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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 03:22




Un compatriote qui réside en Allemagne donne son appréciation sur la crise énergétique nationale

 

La seule solution pour la couverture totale de l’électricité dans la ville de Bangui et sur toute l´étendue du territoire national revient  à libéraliser la production de l’électricité

 La problématique de l´énergie en Centrafrique n´est pas seulement liée á l´achat de cette fameuse turbine de Boali 3 mais bien au contraire, il est question d’un manque d’une volonté affichée et un manque de politique de continuation de gestion des affaires publiques en matière énergétique. La société  ENERCA a toujours été très  politisée au point que même si on place le meilleur Directeur Général du monde, ce dernier ne pourra rien faire. Cette société est tribalisée du Ministère en passant par la Direction Générale et le Conseil d´Administration jusqu´au planton et la majorité du personnel a un sentiment de frustration.

 

J´étais conseiller en matière de la nouvelle technologie du feu DG de l´ENERCA Gaston Lékoua de 1996 á l´an 2000.  Je me rappelle que pour pallier au fameux BUG lors du passage á l´an 2000, l´ ENERCA devrait sou s l ´influence massive de la communauté internationale fournir au Comité National á Bangui toutes les informations relatives á l´état des lieux de la production, de la maintenance technique, de la gestion de la comptabilité et les prévisions techniques commerciales pour les années futures. La Direction Générale  avait présenté comme tableau de bord ce qui suit:

·        La production de Boali (1, 2 et même 3) n´est pas du tout  rentable á long terme pour la ville de Bangui parce que le transport du courant entre Boali et Bangui apporte un rendement très faible ou bien en terme technique un cosinus phi très bas tout cela est lié á des pertes thermiques et la vétusté des installations et matériels non adaptés aux environnements depuis les années 50 d´une part et d´autre part la croissance continue de la population de Bangui.

·        Privatisation de la Direction commerciale. C´est á dire la direction commerciale devrait être gérée par des sociétés privées. Ces sociétés vont pouvoir elles-mêmes gérer leurs abonnés. Les activités de la Direction Générale se limiteront seulement á la planification,  á la production et á la distribution de l´électricité. L´ENERCA pourrait alors gérer exceptionnellement  que les abonnés du centre ville de Bangui.

·        Un projet de construction á court terme d´une Mini-Centrale d´une capacité allant jusqu´á 100 MW en amont du fleuve Oubangui vers le quartier Ouango-Bangui.

Ce projet devrait permettre une autonomie en énergie pour la ville de Bangui et pourrait aussi alimenter certaines villes de la République Démocratique du Congo prés de Bangui, c´est á dire les  villes de Zongo et Guéména. La technologie des micros et mini-centrales ont été retenues. Cette nouvelle technologie permets la production d´énergie là ou le fleuve ne tari pas, c´est le cas du fleuve Oubangui. Avec ces nouvelles méthodes de production d´énergie, on pourrait s´en passer de la chute ou bien d´un barrage.

·        Un autre projet de construction d´une deuxième Microcentrale sur le rivière Mpoko, route de Boali pour desservir exclusivement le quartier PK12 avec ses extensions et environnants.

·        La production de Boali (1,2 et 3) á long terme sera destinée pour alimenter les villes de Boali, Bossembele, Bossangoa, Yaloké etc.…Le réseau électrique entre Boali et Bangui seront graduellement détruit dès que les nouvelles mini-centrales seront exploitées.

·        A l´époque l´ENERCA disposait au niveau des banques locales une épargne très importante. Le montant total évalué en 2000 était de 5 milliards de FCFA dispersé dans les 3 banques de la place.

·        Le financement de tous ces projets devrait être  assuré et garanti á 60% par les fonds propres de l´ENERCA.

Au vu de ce qui précède, on peut démontrer que l´achat d´une nouvelle turbine á Boali 3 ne pourra rien changer á la situation de fourniture de l´électricité á Bangui. Et pour cause, la vétusté du système de transport. Si Boali produit 30 MW, l´électricité transporté arrive á Bangui avec une puissance de 20 MW soit un  rendement de 66%, correspondant à une perte de 10 MW pour 100 km. Cette perte se laisse tout simplement expliquer par les équipements  réseaux  électriques très vétustes non adaptés aux climats et aux environnements. Il y a donc un besoin impératif de renouvellement des accessoires, ce qui permettra une optimisation du rendement (les spécialistes parlerons d’une amélioration de l’ordre de 80 á  95% soit un cosinus phi entre 0,8 et  0,95)

Le cout des travaux de réhabilitation du réseau avait été évalué à presque 5 milliards de CFA en 2000. Apres tout rapprochement comptable, on se rend compte que le projet á long terme aura un rendement négatif, les investissements ne pouvant être recouverts totalement.  Aucune Banque financière á Bangui et même voir la Banque mondiale ne pouvaient s´intéresser au financement de ce projet, malgré que le Président du Conseil d´Administration de l´ENERCA á l´époque était le feu Djimarim ancien DG de la banque CBCA.

Plu s loin je voulais revenir sur le projet d´installation des nouvelles centrales sur le fleuve Oubangui. L´avantage de ce projet est lié aux transferts des nouvelles technologies de l´énergie qui ouvrira la porte aux nationaux de gérer, d´exploiter et de maintenir eux-même s l a production sans aide extérieur. C´est en tout cas  ce que les Techniciens Africains sont á la recherche pour le transfert de technologie en Afrique afin de pouvoir  lutter contre le sous développement et la maitrise de la consolidation de l´économie nationale. Cette nouvelle technologie de production d´électricité devrait être vulgarisée sur tout l´étendu du territoire national afin de permettre la production de l´électricité là où se trouve une rivière intarissable. Avec cette installation les travaux de maintenance et les histoires de pièces de rechanges  sont presque réduits au minimum. Tout le projet est axé sur un ouvrage de Génie Civil (3 bassins de stockage d´eau d´une capacité de 1.000.000 mètres cube chacun), l´achat des Micros et mini-centrale, l´achat des Transformateurs et la main d´œuvre local. La durée maximale de la réalisation  étant fixée á  moins de 12 mois et enfin compte tenu de l´absence d´un nouveau réseau électrique entre le site et Bangui, le rendement de l´exploitation étant estimé á 98%. Tous les documents relatifs á ce projet se trouvent á la Direction Générale de l´ENERCA.

 

En Conclusion, si le projet était réalisé en 2002 comme prévu,  aujourd´hui la RCA ne serait pas confronté aux problèmes de fourniture d´électricité. L’absence d´une  politique énergétique structurée adéquate aura toujours un impacte négatif sur la livraison de l’électricité dan s l a ville de Bangui et sur tout l´étendu du territoire. Cela se laisse expliquer par la méconnaissance de la démographie et l´extension des villes urbaines d´une part et d´autre part l´absence d´une planification et d´une prévision ben matière énergétique au niveau de l´ENERCA. La seule solution pour la couverture totale de l’électricité dan s l a ville de Bangui et sur tout l´étendu du territoire national  revient  à libéraliser la production de l’électricité comme on l´avait fait pour les télécommunications.

 

 

Ricko Henri Guinari

Munich en Juillet 2008

 

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