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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 01:13


(Fraternite-Matin 18/06/2008)

 

Le président en exercice de la Cen-Sad, le guide de la révolution de la Jamahiriya arabe libyenne, Mouammar Kadhafi, a demandé, mardi, à Cotonou (Bénin), «la suppression des organisations régionales». C’était à l’ouverture de la 10e session ordinaire de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD). Ce 10e anniversaire qui avait pour thème: «Développement rural et sécurité alimentaire dans l’espace Cen-Sad» s’est déroulé le 17 juin, au palais des congrès de Cotonou. «L’existence de ces communautés régionales est un obstacle à l’intégration africaine et cela risque de créer des guerres de régions et de frontières. L’Afrique ne sera jamais unie tant que l’on parlera de communauté régionale. C’est un échec, il n’y a pas d’union régionale». Et pour preuve, il estime que sur 8 organisations, seules deux semblent crédibles: la Cedeao et la Sadec. Mais là, ce n’est qu’un leurre puisque ces regroupements sont faits autour des pays puissants tels le Nigeria (Cedeao) et l’Afrique du Sud (Sadec) qui en sont les principaux bénéficiaires.

La Cemac «n’existe que de nom» tout comme l’Union du Maghreb Arabe qu’il préside lui-même. «L’animosité» existe entre certains Etats, d’où «les tentatives de division et de marginalisation de l’Afrique», qu’il dénonce. Cette déclaration, très argumentée, a été applaudie par l’assemblée notamment par la dizaine de chefs d’Etat présents. Dans ce que l’on pourrait considérer comme un procès de l’Union africaine, le guide libyen estime que «l’échec» de l’Organisation de l’unité africaine est dû au fait que «l’Afrique n’avait pas de gouvernement pour exécuter les décisions prises par les chefs d’Etat depuis 1963».

 

Et de déplorer que la même situation perdure aujourd’hui sous l’Union africaine. Or, a-t-il dit, «l’idée de 1963 était de créer un gouvernement et non un nom d’unité africaine. Et si cela avait été fait, l’Afrique serait aujourd’hui développée comme les Etats-Unis». Aussi, se dit-il surpris que des gens ne puissent pas comprendre son projet alors qu’il semble évident. L’explication qu’il en donne, c’est que des Etats ou chefs d’Etat sont soit «des ignorants», soit «des traîtres» ou alors feignent d’ignorer la réalité pour la simple raison qu’ils travaillent pour l’expansion des produits des occidentaux, des colonisateurs ou sont opposés à l’intégration africaine. «Le gouvernement de l’union est une urgence, mais les Etats- Unis d’Afrique, c’est pour plus tard (…) Pourquoi les conventions de Lagos et d’Abuja n’ont-elles pas été appliquées et qui a été chargé de les appliquer? Elles sont restées lettre morte car il n’existe pas de gouvernement pour les appliquer», a-t-il déclaré.


Avant que le président sortant de la Cen-Sad n’ouvre les travaux, il est revenu au président du pays hôte, le Béninois Yayi Boni Thomas, à qui il a d’ailleurs passé le flambeau, de souhaiter la bienvenue à ses invités. Il a surtout rendu hommage au guide libyen et à ses homologues pour le travail abattu depuis 10 ans. «Grâce à la clairvoyance et à la volonté des leaders et chefs d’Etat, la communauté s’est transformée en un instrument efficace pour accélérer la mise en œuvre de l’intégration africaine». Conséquence, elle est passée de 8 Etats en 1998, à sa création, à 25 et compte parmi les 8 communautés économiques régionales. Autres critères qui font sa force, a-t-il ajouté, c’est que «la Cen-Sad constitue un bloc important en Afrique. Elle représente, en effet, 45% de la superficie de l’Afrique, 48% de la population du continent et 44 % du produit intérieur brut».






Le secrétaire général de la Cen-Sad, Mohamed Al Madani, et le président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, ont salué la collaboration qui existe entre leurs institutions ainsi qu’avec les autres structures régionales et internationales et se sont inquiétés de la persistance de tensions entres pays voisins. Mohamed Al Madani a surtout dénoncé toutes les formes de violences sur le continent comme moyen d’expression et a recommandé le dialogue.

Trois nouveaux pays y ont fait leur entrée lors de ce sommet avec l’accord unanime de tous les chefs d’Etat. Il s’agit de la Mauritanie et de Sao-Tomé et Principe, représentés par leurs présidents, et du Kenya, représenté par son vice-président.



Paulin N. Zobo



Envoyé spécial à Cotonou

© Copyright Fraternite-Matin

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