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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 23:30

La Lettre du Continent n° 543 du 19 juin 2008

 

 

Paul Mathieu, toujours "stra­tège" à Bangui.

 

Cet économiste belge, qui a longtemps travaillé à la Commission  européenne et qui est aujourd’hui passé de l’autre côté du miroir comme DG du Converge for Africa Fund (Luxembourg), a toujours gardé un œil « stratégique » sur la Centrafrique. Dans un mémorandum sur ce pays diffusé à un nombre restreint de personnalités te 18 mai, Paul Mathieu vante notamment le dispositif de lutte contre la contrebande, d'abord de sucre puis d1autres produits, mis en place par Armand Iannarelli (un ancien légionnaire du 47e RIC) qui travaille en Centrafrique pour le groupe Castel. Iannarelli est ainsi devenu - aussi - le conseiller spécial du directeur général des douanes…Paul Mathieu a mis en relation, le 13 mai  au, Novotel de la Défense, à Paris, Armand Iannarelli  avec Marc R. De Vore, un ana­lyste proche du Pentagone. (Washington s'intéresse à un projet de base à Bouar). L’idée est de proposer au président François Bozizé la création d’un Conseil national de sécurité (CNS) chapeauté par l’équipe De Vore/Iannarelli et financé par de nouveaux investisseurs miniers tels que le groupe diamantaire Centreville (déjà très actif en Namibie) et le groupe Sagaspe (Pays Basque), spécialiste du bois. A suivre ....

 

 

Hilaire Moko Congo Brazzaville

 

Directeur de la sécurité présidentielle pendant dix ans (1997- 2007), ce neveu du président Denis Sassou Nguesso, 55 ans, général de marine, vient d’être nommé commandant de la Force multinationale en Centrafrique (Fomuc) créée en 2002 par les Etats de la Cemac et chargée" de la sécurité du président centrafricain, de la restructuration de l'année et de la surveillance de la frontière avec le Tchad. Hilaire Moko succède au général gabonais-Roger-Auguste Bibaye Itandas, qui occupait ce poste depuis septembre 2004. En concurrence avec un autre neveu du président Sassou, le conseiller spécial Jean-Dominique Okemba, le général Moko se voit éloigné du palais présidentiel de Mpila où il était toujours actif dans le renseignement ...

 

 

TCHAD / France

 

Les illusions perdues de l'Eufor

 

Un mois après le raid sur Khartoum des rebelles du Darfour soutenus par Idriss Déby (et surtout, par son frère aîné Daouda), le général Omar el-Béchir rend la monnaie de sa pièce au président tchadien: le jeudi 13 juin, deux hélicoptères (sur trois) pré-positionnés à Abéché ont été touchés par la DCA des insurgés tchadiens armés par le Soudan. Un MI-17 s'est écrasé sur le lieu d'accrochage alors qu'un MI-24, également atteint, a pu limiter les dégâts en regagnant la capitale de l'Est pour un atterrissage d'extrême urgence. Le MI-24 est en cours de réparation, mais deux des quatre hélicoptères basés à N'Djamena ont dû être dépêchés sur le front del'Est où la guerre a repris, moins de cinq mois après la dernière bataille aux portes du palais présidentiel.

 

La relève d'Eufor par l'ONU en pointillé.

 

Avant même la reprise des combats, la sécurité dans et autour des camps des 220000 réfugiés et des 180000 déplacés "n'a jamais été aussi mauvaise", selon le HCR à Abéché. A Goz Beida, les humanitaires, théoriquement sous la protection de l'Eufor, se font piller par les insurgés qui transforment leurs 4x4 en véhicules de combats. A la place des ONG dans l'incapacité de prodiguer leurs aides, les militaires européens vont-ils nourrir et soigner les civils chassés de leur foyer par la guerre ? Pour une opération d'un coût estimé à 800 millions d'euros, c'est déjà décevant Si l'Eufor trébuche, l'opération de relève par l'ONU tombe ... A la mi-mars 2009, la Minurcat (Mission des Nations unies en Centrafrique et au Tchad) devait pérenniser l'œuvre de stabilisation. Victor Angelo, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, préparait une future "opération de paix d'un type nouveau" composée de militaires, de gendarmes et de policiers internationaux. Au total, quelque 4 500 hommes, tous coiffés de casques ou de bérets bleus. Au propre comme au figuré, l'Europe devait allonger la piste d'Abéché pour que l'ONU puisse se poser. C'était (l'intérêt stratégique de la France qui, à terme, cherche à "s'exfiltrer" du guêpier post colonial dans lequel elle est empêtrée depuis quarante ans. Or, à présent comment monter une opération de maintien de la paix dans un pays en guerre? Où trouver des pays prêts à envoyer un contingent ?

 

Idriss Déby « bunkerisé »

  

Le chef de l'Etat tchadien se rend bien compte que « l'aide à la stabilisation" apportée par la France l'a plutôt affaibli. Il se trouve placé sous te regard de la communauté internationale sur les champs de bataille à l'Est comme dans sa capitale où, depuis l’alerte chaude en février, il s'est « bunkerisé » à l'abri de tranchées gardées par des chars T-55. Il vient de perdre sa supériorité aérienne, pourtant chèrement acquise à coups de primes de 5000 $ par décollage et de 1000 $ par tir effectué que perçoivent ses pilotes d'hélicoptère, des « contractuels » ukrainiens et mexicains. Et qui lui garantit que Khartoum ne finira pas par équiper ses adversaires de missiles sol-air ? Jusqu'à présent, par crainte de provoquer un casus belli avec la France, le Soudan s'en était abstenu. Mais des armes françaises livrées au Tchad, ont été retrouvées à Omdurman où s'est achevée la folle équipée des hommes de Khalil Ibrahim, le « frère de lait » de Daoussa Déby. Depuis, Paris a été sommé par les rebelles de ne plus envoyer les chasseurs de l’opération Epervier pour "tracer" les colonnes rebelles en route vers N'Djamena ...

 

L’opposition légale « atomisée »

 

Toute démocratisation du régime, même de façade, est compromise par la guerre dans l'Est y compris dans l'hypothèse où celle-ci ne "gagnerait" pas la capitale. L'opposition légale, signataire de l'accord du13 août 2007 en vue d'élections législatives ­propres en 2009, est divisée et menacée de mort. En enjambant le cadavre d’lbni Oumar Saleh, quatre leaders de la CDPC (Coalition des partis politiques pour la défense de la Constitution) ont rejoint le gouvernement de Youssouf Saleh Abbas. Les autres, après avoir désigné Saleh Kebzabo comme « porte parole adjoint » de leur défunt camarade, craignent pour leur vie. Ils ont coupé tout contact tant avec les rebelles qu'avec Idriss Déby …

 


Général Wadal Abdelkader Kamougué

 

Le ministre de la défense en titre vient de prendre toute la mesure de son impuissance. Dès le premier coup de feu tiré à l’Est, la « salle des opérations » installée dans une annexe de la présidence, a repris le contrôle total de l’armée tchadienne, qui est en fait une armée mexicaine des « parents » d’Idriss Déby. Ce dernier dirige lui-même les combats, une main plongée dans une cantine de billets, l’autre dans une mallette d’étoiles. De la sorte, le nombre des généraux au sein des forces armées nationales du Tchad (FANT) est passé de 70, il y a trois ans, à plus de 300 aujourd’hui…Or, quand le président s’est porté sur le front, à Abéché, il n’a même pas emmené le général Wadal Abdelkader Kamougué. Celui-ci a alors coupé ses portables, pour au moins faire semblant d’y être…

 

 


La Lettre du Continent n° 543 du 19 juin 2008

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