Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 23:27





(Mutations 11/09/2008)

C'est une explication du président de la Commission interparlementaire de la Cemac qui présentait cette organisation hier à Yaoundé.

Laurent Gomina-Pampali a voulu respecter sa promesse de ne pas user de la langue de bois lors de la conférence de presse qu'il animait à Yaoundé ce mercredi 10 septembre. Le président de la Commission interparlementaire de la Cemac (Cip), qui rassemble trente élus des pays qui composent l'organisation économique et monétaire de la région d'Afrique centrale, donnait une conférence de presse pour faire connaître cette commission. Il a été amené sur un autre terrain que celui des missions de la Cip qui prépare l'érection d'une véritable assemblée régionale de la Cemac. Il y a, par exemple, reconnu que la démocratisation de la vie sociale en Afrique centrale sera un facteur fondamental de l'intégration des peuples et des économies dans cette zone.

 Pour M. Gomina-Pampali en effet, il n'est pas normal de penser, comme certains l'ont suggéré, que les chefs d'Etat seraient réfractaires à l'intégration de l'Afrique centrale qui diminuerait leurs prérogatives et forcerait la région à se démocratiser de manière radicale. Dès lors, il a dû expliquer différemment la situation léthargique de l'Afrique centrale dont le niveau d'intégration a été négativement noté par les journalistes, au regard des expériences de l'Afrique occidentale, australe et orientale. " En Afrique de l'ouest, il y a un environnement géographique qui permet d'échanger plus facilement comparativement à notre région où la forêt, qui est certes une richesse, ne facilite pas la construction d'une route ", a déclaré en substance l'élu centrafricain.

Oreille

Toutefois, a-t-il reconnu, les freins à l'intégration existent en Afrique centrale. L'héritage colonial qui a poussé les Africains à sacraliser le maintien de leurs activités dans le cadre des frontières tracées par le maître colonial, n'en est pas le moins important. Laurent Gomina-Pampali a aussi regretté que des fièvres xénophobes, dirigées contre les ressortissants de la région, secouent certains pays de la Cemac et handicapent l'intégration. " Mais il ne s'agit pas d'une attitude spontanée, naturelle. C'est toujours lié aux questions économiques et sociales, aux conditions de vie des populations ", a indiqué le président de la Cip. En France, a-t-il encore dit, lorsque le gouvernement a des difficultés, la première chose à laquelle il pense c'est qu'il y a beaucoup d'immigrés et cela entraîne parfois la xénophobie sans qu'il y ait un ordre formel.

Pour autant, l'homme qui se disait fier de se trouver au Cameroun, un pays où il parle avec les originaires de Yokadouma ou de Bertoua sans avoir recours au français mais plutôt aux langues locales, n'est pas pessimiste quant à l'avenir de l'intégration régionale.

" Les députés que nous sommes avons pour tâche d'aller vers les populations pour leur expliquer le bien fondé de se mettre ensemble, parce que de toutes les façons, notre avenir est commun, même si cela ne paraît pas pour tout le monde ", a expliqué M. Gomina-Pampali.

Justement, n'est-ce pas parce que les institutions de la Cemac tardent à prendre corps et à se manifester dans la vie du Tchadien ou de l'Equato-Guinéen moyen que la Cip semble aphone ? L'on aura en effet noté au cours de la rencontre d'hier que le parlement de la Cemac dont la mise en place au cours du premier trimestre de 2009 a été décidée en juin dernier à Yaoundé devra encore vivre une période transitoire de cinq ans.

Après seulement, les élus du parlement d'Afrique centrale seront sélectionnés par le scrutin universel direct et pourront légiférer au lieu d'attendre des consultations des chefs d'Etat. Dès lors, comment les " frères " de Laurent Gomina-Pampali, des deux côtés de la frontière camerouno-centrafricaine, pourront-ils prêter une oreille attentive aux campagnes de sensibilisation que ses collègues et lui mènent à travers l'Afrique centrale ?


Jean Baptiste Ketchateng

© Copyright Mutations

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales