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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 05:03

 

Presque 1850 Jours se sont écoulés depuis la « libération » du 15 Mars 2003.  Monsieur Bozizé a promis le Pérou au peuple centrafricain. Le peuple centrafricain n’avait pas vu le dos du nageur et crut aux promesses à la fois alléchantes et démagogiques. « Il faut juger le maçon au pied du mur » clamait-il. Cinq ans et 4 mois déjà  et le peuple centrafricain est aux portes de l’enfer ! C’est peut-être le moment idéal de faire un bilan. Cela demande un sacré courage de la part des princes aux affaires à Bangui.

 

Les Centrafricains ont été abusés par le Président Bozizé et son clan qui, embouchant la trompette de la démagogie, assuraient qu’ils étaient venus prétendaient-ils, « sauver les Centrafricains du désastre causé par le régime de Patassé ». La critique est facile mais l’art est difficile et ne dirige pas un pays qui veut. Les Centrafricains ont cru et en sont depuis, revenus. Le bilan de Bozizé  se résume à deux points fondamentaux à savoir le chaos économique et social et les violations des droits humains.

 

La Centrafrique touche aujourd’hui le fond. Le K.O économique reflète l’absence totale de programme et de projets économiques pertinents. M. Bozizé on le sait, n’avait en tête qu’une idée : devenir un jour Président de la République et se remplir les poches. Mais il ne se doutait le moins du monde, ce que la charge de Président de la République représentait. Pendant plus de cinq ans, le régime putschiste n’a même pas posé un acte concret visant l’amélioration des conditions de vie des Centrafricains. En cinq ans, le régime a engrangé des milliards qui auraient pu lui permettre de reconstruire ce que sa propre rébellion a détruit et engager la promotion économique ardue du pays. Force est de constater qu’aujourd’hui, les Centrafricains assistent en témoins résignés, sinon à la mort du moins à l’agonie de leur pays. La misère qui les ronge est la pire qu’un peuple puisse vivre et ils n’ont jamais connu de telle. Pourquoi cela ?

 

Les différents gouvernements qui ont été constitués après le 15 mars 2003 n’ont jamais eu de pouvoir réel pour engager des mesures courageuses et salutaires pour « redresser » la situation et mener le pays sur la voie de développement. Tous ces gouvernements, à commencer par celui du patriarche Abel Goumba, n’ont fait que de la figuration, phagocytés par le tsunami vorace du clan et des courtisans obséquieux. Les concours financiers importants que la communauté internationale, notamment ceux de la sous- Région, ont été directement gérés par le cercle restreint de « l’homme fort du 15 mars » en versant avec la plus grande parcimonie et péniblement  les salaires, les pensions et bourses. Tous les Centrafricains honnêtes savent que Bozizé a reçu en si peu de temps des aides financières que Patassé n’avait réussi à obtenir en près de dix ans de pouvoir. Mais ils savent également que, bon an mal an, la vie n’était pas aussi rude. Les salaires étaient versés pratiquement tous les quarante cinq jours en dépit des troubles récurrents, religieusement entretenus par les battus et confondus des élections de 1993 et de 1999. La vie n’était pas facile mais le minimum était néanmoins assuré.

 

Il n’est pas superfétatoire de souligner que la crise énergétique qui plonge actuellement la capitale de la Centrafrique dans les ténèbres, n’est pas le fait du hasard même si le porte-parole du gouvernement tente sans vergogne de justifier sa carence en la matière. Ce fiasco est de la responsabilité exclusive de Bozizé dans la mesure où, depuis le 15 Mars 2003, c’est lui qui contrôle le ministère des mines et de l’énergie par son neveu Sylvain Ndoutingaye interposé. Tous les responsables de l’ENERCA, ont toujours été désignés dans le sérail, parmi les siens. Chacun a encore en mémoire les graves dilapidations ostensibles d’un certain Jean Serges Wafio, alors DG de cette entreprise, qui s’est fait pays frauduleusement 24 mois « d’avance de solde ! » alors que la loi n’en permet que deux. En partant de son poste de DG de l’ENERCA, M. Wafio a-t-il remboursé la totalité des sommes dues à cette Entreprise ? Rien n’est moins sûr. Ensuite c’est le tour de Tozoui, qui n’est autre qu’un compétent technicien de maintenance des installations électriques de Boali, d’être nommé à la tête de l’Entreprise familiale. Ce n’est pas un gestionnaire pour pouvoir anticiper des problèmes de gestion qui peuvent se poser. Les confortables ressources financières de l’ENERCA sont englouties dans des avantages faramineux dont bénéficient les caciques du sérail. Elles sont également dilapidées par des ventes illicites du courant électrique aux particuliers pars les responsables de cette entreprise. Pendant que les appareils respiratoires et générateurs d’oxygène des hôpitaux de Bangui sont arrêtés faute de courant électrique et que le pays tout entier est plongé dans le noir sidéral, le DG en « congé » se la coulait douce dans les hôtels de luxe à  Paris aux frais de la princesse ! Il n’a aucun compte à rendre à qui que ce soit ; ne fait-il pas partie du clan ? L’échec en matière d’approvisionnement en courant électrique et en eau potable ne peut que lui être imputé. C’est l’échec personnel de Bozizé et son clan.

 

Tout ce tableau apocalyptique laisse pantois le peuple centrafricain qui n’a pas bougé à l’instar des autres peuples qui ont vivement manifesté leur colère contre la situation générée par la crise alimentaire et la hausse du prix du pétrole. Un responsable en mission confiait dans ces terribles termes à vous glacer le sang : « Les gens ont peur, même de manifester passivement…ils sont tellement c… ( les « libérateurs ») qu’ils peuvent t’abattre pour la moindre erreur ». Cela en dit long sur ce que les Centrafricains vivent. D’autres se mettent à regretter mezza voce Patassé !

 

Que dire des droits de l’homme? Nous savons et les preuves sont légion, que Bozizé a marché sur des milliers de cadavres pour accéder au pouvoir qu’il convoitait tant. Toutes les zones occupées par la rébellion de Bozizé sont endeuillées jusqu’à présent, les exactions barbares et autres exécutions des populations civiles commises par les mercenaires zagawa et ses rebelles sont par leur durée et leur ampleur plus graves que les dérives qu’on prétend, des Banyamulenge. Ceci ne veut en rien dire que ces derniers doivent pour cela être absouts ; ne pas établir le parallèle entre ces deux barbaries signifierait que les victimes du Nord ne valent pas un clou. Ces crimes étant imprescriptibles, leurs auteurs seront tôt ou tard traduits devant les tribunaux pour être jugés. Les rébellions qui ont surgi un peu partout sont à verser dans l’escarcelle de Bozizé à cause de l’oppression qu’il a érigée en méthode de gouvernement. Une fois de plus, la responsabilité de Bozizé est entièrement engagée. Cela est tellement clair qu’il est difficile de comprendre que beaucoup de compatriotes continuent de parler des  responsabilités de « l’ancien régime » au lieu de dénoncer la faillite actuelle de Bozizé qui a réussi à détruire le pays en cinq ans. C’est plus que la mandature du Président des Etas Unis.

 

Djim-Arem MAÏTART

 

« La voix qui crie dans le désert »

 

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