Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 04:53

 

Propos recueillis à Yamoussoukro par Tanguy Berthemet


15/06/2008 | Mise à jour : 23:27 |

.

 

Laurent Gbagbo et Bernard Kouchner samedi à Abidjan.

 

Laurent Gbagbo revient sur les délicates relations franco-ivoiriennes.

 

Bernard Kouchner est revenu dimanche d'une visite de deux jours hautement symbolique en Côte d'Ivoire. Ce voyage était le premier d'un ministre français des Affaires étrangères dans l'ex-colonie depuis près de cinq ans. «Cela montre que le plus dur de la crise est derrière nous», a souligné Bernard Kouchner. Paris, qui entretient toujours sur place une force de 1 800 hommes, entendait également apporter son soutien au processus de paix en cours dans ce pays embourbé dans une guerre civile depuis septembre 2002. Dans un entretien accordé au Figaro, Laurent Gbagbo revient sur les délicates relations franco-ivoiriennes.

 

LE FIGARO. La visite de Bernard Kouchner est-elle le premier signe d'une détente franco-ivoirienne ?

 

Laurent GBAGBO. Ce n'est pas le premier signe mais c'est un pas important. Je pense qu'il y a eu un changement d'attitude depuis que le gouvernement a changé à Paris. Je n'ai jamais été agressé verbalement par le président Sarkozy, ça c'est un premier signe. Deuxième signe : il n'y avait plus de contact du tout, et Nicolas Sarkozy a passé un coup de téléphone. Puis on s'est vu à New York, et plus posément à Lisbonne lors du sommet Europe-Afrique. La France et la Côte d'Ivoire évoluent vers une re-normalisation des relations.

 

Pensez-vous venir à Paris ou inviter Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire ?

 

Vu formellement, pourquoi pas. Ce serait dans la logique, mais pour le moment on n'en a pas encore discuté.

 

Quels messages attendez-vous de la France aujourd'hui ?

 

À vrai dire, je ne sais pas. Ça doit se faire sous forme de dialogue ; la visite du ministre Kouchner va dans le sens du changement et je prends ça comme base positive. C'est ça qui est important. Cela se situe dans la ligne du discours prononcé par le président Sarkozy au Cap. Je crois que la presse française ne montre pas assez le séisme, la césure que cela représente. C'est un discours révolutionnaire au sens français du terme. Cela change fondamentalement les données du problème. Depuis l'année 1956, il y avait dans la relation entre la France et l'Afrique francophone l'idéologie de la Françafrique. Depuis cette époque-là, c'est la première fois que l'on dit halte là aux dérives occasionnées par cette doctrine. C'est une chose excellente que de le dire.


Dans ce discours, le président a expliqué que la France réorganisera ses bases militaires en Afrique. Souhaitez-vous la fermeture de celle d'Abidjan ?

 

Le fait qu'il ait dit qu'il n'y aurait plus de base en Côte d'Ivoire nous convient parfaitement.

 

À cause de la crise, de nombreux Français ont fui la Côte d'Ivoire. Une aide est-elle envisageable pour compenser les pertes qu'ils ont subies et les aider au retour ?

 

La communauté française en Côte d'Ivoire a diminué et c'est naturel. Mais pour le reste je pense que la Côte d'Ivoire profite des entreprises qui y sont installées. C'est pour ça que nous avons fait des efforts. Nous avons refait l'école française qui ouvrira en septembre. Et pour les petites entreprises qui sont parties, nous avons créé une caisse.

 

L'élection présidentielle est prévue le 30 novembre. Or, compte tenu des retards observés dans sa préparation, cette date semble aujourd'hui très difficile à tenir…

 

Ce débat n'est pas important. Les gens se fondent sur des choses qui sont secondaires. Nous avons fixé une date. Ce qui est important, c'est que l'on avance vers les élections. Si aujourd'hui on me dit que l'établissement des listes électorales a pris une semaine, un mois de retard… on verra. Mais ce n'est pas le gouvernement qui organise le scrutin ; c'est la commission électorale indépendante.

Pour le moment, elle nous dit que la date est tenable. Mais si elle nous assure qu'il faut les faire plus tôt ou plus tard, nous verrons si c'est fondé. Pour moi, le plus tôt sera le mieux car il faut légitimer de nouveau le pouvoir en Côte d'Ivoire. Le gouvernement est devenu un gouvernement de partis. Ce n'est pas bon.

 

Les principales difficultés pour tenir l'élection sont l'établissement des listes électorales et le désarmement effectif des milices, ce qui n'est toujours pas le cas…

 

Pour le désarmement, il faut poser la question au premier ministre. Mais ce n'est pas là que nous voyons la difficulté. Elle est plutôt dans la capacité des organes techniques à distribuer les cartes d'électeur.

Aujourd'hui, on peut voyager dans tout le pays. C'est une étape importante.

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE