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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 18:28

 

 

vendredi 20 juin 2008.

 

La guerre des communiqués reprend ses droits au Tchad. Le trouble est jeté sur la réalité des rapports de force, dans un regain de violence tel qu’il annonce des jours incertains. Comme à l’accoutumée, la bataille des chiffres, où chaque camp fait valoir qu’il a le contrôle de la situation, est relancée.

 

Mais au-delà de la campagne de désinformation menée par chaque partie pour démonter psychologiquement l’autre, la réalité est là, têtue : Idriss Déby mesure sa solitude face au péril qui rampe tout droit vers la présidence. Au demeurant, il en a manifesté l’impression, voire la peur, en déclarant qu’il était temps pour l’armée tchadienne de compter sur ses propres forces. La France ne rééditera-t-elle pas le scénario de février dernier ? Restera-t-elle, cette fois, les bras croisés alors que la rébellion est déterminée à maintenir sa progression vers le Palais rose ?

 

Si telle est effectivement son intention de ne plus voler au secours du fauteuil vacillant de Déby qui a, jusque-là, su rester équilibré, sa chute n’en serait donc que plus probable. A moins que le président tchadien sache parer à cette éventualité malheureuse ou heureuse, c’est selon, en réadaptant sa politique dans le sens d’une meilleure gouvernance, en ouvrant les vannes de la démocratie notamment. Reste à savoir si un fléchissement de Déby n’intervient pas assez tard, les rebelles s’étant juré de le déloger du Palais par tous les moyens.

 

Face à un régime aussi impopulaire que menacé, que sont-ils allés chercher ces opposants dans le gouvernement tchadien, eux qui n’ont même pas attendu que soit fait le deuil de leur ex-compagnon de lutte probablement mort, Ibni Oumar Mahamat Saleh, avant de s’asseoir à la table du seigneur Déby ? Ils pourraient un jour s’en mordre les doigts. Quant au Soudan, il n’a toujours pas quitté le banc des accusés du prétoire tchadien. Un banc sur lequel bien des Tchadiens voudraient bien voir leur président assis, pour dire sa part de responsabilité dans la crise. Interne et externe, cette crise l’est assurément. Une crise dont le dénouement est, à l’analyse, suspendu au départ d’un des deux ennemis intimes.

 

Cheick Beldh’or SIGUE

 

Le Pays

 

Vendredi 20 juin 2008

                 Communiqué de l'Alliance Nationale (AN)

                              N° 011/AN/BL/08

 

Les combats d'Am Zoer du 18 Juin 2008 ont été  l'une des  plus grandes batailles qu'enregistre le conflit inter tchadien.
Cette bataille par son intensité et sa violence constitue en soit une leçon que l'Alliance Nationale adresse à Idriss Deby. La communauté internationale est prise à témoin.

En effet l'armée de l'opposition est capable de défier les troupes gouvernementales en tout lieu et en tout temps.


Contrairement aux allégations mensongères que Idriss Deby et ses lieutenants ont balancés à travers les médias pour tenter de redorer leur blason et donner l'impression qu'ils ont encore le moral et qu'ils sont en position de force, la localité d'Am Zoer fut une hécatombe pour les troupes gouvernementales.

Nous nous refusons d'entrer dans le jeu macabre d'Idriss Deby et publier de chiffres de morts enregistrés dans les rangs de l'ennemi. Il s'agit pour nous des frères tchadiens  abusés par un pouvoir assoiffé de sang.


Nous osons croire que cette leçon sera retenue par le camp d'en face qui doit cesser ses fanfaronnades en regardant la réalité en face. La supériorité sur le plan militaire appartient à l'opposition armée. Elle dispose non seulement d'une détermination sans faille mais également d'une force de frappe qui lui permet  d'atteindre les positions de l'ennemi en tout temps et en tout lieu.

En dépit de cet avantage l'Alliance Nationale est disposée à s'asseoir autour d'une table ronde pour un dialogue inclusif au cours duquel tous les problèmes réels qui se posent au peuple tchadien seront débattus en vue d'une solution globale juste et durable. Ce qui permettra au peuple tchadien de renouer enfin  avec la paix, la sécurité et la quiétude.

En effet,  il s'agit pour l'AN de créer les conditions objectives favorables à l'événement d'un Etat de droits garant des libertés fondamentales et du multipartisme politique.

 

L'Alliance Nationale est convaincue que seule une démocratie réelle peut assurer une alternance du pouvoir pacifiquement et garantir au peuple tchadien la justice sociale et l'équité.

 

 

 Fait à Djimézé Hamra le 20 juin 2008

                                                         

Le Porte parole

Dr Ali Gaddaye

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