliée » qui ravage la République centrafricaine. D’après les Nations unies, un quart des 4,3 millions d’habitants est touché, plus ou moins directement, par les violences.

 

 

Frédéric Sautereau se rend en République centrafricaine pour la première fois en décembre 2006. Les ONG viennent de signaler la répression féroce à laquelle se livrent les Faca, les Forces armées centrafricaines, notamment dans le nord-ouest du pays. Dans cette région très pauvre, les infrastructures sont laissées à l’abandon. C’est là qu’a stationné pendant des mois l’actuel président, François Bozizé, un ex-général de Bokassa, avant de prendre le pouvoir par les armes en 2003. « Ses troupes, composées de militaires tchadiens et de mercenaires, ont volé et violé, parfois tué, semant les graines de la révolte », résume le reporter. François Bozizé se fait élire président en 2005 ; mais loin de Bangui, la capitale, la colère gronde toujours. Frédéric Sautereau est le premier photographe à parcourir le Nord-Ouest depuis le début de la répression. Le long de la route, il découvre des villages fantômes, des maisons calcinées, des greniers à grains ­dévastés. « Les militaires débarquent très tôt le matin et mettent le feu aux maisons, sans se soucier de donner aux habitants le temps de sortir. Les hommes soupçonnés de faire partie de l’APRD [Armée populaire pour la restauration de la démocratie], la rébellion régionale, sont exécutés, et les récoltes détruites. » Plus de 10 000 maisons sont ainsi parties en fumée. Certains fuient vers le Cameroun et le Tchad, d’autres partent se cacher dans la brousse. Mais cette tranquillité relative a un prix : peu de nourriture, pas d’eau potable. Il faudrait marcher une à deux heures pour retourner au puits du village, avec le risque de croiser à nouveau des militaires.

 

 

Quand Frédéric Sautereau est revenu en Centrafrique, en mai dernier, ils étaient toujours des milliers à vivre cachés dans la brousse. Un enfant sur cinq meurt avant l’âge de 5 ans. Les civils sont pris en otages entre les Faca et les rebelles. « Les jeunes se laissent embarquer dans l’APRD pour défendre leurs maisons. Sans avenir, ils finissent par se servir chez les habitants », dit le photographe. La France, l’ex-puissance colonisatrice, a sa part de responsabilité. « L’armée française, présente en République centrafricaine, n’est pas mêlée aux exactions, souligne Sautereau. Mais en vertu d’un accord militaire entre les deux pays, elle forme, soutient et arme les Faca. Quand on fournit de la logistique à une armée, on est en droit d’aller voir ce qu’elle en fait. »

 

 

Exactions en République Centrafricaine

 

                   village brûlé vers Paoua

 

Frederic Sautereau 

Dans un rapport publié le 14 Septembre 2007, Human Rights Watch dénonce la passivité de l’armée française face aux crimes du pouvoir en République Centrafricaine.
Plus de 260 000 Centrafricains sont déplacés.

 

 

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont depuis Octobre 2006, incendié plus de deux mille maisons dans la seule région de Kaga Bandoro au Nord du pays. Exactions, viols, exécutions sommaires, incendies de villages, destruction des récoltes, les témoignages sont nombreux et accusent les Forces Armées Centrafricaines. Les populations fuient les villages, se réfugient en brousse où les FACA n’osent pas s’aventurer par peur de la rébellion (APRD) qui s’est constituée en réponse à la prise de pouvoir de François Bozizé après le renversement du Président Patassé en 2003. Les villageois se trouvent pris entre les rebelles qu’on les accuse de soutenir et les militaires centrafricains

Ils survivent près de leurs champs où ils manquent de nourriture, de soins, de vêtements.


L’armée française, selon un accord de défense vieux de plus de quarante ans, est présente en Centrafrique et apporte un soutien matériel et logistique (transports de troupes, équipement) aux Forces Armées Centrafricaines (FACA).

 

 

Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) ont depuis Octobre 2006, incendiées plus de deux mille maisons dans la seule région de Kaga Bandoro au Nord du pays. Exactions, viols, exécutions sommaires, incendies de villages, destruction des récoltes, les témoignages sont nombreux et accusent les Forces Armées Centrafricaines.

Les populations fuient les villages, se réfugient en brousse où les FACA n’osent pas s’aventurer par peur de la rébellion (APRD) qui s’est constituée en réponse à la prise de pouvoir de François Bozizé après le renversement du Président Patassé en 2003. Les villageois se trouvent pris entre les rebelles qu’on les accuse de soutenir et les militaires centrafricains


Ils survivent près de leurs champs où ils manquent de nourriture, de soins, de vêtements. Seules deux ONG, Caritas et MSF sont présentes dans cette zone.

