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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 14:57



















La très secrète convention sur l’exploitation de l’uranium signée le 04 août 2008 dont les textes ne sont pas encore rendu publics à ce jour entre d’une part la firme Aréva qui promeut savamment une immuabilité des termes de l’échange et d’autre part, par un régime irresponsable, partisan d’un étatisme intégral versé dans la compromission, démontre une fois de plus la triste et implacable réalité d’une relation désuète. Curieusement les usages n’ont pas variés d’un iota depuis la rencontre inopinée et l’appropriation de ce riche territoire qu’était l’Oubangui Chari en la formalisation du poste de « Bangui »le 26 juin 1889 par un certain Michel Dolisie , frère de Albert du même nom , collaborateur de Pierre Savorgnan de Brazza pour le compte de l’Etat français en quête alors de matières premières pour les besoins de son industrie naissante  et vorace, aujourd’hui de minéraux  et autres matériaux énergétiques de surcroît stratégique.

Cette énième convention s’inscrit dans la droite ligne d’une tradition séculaire dont le mot d’ordre reste l’immuabilité des termes. La stratégie demeure toujours la même. L’utilisation ou l’imposition d’hommes liges ou de dictateurs à la tête du pays, lesquels décident envers et contre tous au mépris des institutions existantes. Affaiblis par leur manque de notoriété et leur impopularité, ces hommes conservent un semblant de pouvoir par la force et la violence. Ainsi isolé, ils deviennent  des proies faciles qui signent des accords qui lient leur peuple pour des générations. Il en a été ainsi des différents accords et conventions signés autrefois par des chefs coutumiers ou dans les premières années de l’indépendance qui sont toujours d’actualités dont la seule évocation ou la remise en cause ne fut-ce que pour leur adaptation à la modernité constitue un crime de lèse majesté. A-t-on le droit de signer des accords et des conventions sur 20 ans ,30 ans ou 40 ans qui compromettent  l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants ? Alors que le monde évolue et évolue très vite.

Aux motifs d’une hypocrite et hypothétique continuité de l’état ou de la hiérarchie des normes qui consacre définitivement et pour longtemps la primauté des accords et des conventions sur la volonté et l’espérance des peuples. En profitant de l’inexistence d’un état, d’un régime impopulaire et de la compromission de ces dirigeants adeptes d’un étatisme effréné, la firme Areva n’a-t-elle pas signée une convention inacceptable, contre nature et non avenue et qu’il faudra  un jour prochain revoir rapidement et sérieusement les termes. C’est pourquoi les accords et les conventions au-delà de celle qui vient d’être signer doivent être revus tous les 5ans, ce qui correspond à la durée d’un mandat présidentiel. Si un président de la république à la prérogative de signer les accords et les conventions qui lui permettent d’avoir les moyens de gouverner par rapport à un programme politique censé être  soumis au préalable lors des campagnes électorales à la connaissance et à l’appréciation des centrafricains pour recueillir leur consentement par le vote, il a cependant aussi le devoir de ne pas détruire notre pays en compromettant l’avenir de celui-ci et de nos enfants. La légitimité d’un homme politique est limitée dans le temps à travers la constitution par la durée de son mandat, aussi la validité des accords et autres conventions signée par celui-ci devrait y être rattachée et conditionnée. Pourquoi devrait-elle se prolonger nécessairement au-delà de son règne ?  

12% des parts ont été concédé à l’état centrafricain avec la promesse de  construire par Areva quelques locaux qui serviront de salles d’écoles , un dispensaire et  voilà les autorités centrafricaines satisfaits et font aussitôt preuve d’un triomphalisme incompréhensible en oubliant que les termes de l’échange pour les minerais stratégiques se font entre 80 et 90 % pour le détenteur des minerais et 10 à 20% pour la partie adverse disait en substance l’ancien président de ELF  Le Loïc Prigent , aujourd’hui reconverti en défenseur des intérêts du pétrole tchadien lors d’une émission de télévision . Au vue des risques encourues et des dégâts que l’exploitation de l’uranium à causer par exemple au Niger et dans d’autres pays, Il est tout à fait normal que la firme Areva assure les risques sanitaires et seulement les risques sanitaires. Cependant, il appartient aux centrafricains avec l’argent recueilli de déterminer et de planifier avec des hommes politiques responsables et des gestionnaires compétents un modèle de développement approprié pour le pays car nous savons de quoi nous souffrons. Les gouvernants doivent seulement s’atteler à veiller à ce que les minerais soient payés au prix forts. Il parait que l’Afrique n’est pas assez entrée dans la modernité*, mais la modernité ne commence t’elle pas aussi  par la révision complète et immédiate ainsi qu’à l’adaptation des accords et autres conventions ?

 

* Discours du président Sarkozy à l’université Cheik Anta Diop de Dakar le 26 juillet 2007

 

Franck SARAGBA

  

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion