Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 16:56


(Les depeches de Brazzaville 02/06/2008)

En faisant arrêter Jean-Pierre Bemba par la justice belge la Cour pénale internationale a commis une erreur qui, à terme plus ou moins rapproché, causera sa perte. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle s'est prêtée à une manœuvre politique n'ayant rien à voir avec le dossier qu'elle instruisait et que, ce faisant, elle est sortie du champ judiciaire pour entrer dans celui de l'arbitraire.

Expliquons nous.

Nul ne conteste la gravité des faits reprochés à Jean-Pierre Bemba, c'est-à-dire les crimes et les exactions commises par ses milices à Bangui, en Centrafrique il y a quelques années. L'intéressé lui-même l'a reconnu en prenant des sanctions contre ses propres troupes et en évoquant publiquement la question à plusieurs reprises. Mais de là à agir comme l'a fait la CPI en le faisant arrêter pour crime contre l'humanité sans l'avoir jamais entendu au préalable et cela par la police d'un pays où il séjournait relève à l'évidence de l'abus de droit.

Que l'on aime ou non le leader du MLC il est l'une des personnalité les plus en vue de son pays, la République Démocratique du Congo. Candidat à la dernière élection présidentielle il avait recueilli un grand nombre de suffrages et s'était ainsi posé comme le principal opposant au vainqueur, Joseph Kabila. Puis, chacun le sait, il s'était exilé en Europe pour protéger sa vie qu'il affirmait menacée. Et depuis il circulait librement sur le Vieux continent en attendant un hypothétique retour dans son pays. Il n'avait donc rien d'un fugitif cherchant par tous les moyens à se cacher.

Peut-être n'a-t-il pas fait l'objet d'un « deal » politique entre les autorités congolaises et les autorités belges inquiètes de la détérioration rapide des relations entre les deux pays et soucieuses de protéger leurs intérêts économiques alors que l'économie de la RDC apparaît promise à de grands développements. Mais cet arrière-plan, indiscutable et indiscuté, laisse planer le plus grand doute sur les motivations réelles de la Belgique et rend suspecte la hâte avec laquelle la CPI a agi pour mettre à l'ombre un homme qui se déplaçait au grand jour.

Laissons les juristes trancher la question de l'atteinte ainsi portée à l'Etat de droit dont les démocraties européennes s'affirment respectueuses, mais disons qu'en agissant comme elles l'ont fait la Belgique et la CPI se sont comportées l'une et l'autre comme des apprenties sorcières. Car les 42 % de Congolais qui s'étaient prononcés en faveur de Jean-Pierre Bemba lors de l'élection présidentielle ne peuvent que juger très sévèrement sa privation de liberté par des puissances extérieures. Les premières manifestations à laquelle ils se sont livrés à Kinshasa marquent peut-être le début d'une réaction brutale qui pourrait mettre en péril la paix fragile règnant dans le pays. Plus grave encore sans doute, les populations de l'Equateur, fief de Jean-Pierre Bemba, risquent de trouver dans son arrestation de bonnes raisons de faire sécession.

L'Histoire nous appris depuis longtemps qu'au sortir d'un conflit meurtrier il faut donner du temps au temps afin de laisser les blessures se refermer. Prendre le risque de les rouvrir comme viennent de le faire la Belgique et la CPI est une grave erreur. Une erreur que la seconde paiera certainement au prix fort.


Jean-Paul Pigasse


© Copyright Les dépêches de Brazzaville

 

L’opposition politique au Katanga marche mercredi pour soutenir Bemba

 

APA-Lubumbashi 2008-06-02 (RDC) La Coordination de l’Opposition politique constitutionnelle au Katanga programme pour le mercredi 4 juin prochain une marche pacifique de soutien en faveur du sénateur Jean Pierre Bemba, Président national du Mouvement de Libération du Congo (MLC), arrêté par la police belge le 24 mai dernier, sous un mandat de la Cour Pénale Internationale.

 

Dans un communiqué de presse, cette coordination qui regroupe tous les partis d’opposition, indique que cette marche aura pour point de départ la salle Familia située sur l’avenue Kasavubu en face du gouvernorat de province pour se terminer au Consulat Général de Belgique où une déclaration sera remise au Consul.

 

Le texte dénonce « l’implication de la Belgique dans tous les crimes commis contre les dirigeants congolais, notamment du prophète Simon Kimbangu déporté du Bas Congo au Katanga où il est mort en prison en 1950 et du Premier Ministre du premier gouvernement du Congo indépendant, Patrice Emery Lumumba, assassiné le 16 janvier 1961 au Katanga sous le fallacieux motif d’être un communiste".

 

Dans la même période, selon la même source, « Moïse Tshombe (ndlr : patron du parti CONAKAT qui proclama la sécession de la province du reste du Congo le 11 juillet 1960) longtemps considéré comme pro-belge et que la Belgique a livré à la mort ».

Le MLC demande alors à la Belgique de « cesser de considérer la RDC comme à l’époque où elle était une concession du Roi des Belges Léopold II et une chasse gardée des Belges ».

Si le mandat de la CPI est un fait judiciaire normal, fait remarquer le communiqué, l’opposition politique constitutionnelle condamne cependant le fait que c’est toujours la Belgique qui est chargée de la mission de mort des Congolais.

 

Pour l’opposition politique constitutionnelle au Katanga, l’arrestation du sénateur Jean Pierre Bemba est un complot ourdi par la Belgique contre le Congo et son peuple.

Ce communiqué de presse de la coordination de l’Opposition politique constitutionnelle au Katanga fait l’objet d’une large diffusion sur les antennes des médias locaux, y compris la Radio Télévision Nationale Congolaise, chaîne officielle.

 

Les observateurs avisés expriment leur crainte face aux incidents que pareille initiative peut provoquer avec la probabilité d’une intervention musclée des forces de l’ordre.

Certains estiment que l’organisation d’une marche de soutien au sénateur Jean Pierre Bemba dans la province du Katanga, dont le chef de l’Etat Joseph Kabila Kabange est originaire, est un défi lancé contre la popularité de ce dernier dans son fief naturel.

Les autorités de la province du Katanga n’ont pas encore réagi au communiqué de presse de la coordination de l’Opposition politique.

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion