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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 23:09




Par ALLAIN JULES, samedi 9 août 2008 à 22:33 Journal du Dimanche

On a appris le 04 août dernier que le gouvernement centrafricain, par l'entremise de son ministre d'Etat aux mines, à l'énergie et à l'hydraulique, Sylvain Ndoutingaï, et le groupe nucléaire français Areva ont signé un contrat pour l'exploitation d'un vaste gisement d'uranium situé à l'est de la République centrafricaine à Bakouma, ville située à 800 kilomètres de la capitale, Bangui.

Les deux parties auraient trouvé un accord après un très long bras de fer qui satisfait non seulement Areva, donc la France, mais aussi, la Centrafrique. Le ministre aurait même déclaré: "C'est un accord gagnant-gagnant car les droits de propriété de l'Etat centrafricain et son peuple ont été pris en compte par le fait que les Centrafricains seront employés dans la société. En plus la société Areva doit construire des centres de santé, des écoles, des routes et tenir compte de l'environnement de la région ".

Un an auparavant, au mois de juillet 2007, le groupe Areva avait racheté les droits d'exploitation du site de Bakouma à la société anglo-canadienne, UraMin. Un achat de façon tarabiscotée et obscure dans la mesure où, le contrat entre UraMin et le gouvernement centrafricain du président François Bozizé avait cessé.

A tort ou à raison, ces derniers dénoncèrent l'irrégularité de cette acquisition au détriment du peuple. Cette convention minière entre la société UraMin, signée en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma, n'était qu'une vaste escroquerie, d'où la méfiance face à Areva.

Sentant le danger, Anne Lauvergeon, dirigeante du pôle nucléaire français Areva, fit donc appel au chevalier blanc, Nicolas Sarkozy. L'homme de la Realpolitik, voulant se refaire, ne peut que montrer ses biscotos en Afrique. Après avoir su que la France était une puissance parmi tant d'autres, notamment avec ses pérégrinations couronnées d'échec, il se vengea sur les Africains. Comme dans un péplum, bourré de testostérone, il a donc fait son show auprès du gouvernement centrafricain.

En décrochant son téléphone, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, aurait donc menacé son homologue centrafricain, François Bozizé, qui doit son pouvoir à la France. Or les réticences centrafricaines étaient justifiées. D'abord, que les populations locales puissent bénéficier de la manne, ensuite, que l'exploitation se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence. C'est une autre affaire.

Selon les clauses de cet accord, l'Etat centrafricain obtient 12% de la production commerciale de la société Areva sur le site de Bakouma, soit environ 200 à 300 millions de dollars US. Des miettes, si l'on en juge les bénéfices du groupe français. Parce que, il aurait promis de construire des écoles et des hôpitaux ? C'est le retour de plain-pied de la Françafrique, avec ses mensonges, ses exploitations, ses menaces et ses chantages. René Dumont, en 1966, avait bien écrit, L'Afrique noire est mal partie.

Si tout va bien, L'extraction de l'uranium commencera fin 2009 ou début 2010.

Source: AJM (sur les liens)

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