L’armée française, selon un accord de défense vieux de plus de quarante ans, est présente en Centrafrique et apporte un soutien matériel et logistique (transports de troupes, équipement) aux Forces Armées Centrafricaines (FACA).

Frédéric Sautereau, photoreporter du collectif l’Oeil Public a effectué en décembre 2006 un reportage au Centrafrique.

En collaboration avec Frédéric, nous avons créé un film à partir des images et témoignages sonores qu'il a rapporté de ce conflit dont personne ne parle.


Il a été diffusé pour la première fois en public en juillet 2007 lors de la nuit de l'année des Rencontres photographiques d'Arles.

 

31 janvier 2008

 

 

Reportage : Centrafrique, quand le Chari brûlait


En décembre 2006, Frédéric Sautereau s’est rendu dans le Nord-Ouest de la République centrafricaine, une région alors confrontée à des nombreuses violences.

Depuis ce premier reportage, la situation a évolué. Frédéric Sautereau a décidé de retourner à la fin mars dans la région de Paoua. XXI prend date.

 

INTERVIEW

Avant votre reportage, peu de témoignages étaient disponibles sur le conflit dans le nord-ouest de la Centrafrique (RCA). Pourquoi avoir choisi de vous y rendre ?

Frédéric Sautereau : J’ai choisi la RCA justement parce que les informations sur le conflit étaient très rares. Je sais que des Centrafricains ont courageusement tenté de rassembler des documents prouvant les exactions des militaires locaux. Cependant, ces informations ne sont pas sorties du pays.

J’ai réalisé ce reportage à la suite de deux séjours en Centrafrique, où je suis resté un mois au total.

 
Qu'est-il advenu de votre travail ?

 

FS : Les photos ont été publiées dans Le Monde 2 au printemps 2007, mais n'ont eu aucun écho. Un documentaire photo-son réalisé en collaboration avec Arnaud Contreras a été diffusé sur différents sites Internet et au festival photo de Arles.

Mais, le sujet n'intéresse pas. Peu de médias français parlent de la RCA et souvent mal. Une première erreur souvent commise est de lier le problème en République Centrafricaine avec le Darfour, ce qui est une vue partielle: le conflit au Nord-Ouest est un conflit interne à la Centrafrique. Le second travers est d’occulter le fait que des militaires centrafricains ont brûlé les villages du Nord-Ouest. Jusqu'à la sortie du rapport du Human Rights Watch (qui a utilisé mes photos) en septembre dernier, il en a été très peu question.

Lorsqu'une volontaire de MSF a été tuée par balle, en juin  dernier, la presse s’est un peu réveillée, mais il n’y a pas eu de suivi.


Quelle est la situation aujourd’hui ?

 

FS: La violence est moindre et il semble que les villages ne sont plus incendiés. Mais la situation est loin d’être réglée: près de 290 000 personnes seraient déplacées. Cette population se trouve confrontée à la recrudescence des activités de bandits de grand chemin (les coupeurs de route) qui tuent, rançonnent et kidnappent. L’activité des divers groupes armés étouffent l’économie de cette région.

 

Pourquoi y retourner?

 

FS: Pour témoigner de la situation actuelle, essayer de revoir les personnes que j’ai rencontrées en décembre 2006 et reprendre le fil de l’histoire.

 

BIOGRAPHIE DE L'AUTEUR

Frédéric Sautereau est photographe. Il est membre et directeur de l’agence Œil Public.

La notion de frontière et de division est le thème central de son travail. Entre 1999 et 2000, il a travaillé sur les villes divisées : Belfast, Nicosie, Mostar, Jérusalem et Mitrovica. Ce travail a été exposé au festival Visa pour l'image de Perpignan en 2001 et à fait l'objet d'un livre Des Murs et des Vies paru en 2002 aux éditions Le Petit Camarguais. Il a publié avec Guy-Pierre Chomette Lisières d'Europe en 2004, aux éditions Autrement.

Il a reçu le Prix Fuji en 2003 pour un travail sur le mur érigé entre Israël et la Cisjordanie. Son travail réalisé à New York après les attentats du 11 septembre 2001 a été exposé en France, en Allemagne, en Suisse et au Portugal. Un livre, N40°42'42'' W74°00'45'', est paru en septembre 2003 aux éditions 779.

Ses reportages ont notamment été publiés dans Le Monde 2, l'Express, Newsweek....  Vous pouvez retrouver son travail sur la Centrafrique sur le site Internet de l'Oeil Public, ici.
 
Le documentaire a été réalisé en collaboration avec Arnaud Contreras, de
À 360 Productions.

M.N.


 

 

 


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