Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 16:40

 

Par Gregory Katz

 

LONDRES – 9 juin 2008 (AP) On espère beaucoup de Barack Obama à l'étranger, de la fin de la guerre en Irak à une politique américaine contre le changement climatique en passant par la résolution de la crise alimentaire, mais le candidat démocrate, s'il accède à la Maison Blanche, pourrait bien décevoir certaines attentes.

 

Il s'est engagé à retirer les troupes américaines d'Irak, une position populaire dans de nombreux pays, mais une évaluation de la situation sécuritaire sur le terrain pourrait l'amener à reconsidérer sa promesse. "Il y a un espoir presque irrationnel qu'Obama va apporter le changement, que tout sera mieux qu'avec Bush", souligne Robert McGeehan, un spécialiste de l'anti-américanisme au centre de recherche Chatham House à Londres.

 

Ceux qui l'approuvent n'ont souvent pas examiné ses propositions et l'aiment simplement parce qu'il représente la fin de l'ère Bush, selon M. McGeehan. "Obama a eu la partie belle jusqu'ici, mais maintenant cela va devenir beaucoup plus difficile", assure cet expert, un partisan déclaré des politiques de l'administration Bush.

 

Les positions du sénateur de l'Illinois ont déjà suscité des résistances sur des dossiers clés de politique étrangère. En Israël, on se méfie de sa volonté affichée de nouer le dialogue avec les dirigeants de pays hostiles comme l'Iran.

 

Certains dirigeants arabes s'inquiètent d'une réduction de la présence militaire américaine en Irak, craignant une guerre civile dans le pays qui pourrait menacer la stabilité de la région. Au Pakistan, c'est sa promesse d'accroître l'activité militaire si nécessaire qui suscite la préoccupation. Il n'a pas exclu que les Américains puissent agir seuls dans ce pays sur la base d'informations sur des cibles terroristes.

 

Mais pour des millions de personnes dans le monde, le plus important est qu'un Noir a pour la première fois une réelle chance d'accéder à la Maison Blanche. En Nouvelle-Zélande, quatre députés du Parti maori ont détourné une formule célèbre pour qualifier la victoire d'Obama dans la course à l'investiture démocrate: "un petit pas pour l'Amérique, un grand pas pour les peuples de couleur dans le monde."

 

Son succès est considéré comme le signe d'un changement fondamental dans les relations raciales aux Etats-Unis, "une révolution des mentalités aux Etats-Unis", pour le président sénégalais Abdoulaye Wade. Le fait qu'il soit "une personne de couleur" (de mère blanche et de père noir) devrait lui valoir la sympathie de nombreux Indiens, selon Uday Bhaskar, un analyste de New Delhi. Et de préciser: "il n'est pas l'homme blanc qui suscite une profonde angoisse coloniale en Inde."

 

Certains estiment que son passé multiculturel et son approche de la politique internationale devraient contribuer à redresser l'image de l'Amérique dans le monde. Mais certaines de ses prises de position sont déjà contestées. Les Palestiniens ont ainsi "rejeté" ses propos présentant Jérusalem comme la capitale indivisible d'Israël lors d'un discours la semaine dernière devant la Commission des affaires publiques américano-israélienne (AIPAC), influente organisation pro-israélienne. En Indonésie, pays musulman où M.Obama a vécu enfant et où la cause palestinienne est populaire, le fait que le candidat démocrate se soit présenté comme "un ami loyal d'Israël" a suscité une certaine déception.

 

Reste que beaucoup au Proche-Orient et ailleurs doutent de ses chances de victoire en raison du racisme profond qui selon eux imprègne la société américaine. "Il ne sera pas accepté par la majorité des Américains parce qu'il est noir", estime ainsi Sateh Noureddine, un responsable du journal libanais "As-Safir" ("L'Ambassadeur").

 

Dans certains pays, on tend à minimiser les déclarations de campagne du candidat car on estime que s'il est élu il se placera largement dans la continuité des politiques américaines économiques et étrangères menées au cours des dernières décennies.

 

Sheng Dingli, directeur du Centre pour les études américaines à l'université Fudan en Chine, estime par exemple qu'il tiendra un discours beaucoup moins critique sur la Chine s'il est élu. "Il est dur à l'égard de la Chine sur la question des droits de l'Homme et du commerce", dit-il. "Mais il changera, tout comme George Bush (père), Bill Clinton et George W. Bush. Ils avaient été durs envers la Chine durant leur campagne, mais ont adouci leur position après leur élection."

 

AP

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AMERIQUE