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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 23:37



 

KHARTOUM (AFP) - mardi 01 juillet 2008 - 18h26 - Le géant pétrolier français Total a repris pied au Soudan en s'apprêtant à engager après 20 ans de gel l'exploration d'une zone au sud du pays aussi vaste que la moitié du Royaume-Uni.

 

"Ils ont maintenant monté une base et y déploient des équipements", a déclaré le ministre de l'Energie du sud-Soudan, John Luk, tablant sur un lancement des opérations en novembre.

Le directeur des relations extérieures exploration-production de Total, Jean-François Lassalle, a confirmé qu'une "base était installée" à Bor, à 100 km au sud de Khartoum. Mais pour le responsable de Total, "la sécurité et le bouclage du nouveau consortium doivent être encore réglés"

 

Le meilleur scénario est celui d'un lancement des opérations avant la fin 2008, et de grandes découvertes dans les années à venir. "Nous allons chasser l'éléphant au Soudan, pas les moustiques", a-t-il dit. Total, quatrième compagnie pétrolière mondiale, est la seule "major" occidentale à s'impliquer dans ce pays frappé de sanctions internationales.

 

La multinationale française avait obtenu en 1980 un contrat d'exploration d'un bloc de 118.000 km2, dans la région de Jongleï. L'activité, qui s'était bornée à des travaux sismiques, avait été suspendue en 1984 en raison de la guerre civile de 20 ans entre le Nord et le Sud qui s'acheva par un accord de paix (CPA) de janvier 2005.

 

Une commission nationale pétrolière formée par le régime de Khartoum et les ex-rebelles du sud a confirmé il y un an Total dans ses droits, recadrés dans un contrat de 25 ans assorti d'obligations de développement durable. Si la situation s'est apaisée, non sans tensions, entre le Nord, surtout musulman, et le Sud, chrétien et animiste, la guerre civile au Darfour, à l'ouest, depuis 2003, complique désormais la donne pour Total.

 

Placé par Washington dans sa liste de pays soutenant le terrorisme, le Soudan, qui hébergea Oussama Ben Laden, est aussi sanctionné par la communauté internationale et fustigé par les opinions occidentales. Les pionniers occidentaux, comme Exxon ou Shell, ont déserté en 1990 le Soudan où la compagnie chinoise publique CNPC s'est taillé la part du lion, suivie par la malaisienne Petronas ou l'indienne ONGC.

 

Quatrième producteur africain, le Soudan produit aujourd'hui 500.000 barils par jour, dont 400.000 sont exportés, à 80% vers la Chine. Aux côtés de Total figurait une société américaine, Marathon. Elle a du se retirer en application du boycottage décrété par Washington. Dans la configuration prévue, Total conservera 32,5%, la société koweïtienne Kulpec aura 27,5% (+ 2,5%), la compagnie nationale soudanaise Sudapet 10%, une entité sud-soudanaise à créer, Nilepet, devant avoir 10%.

 

Restent 20% pour un partenaire qui devrait être la compagnie Mubadala Development, société d'investissement du gouvernement d'Abou Dhabi, selon des sources proches du dossier. Pour M. Luk, la saison des pluies entrave toute opération dans le sud. "Une fois l'argent réuni, cela prendra encore quelque mois. Après octobre, ils (Total) commenceront à bouger", a-t-il pronostiqué.
 

Débutera alors une autre épreuve, celles des fonds de pensions américain qui, en vertu du "Sudan Divestment act" adopté par le Congrès fin 2007, pourraient vendre leurs intérêts dans Total, avec un effet négatif sur le cours de l'action. "C'est un souci et nous le traitons dans la transparence" a assuré M. Lassalle.


Pour désamorcer les critiques, Total, déjà sur la sellette pour ses opérations en Birmanie, a ouvert un dialogue avec les ONG internationales, en particulier l'active Sudan Desinvest Task Force (SDTF).

"Notre présence doit clairement bénéficier aux populations du Sud Soudan en contribuant à la pacification, au développement, aux droits de l'homme et à la démocratie", a affirmé M. Lassalle.

Selon lui des engagements ont été pris, ce qu'admet SDTF qui n'a pas classé le groupe français dans sa liste des compagnies "hautement coupables" à boycotter, y compris par les fonds de pension.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie