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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 00:29

 

Nord-Sud (Abidjan) 3 Juin 2008

 

Lanciné Bakayoko

 

Les forces de défense et de sécurité ne doivent plus enfreindre aux principes de libre circulation des personnes et des biens. La lutte contre le racket est entrée dans sa phase répressive lundi. Les responsables militaires s'y sont engagés. L'économie nationale pourra-t-elle enfin sourire ?

 

Pour les opérateurs économiques et les usagers de la route, c'est la délivrance. Pour les forces de défense et de sécurité, c'est plutôt le monde qui s'effondre. La niche de miel qu'elles croyaient intarissable est en passe de s'effriter. Le chef d'état-major et les grands commandements ont mis ce lundi en pratique leur volonté d'abattre le cocotier du racket et des extorsions de fonds. Des fléaux qui, durant ces dernières années, ont profondément ruiné l'image de marque des porteurs de treillis.

 

«Que représentent 200 Fcfa, 500 Fcfa, 1.000 Fcfa ou même 5.000 Fcfa devant l'honneur qu'incarne la tenue que nous portons ( ) Comment pouvons-nous traumatiser, humilier ou harceler d'honnêtes citoyens dans l'exercice de leurs activités professionnelles avec les armes dont l'Etat nous a dotés pour défendre la République », s'est interrogé le général Philippe Mangou. «Ressaisissons-nous pour contribuer à la relance de l'économie ivoirienne ( ) Il nous faut redorer le blason de notre corporation ternie par les actes odieux et ignobles d'une minorité qui annihile du coup l'énorme travail abattu par la majorité de nos agents », a-t-il ajouté avant d'exhorter les siens à accomplir avec rigueur et professionnalisme, les missions à eux confiées par l'Etat en refusant de s'adonner à «des pratiques honteuses d'extorsion de fonds et autres abus d'autorité».

 

De toutes les façons, a-t-il martelé, l'heure de la répression et des sanctions a sonné. La mesure va s'étendre aux zones ex-occupées dès que possible. Mais comme le dit un proverbe de notre patrimoine traditionnel, quand on sermonne le chat pour son agressivité, on conseille à la souris d'éviter les chaumières des cases. Le général Mangou a, en effet, demandé aux transporteurs, conducteurs, apprentis, propriétaires de véhicules de transport en commun et autres usagers de la route, de se conformer aux dispositions réglementaires en se procurant les documents exigés par l'administration. «Vous ne devez pas être des fossoyeurs de l'économie en vous complaisant dans la fraude, l'irrégularité et la corruption au détriment du pays», a-t-il expliqué, menaçant d'être impitoyables vis-à-vis de «tous ceux qui seront de connivence avec les éternels déstabilisateurs des institutions».

 

L'expérience, rappelle-t-il, montre que de nombreux transporteurs ont aidé au convoyage des armes jusqu'à Abidjan, certains s'étant même mués en combattants rebelles. «La nouvelle situation dans laquelle nous nous trouvons à partir de ce jour, exige de vous un changement de mentalité et de comportement notamment vis-à-vis des forces de l'ordre», invite-t-il, sollicitant l'implication active de toutes les couches populaires ainsi que les institutions publiques. Au nom des acteurs, le Directeur général de l'Office ivoirien des chargeurs (Oic) s'est réjoui de la mise à mort des comportements anti-économiques d'autant que les dysfonctionnements artificiels engendrés par les agents véreux n'auguraient rien de bon pour l'avenir de la Côte d'Ivoire. «L'appareil économique est lancé. Faire le contrôle avec les règles admises, c'est sauver la Côte d'Ivoire», s'est-il convaincu.


Après la cérémonie officielle à Yopougon, le chef d'état-major et sa délégation ont parcouru tous les barrages légaux pour donner les nouvelles directives. Gesco, Elibu, Nzianoua, Toumodi ont promis d'appliquer les instructions avec loyauté : porter le badge, se contenter de contrôler les pièces administratives des véhicules et des personnes, renoncer à la corruption. A l'issue du trajet, certains transporteurs se sont inquiétés de la persistance des brigades mobiles et des Escortes groupées militaires (Cpco) qui, pour l'heure, ne sont pas concernées par la mesure.


Ndlr centrafrique-presse : Voilà un excellent exemple qui devrait inspirer les autorités politiques et militaires de Bangui qui aiment bien pourtant prendre certains pays de l'Afrique de l'Ouest comme modèle.  

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