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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 23:04



Inacceptable pour les uns, incroyable pour d’autres, lois scélérates par ci, auto amnistie du régime par là ou encore texte flou et provocateur …Les qualificatifs et autres dérivatifs ne manquent pas pour qualifier le dernier projet de loi portant pour le premier ; une amnistie sur des infractions liées aux évènements ayant provoqué le changement du 15 mars 2003. Pour le deuxième ; portant amnistie des infractions d’atteintes à la sûreté de l’état et à la défense nationale. Enfin pour le troisième ; portant amnistie des infractions commises par les éléments des forces armées centrafricaines à l’occasion des opérations de maintien de l’ordre  et de la défense du territoire.

Jamais un texte de loi n’aura été autant critiqué,  rejeté et  provoqué l’unanimité contre lui avant même que les parlementaires n’aient eu  le temps de se pencher  dessus.  Si, ce fameux projet de loi tant décrier a non seulement eu le mérite  de redonner l’occasion à une opposition  dite armée déjà méfiante de se camper à juste raison d’ailleurs sur ces positions en se retirant du processus entamé, il a en même temps permis à une opposition démocratique jusque là diverse et disparate de se retrouver  unanimement dans le rejet de cette loi, rejointe  en cela par d’autres associations des droits de l’homme et  de patriotes.

Désormais le processus menant au dialogue politique inclusif semble gripper et reporter aux calendes grecques à la grande satisfaction d’un régime qui ne souhaite nullement aller au dialogue de peur d’y laisser quelques plumes. Mais l’homme du 15 mars 2OO5 n’inspire plus confiance depuis belles lurettes. Ceux qui en doutaient encore sont à présent convaincus. Par le passé, il avait montré aux uns et autres qu’il ne savait pas tenir ses promesses, même auprès de ceux qui hier encore l’ont aidé, couvert, soutenu et défendu becs et ongles de ses nombreux manquements et autres dérives.

Pour la première fois, bien que séparément, les partis politiques de l’opposition démocratiques, les groupes de l’opposition dite armée, les associations  humanitaires se sont retrouvés par la force des choses pour revendiquer la même chose, à savoir une véritable et sincère amnistie générale pour tous les acteurs des crises militaro politiques qui ont mis à nue la république centrafricaine depuis quelques années.  En dénonçant ce projet de loi et en réclamant  une amnistie générale, les différents partis et mouvement ont dénoncé en même temps le caractère discriminatoire et exclusive de cette loi,  dont les centrafricains ne veulent plus en entendre parler. A se demander si toutes ces mobilisations ne  risquent t’elles pas de laisser un goût amer pour  le régime à l’élection présidentielle  de 2010 ? Si toutefois, élection présidentielle il y a.

En même temps, ce rejet unanime ne constitue t-il pas également un signal fort adressé à l’endroit des parlementaires qui sont réunis en assemblée extraordinaire et qui disposent de dix-sept jours pour se prononcer  sur cette loi ?  Il appartient à chaque représentant de la nation, à son âme et conscience lorsque celle-ci est en danger et en péril de prendre seul sa responsabilité devant l’histoire et devant le peuple au delà de toute directive partisane. La discipline de vote que le régime en place leur impose à tort et à travers pour cautionner une stratégie qui recèle des germes de division ne saurait justifier leur choix et  ainsi renforcer les ambitions d’un homme, car ils sont d’abord et avant tout les représentants du peuple par lequel ils ont reçu mandat pour parler en son nom et le défendre.

Ne doutons pas un instant que les parlementaires  surtout  ceux de la coalition  majoritaire ont compris ce vers quoi, l’homme du 15 mars 2003 voudrait les entrainer. Ils sauront se mettre pour une fois à l’écoute de la majorité vraie  pour apaiser les tensions déjà existantes et accentués malheureusement  par ce projet de  loi inopportun qui risque d’entrainer tout le pays dans le chaos. A eux d’en tirer les conséquences pour que la population centrafricaine se réconcilie avec elle-même par  le rejet pur et simple de ce projet  rédigé d’une manière unilatérale qui  sème déjà la discorde et la division. Ne devraient-ils pas plutôt proposés la rédaction d’un autre projet de loi plus consensuel qui verrait la participation des différentes entités concernées en n’oubliant jamais qu’il s’agit d’une amnistie  qui est une mesure politique dont la finalité est d’arriver à une société apaisée et pacifiée.

 

Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion