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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 05:35

Par Olivier BOBY

 

 

Après moult agitation de l'opinion publique nationale et internationale, de la classe politique, ainsi que de la société civile, le peuple centrafricain fait enfin marche vers le dialogue politique inclusif tant attendu.

Mais oserions- nous vraiment ajouter inclusif ? Malgré les efforts déployés par le comité préparatoire dudit dialogue par leur déplacement , en Libye, au Gabon, au Togo et en France pour rencontrer ceux que l'homme fort du 15 mars et ces nervis considèrent comme les parias, le peuple doit en principe se réjouir et dire qu'enfin le chemin de la paix est en train de se débroussailler.

Mais vu l'ostracisme dont fait montre le régime de Bangui et la nomination de Monsieur Cyriaque GONDA comme coordinateur du comité d’organisation de ce dialogue politique nous ne pouvons nous réjouir aussitôt mais émettre un wait and see.

 

La phase la plus importante de ce pourparler demeure l'issue de la rencontre de Libreville pour la signature de l'accord global de la paix entre les sbires du khalife de Bangui et tout les leaders des mouvements rebelles qui sévi en Centrafrique sous la houlette du Président Gabonais, Son Excellence El hadji OMAR BONGO. Nous espérons qu’à l’issue de cette rencontre la loi d’amnistie générale sera promulguée pour permettre à tous les filles et fils de Centrafrique d’avoir la liberté de rentrer chez eux comme ils le veulent et qu’une décision consensuelle sera prise pour indiquer le lieu de la tenue prochaine du dialogue politique inclusif.

 

Afin de rassurer tous les participants, de préserver un climat de sérénité dans les échanges et par mesure de sécurité pour tous, le dialogue doit se tenir à l’extérieur du territoire national dans un pays qui n’est pas impliqué dans le conflit centrafricain. Bangui n’est pas en situation d’accueillir ce forum car les conditions sécuritaires ne sont pas réunies.

 

Mais le grand oublié de ce pourparler reste la jeunesse, une catégorie qui n'est pas prise en compte lors de la mise en place du comité préparatoire du dialogue politique inclusif ni dans le rapport de synthèse de ce comité, ni  même lors de la mise en place du comité d’organisation de ce dialogue. Alors nous nous posons la question de savoir si c'est un oubli où du mépris ? Quand on sait que c'est la jeunesse qui est l'artiste en live de tous les conflits socio-militaires qui secouent notre pays, on ne peut que se poser des questions.

 

Si l'état ne se rend pas à l'évidence pour donner l'opportunité à cette jeunesse afin de contribuer à préparer ce dialogue, à être aussi des dialoguistes pour jeter les bases d'une realpolitik qui pourra nous conduire à la stabilité socio-politique, ce dialogue ne sera qu'une rencontre de redondance comme l’a été par le passé des rencontres de ce genre, auréolé de toutes dénominations qui n'ont abouti à rien où à un retour à la case départ c'est à dire à un nouveau conflit qui demandera une nouvelle rencontre, dialogue, débat ou je ne sais quelle dénomination (heureusement que la langue de Molière est évolutive pour nous trouver une nouvelle appellation pour une prochaine assise).


La jeunesse en sait trop sur tout ce que traverse notre pays. Il est temps de la laisser déballer où dire au peuple pourquoi et pour qui ils ont agi, de dénoncer les tyranneaux et les maraudes du peuple centrafricain afin que ceux-ci puissent faire une contrition de tout coeur devant le peuple et devant l'histoire.

 

Ne laissons pas la jeunesse se taire ou à participer comme un simple spectateur au grand tournant de l'histoire de notre pays. Nous ne voulons pas d'un dialogue pour les dialoguistes qui ne cherchent que  des strapontins ministérielles mais d'un dialogue ou les acteurs doivent dire au peuple pourquoi ils sont en train de mettre le pays au feu et en sang. Sinon que dira la jeunesse à la génération future ? "J'ai pris les armes, j'ai tué, j'ai violé, j'ai volé, j'ai pillé ce pays mais comme on ne m'a pas donné la parole, c'est pourquoi le pays n’évolue pas". Il est temps de tirer les leçons des événements du passé pour mieux aborder le futur sinon les mêmes  causes produiront les  mêmes effets.

 

Vu la bassesse dont font montre certains hommes politiques pour pouvoir prendre part aux assises de ce pourparler, nous ne pouvons que d’emblée imaginer l’issue que prendra ce dialogue car sans la participation de la jeunesse, cette rencontre ne sera qu’une occasion parmi tant d’autre donnée aux hommes politiques de se partager la part du gâteau et cela avec la complicité de BOZIZE. Nous nous demandons aussi si BOZIZE tient vraiment à organiser un dialogue politique inclusif où est - il seulement en train de chercher des gages pour légitimer son pouvoir et préparer un hold-up électoral en 2010. 

 

Il est temps que nos hommes politiques ouvrent enfin les yeux et voient où BOZIZE est en train de les emmener car nous sommes seulement à un an et quelques mois des prochaines échéances électorales, et s’ils ne veulent pas ouvrir les yeux parce que seule la mangeaille les intéresse, c’est au peuple centrafricain de se lever et dire à ces hommes politiques véreux, à ces marchands d’illusions comme l’a dit Tiken Jah FAKOLY que « notre conscience n’est pas à vendre, qu’ils arrêtent de nous utiliser comme des chameaux vers des destinations qu’on ignore ».

 

 

 

 

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