Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 02:37

par Djim-Arem Maïtart 
 










Qui eût cru que Bozizé, d'ordinaire si taciturne, affectionnant déblatéra dans l'antichambre, pût prendre l'initiative de solliciter un “face-à-face avec JJ,Démafouth, son ennemi juré, dans un débat contradictoire? Cela mérite un salut très bas tant l'évènement est inhabituel. Chacun a pu suivre avec intérêt son entretien sur RFI avec Boisbouvier, entretien au cours  duquel Le Général-Président s'était retrouvé dans une position inconfortable de coupable se perdant en conjectures face aux questions très précises du journaliste sur les réalités de son régime. Les bafouillages indignés de Bozizé, très mal aux entournures, montrent très clairement que c'est un Président dépassé par les évènements, se dressant, tel un tigre prêt à griffer, contre La Radio “RFI ”qu’il n'hésite pas à accuser de vouloir “ternir l'mage de la République centrafricaine, pourtant déjà ternie! Mais l'amnésie de Bozizé l'amène à oublier qu'il n'avait point hésité à se servir de  cette même « RFI»pour s'exprimer sur sa rébellion et ses atteintes aux Institutions républicaines. A cette époque la « RFI» en lui tendant son micro ne ternissait pas l'image du régime démocratiquement établi de Centrafrique!

 

Son surprenant « coup de gueule » contre cet acronyme n'aurait irrité personne si Bozizé, une fois de plus, n'avait cru prendre les Centrafricains pour des oies sauvages. Lorsqu'un Président, dont la politique basée sur la violence, jette des centaines de milliers de citoyens sur le chemin de l'exil, s’ils ne sont pas sommairement exécutés, pendant que d'autres se terrent en brousse disputant aux animaux les grottes et les terriers, se permet des sorties aussi indignes et cyniques Il est clair que pour lui les souffrances de ces concitoyens n'ont aucune espèce d'importance. Mais comment Bozizé peut-il sans rire clamer que la paix est revenue dans tout le pays et que la situation est maîtrisée? La barbarie, érigée en méthode de gouvernement dans laquelle excellent le sinistre Ngaïkoïssé et les tueurs de sa garde présidentielle, continue de faire des ravages et des victimes  dans le nord. Les Centrafricains sont pris en otage et contraints à l'exil à l'intérieur du pays, puisqu'ils ne peuvent aller dans leur région, pour les ressortissants du Nord et du Nord-Ouest, et d'une région à l'autre sous peine d'exactions de la part des coyotes de la garde présidentielle.

 

Mr Bozizé jette l'anathème sur l'A.P.R.D. en taisant soigneusement les crimes au quotidien commis, sur ses ordres, par les bourreaux du sérail. Nos parents sont pourchassés comme de vulgaires criminels, obligés de se cacher en brousse où ils vivent dans des conditions abominables et inhumaines. Bozizé ne peut pas continuer à jouer avec le vie des Centrafricains. Il doit partir s'il ne veut pas saisir l'opportunité qui lui est offerte à travers l'organisation du Dialogue Politique inclusif. Est-il conscient du bourbier dans lequel lui et ses courtisans se sont fourrés? Croit-il qu'il exterminera tous les Centrafricains du Nord et du Nord-Ouest et qu'il se maintiendra éternellement au pouvoir? Tout ce qu'il a fait dans le Nord et le Nord-Ouest le poursuivra toute sa vie et tout crime étant imprescriptible, les ressortissants de ses régions, qui ont perdu les leurs dans sa “sale guerre ” contre les nordistes, se réserveront le droit de le poursuivre pour ses crimes si d'ici-là il ne les reconnaît et qu'il ne demande pardon.

 

Les propos de Bozizé sur RFI sont une véritable insulte à la mémoire des milliers de nos compatriotes lâchement assassinés par ses hommes et par ses soins. On ne peut moralement pas prétendre gouverner un peuple et cultiver la haine viscérale contre une partie de ce peuple. Etre Président de la République c'est accepter d'être un père de famille qui se préoccupe de ses enfants, de tous ses enfants. Il est à cet égard, un père veillant sur tous en se gardant de réserver à une catégorie des traitements de faveur. Bozizé est loin de répondre à ses critères. Et il l'a une fois de plus montré dans son laïus à l'occasion de son anniversaire. Les “libérateurs”( qui ont-ils libéré?) sont seuls à représenter quelque chose à ses yeux, fraternité de crime oblige. Le Bonuca, qui pendant longtemps avait couvert ses crimes et ses médiocrités, ne peut plus continuer à tromper le Secrétaire Général des Nations unies par des faux rapports décrivant la situation centrafricaine conforme aux vues de Bozizé. Il pond un rapport accusateur contre le régime impopulaire et dictatorial de Bozizé, rejoignant les ONG internationales qui ne cessaient d'attirer l'attention sur le drame centrafricain, mais qui faisaient systématiquement l'objet d'attaque en règle de la part des opportunistes de sa cour qui le poussent vers la sortie sans le savoir.

 

Qu'il débatte avec Démafouth si ça lui dit, mais que va-t-il dire que les Centrafricains ne sachent pas? Je serai curieux de suivre cette joute qui s'annonce d'emblée inégale dans le mesure où Bozizé, dont on connaît les qualités oratoires types, devra faire preuve d'intelligence et de perspicacité pour répliquer à un Démafouth intrépide, rompu dans le débat par un long passé de militant; Car il n'aura personne à côté pour lui mâcher les réponses et autres contradictions à porter et à apporter à son vis-à-vis. Je m'imagine déjà le caractère cocasse d'une telle aventure risquée de ce débat. On sait déjà ce que Bozizé va dire, donc ce n'est pas l'important; ce qui est important c'est de savoir comment il se comportera. Attendons et voyons!   “Mboutou Ndou, adou so ndou”

 

MAITART Djim-Arem

“La voix qui crie dans le désert”

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion