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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 17:37




(Le Soleil 12/08/2008)

Le procureur de la Cour pénale internationale a été reçu, hier, en audience par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade. Luis Moreno-Ocampo est à Dakar pour présenter le bilan des activités judiciaires du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale.

Luis Moreno-Ocampo a déclaré, à sa sortie d’audience, qu’il est très reconnaissant de la confiance de Me Wade, juriste, avocat, homme d’Etat, très respecté en Afrique. Pour le procureur, il est utile que les populations africaines sachent que la Cour pénale internationale est leur cour. Il a expliqué que son mandat est de contribuer à lutter contre l’impunité pour prévenir la violence et contribuer à la paix durable. Luis Moreno-Ocampo a aussi précisé que son mandat est strictement judiciaire. Interpellé sur le mandat d’arrêt international contre le président soudanais, Luis Moreno-Ocampo a indiqué que le sujet a été abordé avec le président Wade. Il a précisé que la communauté internationale ne peut pas rester indifférente à la situation de plus de 2,5 millions de personnes qui subissent des exactions.

Le procureur a indiqué que le président Wade et ses pairs africains ont une responsabilité immense au Darfour. Il a reconnu qu’ils partagent un même objectif, celui de protéger les victimes et mettre fin à l’impunité et aux crimes.

Luis Moreno-Ocampo a, par ailleurs, rendu un hommage particulier au Sénégal, le premier Etat dans le monde à ratifier le statut de la Cour, l’Europe, le Canada et, aujourd’hui, cent huit pays ont suivi. La démocratie sénégalaise a été aussi saluée par l’exemplarité de son alternance démocratique. A travers différentes initiatives, le Sénégal, le président Wade et les autres leaders africains sont en train de transformer le continent où règnera la paix, mais aussi la justice.

Le procureur a dit aussi sa reconnaissance au Sénégal et au corps de la justice pour avoir mis à la disposition de son bureau, après sa sélection au niveau international, le juge Amady Bâ, un de nos éminents magistrats. Son travail et son action, en qualité de responsable de la coopération juridique et judiciaire internationales, sont déterminants dans la mise en œuvre du mandat du procureur de la Cpi. Le patron de la Cour pénale internationale a aussi été reçu en audience par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangère, Cheikh Tidiane Gadio. Avant de quitter notre pays, Luis Moreno-Ocampo a rencontré le chanteur sénégalais, Youssou Ndour.

Darfour, Rdc, Centre Afrique et Ouganda : Les grands dossiers de la Cpi en Afrique

En vertu de l’Article 5 du Statut de Rome, le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi) concentre ses efforts en matière d’enquêtes et de poursuites sur les personnes qui ont la plus lourde responsabilité dans les crimes les plus graves. Selon le document de présentation de la Cpi, le Bureau du procureur a décidé de lancer des enquêtes et des poursuites après avoir analysé les conditions de compétence, de recevabilité, et les intérêts de la justice.

La Cpi gère quatre situations : République démocratique du Congo (Rdc), République centrafricaine, dans le Nord de l’Ouganda et au Soudan (Darfour). Pour ce dernier, le procureur a informé le Conseil de sécurité qu’il présenterait, en juillet, aux juges de la Cpi de nouveaux éléments de preuve dans le cadre d’une deuxième affaire relative au Darfour.

Le 14 juillet 2008, le Procureur de la Cpi a présenté des éléments de preuve aux magistrats de la Chambre préliminaire qui démontrent que le président du Soudan, Omar Hassan Ahmad Al Bashir, a commis des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre au Darfour. Le Procureur a ainsi déclaré que « dans les camps, les forces de M. Al Bashir tuent les hommes et violent les femmes. Il veut mettre un point final à l’histoire des peuples four, masalit et zaghawa. Je n’ai pas le luxe de me voiler la face. J’ai des preuves. » La Chambre préliminaire va désormais examiner les éléments de preuve. Si les juges estiment qu’il y a des motifs raisonnables de croire que le président soudanais a commis les crimes qui lui sont reprochés, ils décideront du meilleur moyen de garantir sa comparution devant la Cour. Selon le document de présentation, l’Accusation a demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt et la décision des magistrats devrait en principe être rendue d’ici à trois mois.

Au chapitre des analyses en cours, le bureau du procureur recherche activement des informations concernant des crimes relevant de la juridiction de la Cour. La situation en Côte d’Ivoire, en Colombie, au Kenya, en Afghanistan, au Venezuela et en Iraq est aussi suivie de près par la Cpi.


Mbaye Sarr DIAKHATE

© Copyright Le Soleil

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