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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 02:26




 

Source: La Fondation Reuters

Par Joe Bavier

OBO, République centrafricaine, 8 Juillet (Reuters) - Enlevés, volés et violés cette année par des raids rebelles ougandais, Henriette et d'autres villageois à distance dans ce coin du sud-est de République centrafricaine vivent dans la peur quotidienne que leurs agresseurs vont revenir.


En Février et Mars, plusieurs centaines de combattants du groupe rebelle de l'Ouganda l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), ont pénétré en République centrafricaine depuis leur base de la forêt du nord de la République démocratique du Congo, ont pillé des maisons et enlevé de civils.


La violente incursion de la LRA dans un des pays les plus inaccessibles a suscité les craintes d'ouverture d'un nouveau front dans  l’enchevêtrement de conflits impliquant le Soudan, le Congo et l'Ouganda, dont les frontières convergent au cœur de l'Afrique.

 
Les fonctionnaires de l'ONU ont admis le mois dernier tout en le craignant, que l’éventualité d’une offensive militaire conjointe des pays voisins contre la LRA comme possible stratégie si les rebelles ne se résolvent pas à la paix, pourrait les pousser à entrer en République centrafricaine.


"Le vaste sud-est a une très faible densité de population, avec une absence quasi-totale des autorités de l'Etat," a déclaré Toby Lanzer, coordonnateur humanitaire des Nations unies en République centrafricaine.


"S'il y avait des opérations militaires contre la LRA, il est fort probable qu'ils chercheraient refuge dans ce pays», a-t-il dit à Reuters.


Les combattants de la LRA, qui ont mené une des plus longues guérilla de l'Afrique contre le gouvernement de Kampala, ont enlevé environ 150 personnes en 10 jours de raid en Février-Mars entre Obo et Bambouti en République centrafricaine, pauvre ancienne colonie française.

 
Parmi les prisonniers, les hommes ont été contraints de transporter les biens pillés, mais la plupart étaient des femmes et des enfants qui, selon les fonctionnaires de l'ONU, ont été pris pour être utilisés comme esclaves sexuels et enfants soldats.

 
«Ils nous ont poussé hors de la maison et nous ont attaché une corde autour de la taille, il y avait déjà d'autres jointes à une ligne», a déclaré Henriette, 28 ans, dont le nom a été changé pour sa protection.


Elle a dit à Reuters que, dans Obo les assaillants de la LRA ont aussi enlevé sa fille de 14 ans. Après avoir marché toute la nuit à travers la brousse, le lendemain, les rebelles et leurs prisonniers transportant le butin pillé des maisons, se sont finalement arrêtés.


"C'est à ce moment que les viols ont commencé», dit Henriette. "Je pouvais entendre les femmes pleurer et crier tout autour ... toute la nuit. Un rebelle finit, se repose, puis revient. Ils y sont tous passés ... je ne sais pas combien  m'ont violé."

 

Véritable offensive

 
Apparue le lendemain avec sa fille et une douzaine d'autres, elle est revenue dans son village en République centrafricaine, mais est maintenant enceinte de quatre mois et attend les résultats d'un test de dépistage du VIH.


Les perspectives d'une véritable offensive militaire contre la LRA ont augmenté depuis l'échec de pourparlers pour mettre fin à deux décennies de rébellion. En avril, le chef de la LRA, l'auto-proclamé et mystique Joseph Kony, n'a pas réussi à prendre part à la signature d’un accord de paix.

 
Toutefois pour l'insaisissable Kony qui est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, un espoir de négociations existe de nouveau quand au début de ce mois, il a dit à l’émissaire des Nations unies Joachim Chissano, qu’il veut une autre réunion de paix.

Toby Lanzer a dit que si la LRA envahi ou est contrainte par la force militaire en République centrafricaine, la petite armée de ce pays serait mal préparée pour faire face à la menace.

Au moment de l’attaque de la LRA, l'armée de la République centrafricaine n'a pas eu un seul soldat posté dans le Sud-Est isolé.


Environ 100  éléments paramilitaires et de police ont été envoyés pour renforcer la sécurité dans la zone frontalière d’Obo.


Cela est trop peu pour rassurer Henriette qui dit qu'elle a des cauchemars la nuit sur les maraudeurs qui reviennent. "Le matin, je parle avec mes voisins, et ils ont tous le même cauchemar», a-t-elle dit.

 

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