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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 22:44

 

JOHANNESBURG (AFP) - lundi 30 juin 2008 - 17h05 - Un club des indéboulonnables dirigeants africains, arrivés au pouvoir militairement ou après des élections truquées, devraient serrer les rangs autour de leur homologue zimbabwéen Robert Mugabe à l'occasion du sommet de l'Union africaine (UA) en Egypte. "En Afrique, il y a eu des élections conduites dans de bien pires conditions. Ces présidents dirigent toujours leur pays, et nous ne nous en sommes jamais mêlés", avait lancé avec défi Robert Mugabe, en annonçant qu'il irait à Charm-el-Cheikh.

 

Elections truquées, opposition réprimée, médias muselés, changement de la Constitution en leur faveur: plusieurs dirigeants africains n'ont rien à apprendre de M. Mugabe, âgé de 84 ans et au pouvoir depuis 1980. Certains dirigeants africains ne se sont même jamais livrés au verdict des urnes. Le colonel Mouammar Kadhafi, qui dirige la Libye depuis 39 ans, estime tout simplement que la démocratie n'a rien à voir avec les élections. Théoriquement, son régime est un "Etat des masses" gouverné par des comités populaires. Dans les faits, c'est lui, le "Guide de la révolution", qui détient tout le pouvoir.

 

Le roi Mswati III dirige aussi d'une main de fer le Swaziland, dernière monarchie absolue du continent, où les partis politiques sont tout bonnement interdits. A la tête de l'Angola depuis 29 ans, le président Jose Eduardo dos Santos a affronté une seule fois les électeurs, en 2002, mais le processus n'a pas été mené à terme, en raison du retrait de son rival entre les deux tours et de la reprise de la guerre civile.

 

Ailleurs, les scores des élections laissent peu de doute sur la légitimité des scrutins: le Gabonais Omar Bongo (doyen des chefs d'Etat africains avec 41 ans au pouvoir) a recueilli 79,15% des suffrages lors d'un scrutin en 2005; le Soudanais Omar el-Béchir (arrivé au pouvoir lors d'un coup d'Etat sanglant il y a 19 ans) 89,5% en 2000; l'Egyptien Hosni Moubarak (27 ans à la présidence) 90% en 2002; le Tunisien Zine El Abidine Ben Ali (qui a écarté son prédécesseur pour "sénilité" il y a 21 ans) 94,48% en 2004.

 

Encore plus fort: le général-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis un coup d'Etat contre son oncle en 1979, a remporté en 2002 96% des voix dès le premier tour. Pour rester aux commandes, ces chefs d'Etat ont souvent amendé leur Constitution pour supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels, à l'instar de Blaise Compaoré, au pouvoir au Burkina Faso depuis 21 ans.

 

Autre élément clé du maintien au pouvoir: des médias muselés. L'Erythrée de Issaias Afeworki (au pouvoir depuis 15 ans) est ainsi au dernier rang du classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières (RSF). La répression des opposants est également de rigueur. Le président de l'Ouganda, Yoweri Museveni (au pouvoir depuis 22 ans), a fait arrêter avant les élections de 2006 le leader de l'opposition, Kizza Besigye. En 2005, son voisin Meles Zenawi, qui dirige l'Ethiopie depuis 17 ans, a été plus loin en arrêtant toute la direction du parti d'opposition.

 

En Guinée, le régime de Lansana Conté (président depuis 24 ans) réprime toute forme de contestation. Début 2007, les forces de l'ordre ont tué 186 personnes lors de manifestations contre la hausse du coût de la vie. Certains leaders jouent le jeu jusqu'au scrutin mais se montrent plus ambigus au moment du dépouillement. Ainsi le président kenyan Mwai Kibaki, au pouvoir depuis 2002, avait bonne réputation jusqu'aux élections de décembre. L'opposition l'a accusé d'avoir trafiqué les résultats et le pays s'est enflammé jusqu'à la constitution d'un gouvernement d'union avec son rival Raila Odinga.

 

Dernier ingrédient: assurer ses arrières en cas de départ forcé. Paul Biya, 75 ans, qui dirige le Cameroun depuis 1975, a fait réviser la Constitution en 2008 pour s'octroyer l'immunité à vie.

 

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