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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 03:43

 




 
En mai 2003, soit trois mois après la prise de pouvoir anticonstitutionnelle de Bozizé, j’appelais dans un document rendu public à Bruxelles et à Paris, les Centrafricains au « Dialogue sans exclusive », comme moyen de mettre un terme définitif aux conflits récurrents qui ont , depuis près de deux décades déjà, mis en lambeaux notre beau et riche pays, la Centrafrique. Dans ce document, j’avais exprimé ma vue sur ce que aurait dû être « une transition démocratique » pouvant mener au retour serein de l’ordre constitutionnel. Malgré la pertinence des idées de ce document, il avait à l’époque provoqué la risée des uns, et des attaques en règles des autres. Un Quotidien ayant pion sur rue à Bangui raillait en ces termes : « Où étais-tu grand-frère… », faisant idiotement référence à mon appartenance au MLPC. Aujourd’hui, chaque Centrafricain n’a que ce vocable d’espoir à la bouche !

 

Le dialogue inclusif, qui n’est autre chose que « le dialogue sans exclusive » dont je parlais en 2003, s’impose désormais à chaque Centrafricain, Bozizé en tête,  comme seule chance de sortie de crise pour notre pays. Pour cela, il a fallu qu’une partie de notre peuple prît sur elle de s’opposer militairement aux dérives dictatoriales et aux menées génocidaires de l’homme du 15 Mars. Si aujourd’hui, Le « libérateur en chef », qui tente par des subterfuges divers de s’attribuer la paternité de l’idée de dialogue, il est fort clair que ce sont les résistances armées qui le lui ont imposé par les armes. N’eussent été les revers militaires cuisants imposés aux FACA par la rébellion, avec occupation effective d’un grand nombre de villes et villages, la caravane de Bozizé eût continué tranquillement son chemin en dépit des aboiements timides et inaudibles  de l’opposition dite « démocratique ». Cette opposition on le sait, brille soit par sa propension à collaborer avec Bozizé soit par son manque cruel d’esprit d’initiative et de sacrifice. C’est donc à ces fils du pays en révolte que nous devons la reculade inattendue de Bozizé sur cette question.

 

« L’homme du 15 Mars », dos au mur, accepte du bout des lèvres le principe du dialogue, mais veut le manipuler et le tourner à son seul avantage, usant des manœuvres dilatoires connues. Des tentatives pour rouler dans la farine les groupés armés par des signatures séparées de paix à la tchadienne ont été opérées. Mais la résistance armée a vite fait de comprendre le dessein caché de Bozizé et son clan de profiteurs et exige carrément une amnistie générale, préalable à la tenue de ce dialogue que tous les Centrafricains appellent de leur vœu. Après avoir longtemps tergiversé, louvoyé, jouant ouvertement et sans vergogne la montre, Bozizé vient enfin de plier l’échine et convoque l’Assemblée Nationale aux fins de l’adoption de la loi d’amnistie ouvrant les portes à la tenue dudit dialogue.

 

Au lieu d’un projet de loi unique d’amnistie générale, comme réclamée par toutes les parties, Bozizé en glissera un deuxième concernant exclusivement tous ceux qui, comme lui, avaient pris des armes contre les institutions républicaines, détruit les infrastructures socioéconomiques et endeuillé une large partie de notre peuple. Bozizé, parfaitement conscient de la gravité des crimes que sa garde prétorienne a commis et continue de commettre dans le Nord, dans le Nord-est et  le Centre-Nord  en général et à Paoua en particulier, a  pris un projet de loi pour absoudre ses criminels conduits de main de fer par Eugène Ngaïkoïssé et au passage s’auto-amnistier alors qu’il est le Chef de l’Etat. En voulant à tout prix cette amnistie pour ces ouailles et pour sa personne, Bozizé admet enfin que des crimes odieux et barbares ont été commis contre des populations civiles  désarmées, des biens ont été volés, pillés et détruits, des femmes ont été violées, les droits humains ont été massivement violés. Et cela par des hommes qui lui sont proches et qui bénéficient en toute circonstance de sa propre protection. Cet aveu de taille, s’il en est,  permettra désormais aux familles des victimes du Nord (Ouest-Est-Centre) de s’organiser afin de saisir comme il se doit la CPI pour que justice leur soit enfin rendue. Les morts et les déplacés de Paoua, de Kaga-Bandoro, de Kabo, de Markounda, de Mbré, de Ndélé, de Birao etc. méritent amplement d’être vengés et que leurs assassins bien connus, soient très  sévèrement punis. Si Bozizé ne le comprend pas en agissant de la sorte et ne veut pas du vrai Dialogue, il n’y pas d’autres moyens de régler le problème de la Centrafrique  que de le traduire, sans tarder, devant la CPI ou de le faire partir par tout moyen. Des preuves pour le moins accablantes sont là, prêtes à être utilisées en cas de besoin. Une abondante suite nécrologique, fruit du forfait odieux de ceux qu’on prétend avoir agi dans le cadre du  « maintien de l’ordre public» est tenue à jour pour y recourir, comme on le dit, en cas de besoin.

 

L’acte posé par Bozizé et qui sera certainement entériné par sa majorité servile et obséquieuse à l’Assemblée n’est ni plus ni moins qu’une vaste rigolade de mauvais aloi dans la mesure où le projet de loi, tel qu’il est rédigé, est un véritable piège à cons qui ne mentionne nulle part les acteurs politiques d’envergure, de l’intérieur comme de l’extérieur comme Patassé, Démafouth et bien d’autres en exil. L’article 2 est à ce point explicite : « Sont concernés par la présente mesure :

 

            - L’Union des forces démocratiques républicaines (UFDR)

            - Le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC)

            - L’Armée populaire pour la restauration de la république (APRD)

 

Cette disposition, sciemment rédigée, vise objectivement à piéger les leaders politiques, comme Patassé dont la tête est mise à prix par Bozizé ; Une fois rentrés à Bangui, rien ne l’empêchera de les cueillir, tels des mangues mûres. Ces deux projets de loi sont une insulte inadmissible à la mémoire de nos morts et sont parfaitement contraires à l’esprit des accords de Libreville. Aucun patriote digne de ce nom ne peut l’accepter. Des actions multiformes doivent être menées par tous les patriotes pour contraindre Bozizé à les retirer et à en rechercher avec toutes les parties une mouture consensuelle. On ne peut compter sur une Assemblée bourrée de myopes serviles pour dire un grand Non à ce complot ourdi par les conseillers-maîtres-à-penser de Bozizé. L’envisager serait faire preuve de naïveté infantile. Seule la souffrance de notre peuple doit nous guider dans la recherche des voies et moyens de le sortir de l’ornière de la misère. Cela doit être perçu par tous !

 

La misère indicible de notre peuple, la risée inacceptable dont notre pays fait systématiquement l’objet sur le plan international, sont autant de raisons pouvant motiver Bozizé à saisir au bond cette opportunité et à œuvrer en synergie  avec les autres patriotes centrafricains pour redonner au peuple la joie et l’espoir. Reprendre notre place et notre honneur dans le concert des nations, demeure pourtant un impératif catégorique. Mais la soif immodérée de pouvoir dont fait montre Bozizé  lui interdit de voir cette réalité. Comment comprendrait-il ces impératifs nationaux quand on sait que sont régime est investi par des flibustiers, descendus en masse de France, d’Amérique et d’ailleurs pour devenir des Ministres, « garde de sceaux », des conseillers d’incompétence administrative et politique aussi criarde ! La Centrafrique est si petite qu’on se connaît ; que l’on me dise pourquoi le gouvernent a brutalement interrompu le contrôle des diplômes lancé au son de tambour afin de débusquer les faux diplômés   de la fonction publique. Cette entreprise démagogique allait se muer en cauchemar  pour les initiateurs. Beaucoup sont sans diplôme ou alors ils l’ont décroché à Château rouge   à Paris ! C’est normal de récompenser les amis qui, à des degrés divers, ont contribué à la réussite du putsch ! Mais c’est au détriment de notre peuple.

 

Le peuple centrafricain veut impérativement un vrai dialogue sans exclusive, inclusif si l’on veut, et rien d’autre. Notre pays n’appartient ni à Bozizé, ni à un Ministre-porte parole et encore moins à un Ministre de Justice pour qu’ils compromettent la chance d’un retour définitif et souhaité de paix dans notre pays. Un peuple même vaincu finit toujours par se redresser et reconquérir ses droits. C’est pourquoi j’invite les maîtres de Bangui à tirer leçon de l’expérience et à saisir que leur régime n’est pas éternel et finira bien un jour par disparaître. Ainsi va le Dialogue selon Saint François. Mboutou Ndou, a dou so ndou !

 

Fait à Paris le 02 Août 2008

 

 

 

Djim-Arem MAÏTART

« La voix qui crie dans le désert »

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion