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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 23:14





Face à une démocratie menacée par un coup de force et la séquestration d’un chef d’Etat dont l’élection en 2007 avait été saluée par l’ensemble de la communauté internationale, la réaction de la communauté internationale, prompte à défendre les principes et idéaux démocratiques, se fait assez timide.


Le peuple mauritanien est-il en train de vivre, impuissamment, le viol de sa démocratie ? Une seule certitude : son système démocratique vient de faire un grand bond en arrière.

Scénario jusque là impensable pour un pays cité comme un exemple de démocratie en Afrique, le Chef de l’Etat de Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l’indépendance du pays en 1960, a été arrêté mercredi à Nouakchott par le chef de sa garde, le général Ould Abdel Aziz qui le séquestre actuellement.

COMMENT  EN  EST-ON  ARRIVE  LA ?


Principale raison actuellement évoquée pour expliquer ce coup de force d’un autre temps contre les institutions démocratique de la Mauritanie : le chef de l’Etat mauritanien aurait eu le malheur d’oser limoger son chef d’état-major particulier et commandant de la garde
présidentielle, le général Ould Abdel Aziz.


En effet, trois généraux et un colonel ont été limogés mercredi matin par un décret présidentiel. Ces changements ont notamment touché le général de brigade Mohamed Ould Abdel Aziz, chef d’état major particulier du président de la République, remplacé par le colonel Mohamed Ahmed Ould Ismail. Le général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, chef d’état major national, remplacé à ce poste par le colonel Abderrahmane Ould Boubacar, le général Félix Négri, chef d’état major de la garde nationale remplacé par son adjoint, le colonel Mesgharou Ould Sidi. Le colonel Ahmed Ould Bekrine, chef d’état major de la gendarmerie lui aussi été remplacé par son adjoint, le colonel Ahmed Ould Mohamed El Kory.
Les officiers limogés appartiennent au puissant "Conseil militaire pour la justice et la démocratie" (CMJD), créé au lendemain du coup d’Etat militaire du 3 août 2005, qui avait renversé le président Ould Taya, au pouvoir pendant 21 ans. Selon une source proche du gouvernement, le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi aurait prit la décision d’évincer le général Abdel Aziz après avoir eu connaissance d’informations selon lesquelles son chef d’état-major particulier était derrière la fronde parlementaire qui animait la vie politique intérieure depuis quelques semaines.


Le porte-parole des parlementaires "frondeurs", Sidi Mohamed Ould Maham, a d’ailleurs, sitôt après le coup d’Etat, apporté son soutien aux putschistes et à leur chef et appelé "tous les citoyens" à participer jeudi matin à Nouakchott à "une marche de soutien" au "mouvement correctif".


RECHERCHE  D’UNE  LEGITIMITE  POLITIQUE :


Après s’être imposé comme le chef des putschistes, le général Abdel Aziz, 52 ans, essaye de donner un cadre politique légitime à son action avec l’organisation de son équipe autour d’un "Haut Conseil d’Etat" créé en toute hâte.


Dans une brève déclaration lue à la télévision d’Etat, les putschistes annoncent la mise en place du "Conseil d’Etat" sans fournir d’autres détails.


Dans un deuxième communiqué mercredi soir, le Haut Conseil d’Etat annonce avoir mis fin aux pouvoirs du président de la République, et prendre "les dispositions qui s’imposent" en vue de garantir la continuité de l’Etat jusqu’à une élection présidentielle permettant de
relancer le processus démocratique.


Le Haut Conseil d’Etat est présidé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz et a pour membres les généraux : Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed et Félix Negri, les colonels Ahmed Ould Bekrine, Mohamed Ould Cheikh Ould El Hadi, Ghoulam Ould Mahmoud, Mohamed Ould Meguett, Mohamed Ould Mohamed Znagui, Dia Adama Oumar, Hanenna Ould Sidi, Ahmedou Bomba Ould Baya.


Son premier appui politique viendra d’un groupe d’élus parlementaires qui, dans un communiqué relayée par l’AMI, invite "le peuple mauritanien à se regrouper autour de l’institution parlementaire et des forces politiques vives visant le changement et la préservation de l’ordre public", se déclarant "désolés de la situation à laquelle a
abouti le pays du fait de la politique à l’improviste" menée par le président déchu.

Alors que le parti du président renversé, le PNDD rejette "totalement ce retour à l’ère des coups d’Etat", le principal parti de l’opposition, le Rassemblement des forces pour la démocratie (RFD), déclare, avoir "compris" le coup de force des militaires.



OFFENSIVE  DIPLOMATIQUE  DE  CHARME :


Sur le plan diplomatique, le nouveau Haut Conseil d’Etat vient de lancer une offensive diplomatique de charme en vue de se faire reconnaître par la communauté internationale. A la clé de cette démarche, plusieurs promesses dont celle d’organiser le plus rapidement possible une nouvelle élection présidentielle « libre et transparente », de lutter efficacement contre le terrorisme, ou encore de respecter tous les traités internationaux et les conventions
auxquels a souscrit la Mauritanie…


Face à une démocratie menacée par un coup de force et la séquestration d’un chef d’Etat dont l’élection en 2007 avait été saluée par l’ensemble de la communauté internationale, la réaction de la communauté internationale, prompte à défendre les principes et idéaux démocratiques, se fait assez timide.


C’est la Commission européenne (... et non l’Union africaine) qui va, en premier, condamner le coup d’Etat militaire. Dans une déclaration publiée mercredi par la CE, le commissaire Louis Michel va exprimer son souhait que le président et le premier ministre mauritaniens
retrouvent rapidement leur liberté et leurs fonctions, la transition démocratique en Mauritanie ayant financièrement coûtée chère à l’UE.


La présidence de l’UE, actuellement exercée par Nicolas Sarkozy, fera quant à elle part de sa "plus ferme condamnation du coup de force...".


L’Union africaine prend le relais par la suite, condamne le coup d’Etat, demande "le rétablissement de la légalité constitutionnelle" et annonce qu’elle enverra un émissaire à Nouakchott cette semaine.


Le colonel Kadhafi, président en exercice de l’Union du Maghreb arabe (UMA), va se déclarer "préoccupé" par la situation et charger le secrétaire général de l’union maghrébine, le Tunisien Habib Ben Yahya, de se rendre à Nouakchott pour suivre la situation.

Aux Etats-Unis, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, va aller dans le même sens que le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki- moon, qui regrette "profondément" le coup d’Etat militaire.

A Paris, capitale de l’ancienne puissance coloniale, la réaction reste mitigée. Le ministère français des Affaires étrangères déclare suivre la situation "avec la plus grande attention" sans une condamnation explicite ferme du coup d’Etat.


COMPOSITION  DU  « HAUT  CONSEIL  D’ETAT »  PAR  LES  PUTCSHISTES :

Le Haut Conseil d’Etat, créé mercredi sitôt après le coup d’Etat sans effusion de sang en Mauritanie, a annoncé, dans son deuxième communiqué rendu public mercredi soir, avoir mis fin aux pouvoirs du président de la République, investi le 19 avril 2007. Il "prendra les
dispositions qui s’imposent" en vue de garantir la continuité de l’Etat.



Ce Haut Conseil d’Etat, issu des Forces armées et de sécurité, est composé comme suit :

- Président : Général Mohamed Ould Abdel Aziz ;

Membres :
  Général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed ;
  Général Félix Negri ;
  Colonel Ahmed Ould Bekrine ;
  Colonel Mohamed Ould Cheikh Ould El Hadi ;
  Colonel Ghoulam Ould Mahmoud ;
  Colonel Mohamed Ould Meguett ;
  Colonel Mohamed Ould Mohamed Znagui ;
  Colonel Dia Adama Oumar ;
  Colonel Hanenna Ould Sidi ;
  Colonel Ahmedou Bomba Ould Baya

Le Haut Conseil d’Etat déclare par ailleurs qu’il supervisera, en concertation avec les institutions, la classe politique et la société civile, la conduite d’une élection présidentielle permettant de relancer le processus démocratique et de le refondre sur des bases pérennes.

Ces élections seront organisées dans une période "la plus courte possible", seront "libres" et "transparentes" et "permettront, pour l’avenir, un fonctionnement continu et harmonieux de l’ensemble des pouvoirs constitutionnels".

Source :  L’internationalmagazine.com  08  août  2008

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