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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 15:03



 

PAOUA, 4 juin 2008 (AFP) — Les "coupeurs de route" (bandits de grand chemin) martyrisent dans le nord-ouest de la Centrafrique les populations autochtones et nomades mbororos peuls obligées de fuir leurs villages ou campements et paralysent en partie l'activité économique.

"J'ai été pris deux fois en otage par les coupeurs de route ("zaraguinas") entre Bocaranga et Paoua", dit Hassan, jeune éleveur à Paoua. Je n'ose plus continuer mes activités pastorales, parce qu'ils m'ont enlevé tout mon troupeau. Je suis obligé de rester à Paoua pour faire du petit commerce malgré moi".

Depuis le déclenchement en janvier 2006 du conflit qui oppose l'armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD - rébellion) aux forces gouvernementales, l'armée centrafricaine peine à sécuriser le Nord-Ouest où sévissent les "coupeurs de route".

Région la plus peuplée du pays, après Bangui la capitale, avec 460.000 habitants, l'Ouham-Pendé, une des 17 préfectures centrafricaines, dans la région des frontières camerounaise et tchadienne, regroupe les deux tiers des 3,2 millions de têtes du bétail centrafricain. Elle constitue la région la plus productrice du pays en terme d'activités agropastorales du fait de la pratique de la culture attelée.

"Les zaraguinas nous ont capturés entre Bozoum et Bocaranga, et exigé que chacun verse 300.000 francs CFA (460 euros)", explique Jean-De-Dieu, commerçant à Paoua. "Nous étions une quinzaine de commerçants, homme et femmes confondus".

"Ceux qui ont versé la somme ont été libérés. Le reste -- une dizaine de personnes -- a été conduit dans une savane boisée dans l'attente de la rançon. Mais un détachement de l'armée nous a libérés au cinquième jour de notre détention", ajouté Jean-De-Dieu.

Les "coupeurs de route" ne sont pas les seuls à racketter: Les forces de défense et de sécurité le font aussi sous prétexte que les victimes devraient refuser de payer les rançons et laisser les forces de l'ordre les libérer.

"Les zaraguinas ont fait irruption chez nous dans un campement. Ils ont tué mon frère et pris en otage mon mari", raconte Haroun Gambo, femme peul à Paoua. "Nous avons payé une rançon de 2,5 millions de francs CFA (3.800 euros) pour sauver sa vie. Ils ont ensuite retenu neuf autres personnes en otages. Et pour libérer ces personnes, nous avons payé une autre rançon de 12,5 millions francs CFA (20.000 euros)".

"Quand mon mari est revenu, les gendarmes sont venus exiger de lui une amende de 500.000 francs CFA (750 euros) parce qu'il avait accepté d'être libéré contre le paiement de fortes rançons aux zaraguinas, poursuit-elle. Nous étions obligés de payer pour qu'il soit libre de ses mouvements".

Cependant, selon des villageois, il n'y a pas que les "coupeurs de route" qui volent du bétail. Des éléments de l'APRD font de même.

"Nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper que nos parents qui sont entrés en rébellion dans l'APRD, volent le bétail des Mbororos ainsi que les boeufs que nous utilisons pour la culture attelée", affirme un paysan du groupement Bédara I à Paoua.

"Les gens ont peur de le dire parce qu'ils craignent des représailles. L'APRD vole des bêtes pour les revendre ou pour les manger, et cela nous rend la tâche difficile. Les groupements agropastoraux n'arrivent plus aujourd'hui à trouver facilement une paire de boeufs".

"Les actes des coupeurs de route ont fait fuir plus de 45.000 éleveurs du nord-ouest de la Centrafrique entre 2005 et 2007, vers le Cameroun ou le Tchad", a-t-on indiqué par ailleurs de source gouvernementale.

 

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