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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 03:49



 



                                                           Le neveu et tout puissant ministre d'Etat Ndoutingaï


Depuis son coup d’Etat du 15 mars 2003, Bozizé a déclaré être venu pour « libérer » les Centrafricains des méfaits et de la mauvaise gestion du président Ange Félix Patassé et de son parti le MLPC. Certains naïfs avaient applaudi des deux mains. Bozizé avait promis le Pérou aux Centrafricains. Aujourd’hui, un peu plus de cinq ans après, c’est la grande désillusion, le désenchantement. La faillite est totale, à telle enseigne que le courant électrique et l’eau courante manquent à présent cruellement à la ville de Bangui. Cela vient ajouter des difficultés supplémentaires à la détresse déjà indescriptible des banguissois. Du jamais vu ! Même au plus fort moment des mutineries de 1996, des rébellions et nombreuses tentatives de coup d’Etat de Kolingba et du même Bozizé, ni le courant électrique, ni l’eau, ni le téléphone, n’ont connu d’interruption.

 

Or depuis le triomphe de la  prétendue « libération » à la Bozizé, c’est son neveu, le tristement célèbre et indéboulonnable Sylvain Ndoutingaï qui règne à la tête du département des mines et de l’hydraulique jusqu’à ce jour. Dès le lendemain de la pseudo « libération », une cascade de nominations selon des critères non pas de compétence mais essentiellement tribalistes voir claniques, a plombé l’organigramme de l’ENERCA et de la SODECA, deux entreprises pourtant en position de monopole pour la production et la commercialisation du courant électrique et l’eau potable.

 

Les Centrafricains ont encore en mémoire, les turpitudes et la voracité financière d’un certain Jean Serges Wafio que Bozizé avait choisi de placer un moment à la direction générale de l’ENERCA avec les conséquences que l’on sait. Wafio a fini par partir de là, malgré lui mais d’autres Wafio sont toujours là. L’organigramme de l’ENERCA pullulent de noms en Féi…, Fio…, Ngai…, Zoui…etc…, des individus pas toujours à la hauteur des postes qu’ils occupent, se plaignent les banguissois.

 

Pendant ce temps et devant l’ampleur du sinistre du courant électrique qui empêche aussi la fourniture de l’eau, le neveu ministre d’Etat de Bozizé, Sylvain Ndoutingaï, se mure dans un silence assourdissant et imperturbablement,  ouvre et clôture un atelier de validation du rapport sur l’alimentation en eau potable. La directrice générale par intérim de l’ENERCA, une certain Kofio Elisabeth, trouve comme seule explication à la longue panne de fourniture du courant, la vétusté des machines de Boali et Bangui.  Pour divertir les banguissois, on procède à l’arrestation de quelques prétendus coupables de sabotage, qui ne sont en fait que des parents de Bozizé à qui on aurait remis de l’argent pour acquérir des pièces de rechange des machines de l’ENERCA mais qui auraient commis de malversations financières.  

 

Les graves difficultés actuelles de fourniture du courant électrique et d’eau potable à la ville de Bangui sont la preuve de l’échec et de l’incapacité structurelle de Bozizé et son clan familial  de gérer un pays comme la République centrafricaine. Vouloir le pouvoir est une chose. Gérer un pays pour le bien-être de ses fils en est une autre. Bozizé n’avait, n’a et n’aura en réalité aucun projet noble pour le développement de ce pays. Il n’était mu que par une insatiable envie d’accéder au fauteuil présidentiel pour son enrichissement personnel. A présent qu’il y est, son seul souci est de s’en mettre plein le portefeuille et les comptes bancaires qu’il a ouverts ici et là en Europe, notamment en Suisse, et qu’il a bien garnis.

 

Que les banguissois soient durablement dans l’obscurité, ce n’est point son problème ni celui de Ndoutingaï. C’est le pauvre premier ministre Touadéra qui se voit obligé de lancer des appels pathétiques à la communauté internationale pour la fourniture en urgence de groupe électrogènes de grande capacité. Aucun Centrafricain n’est aujourd’hui dupe des discours démagogiques de Bozizé. Ils ont été un temps, abusés mais les voilà maintenant avisés. Son masque de « libérateur » est définitivement tombé pour laisser apparaître son vrai visage.

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Centrafrique-Presse.com - dans Editorial