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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 22:07

 

LE MONDE | 28.05.08 | 14h43  •  Mis à jour le 28.05.08 | 14h43

 

TOKYO CORRESPONDANCE

 

La scène a eu lieu le 13 mai. Ce soir-là, le corps diplomatique africain au Japon avait convié la presse à l'ambassade d'Egypte pour évoquer la 4e Conférence sur le développement africain (Ticad), organisée à Tokyo du mercredi 28 au vendredi 30 mai. Dans un discours, le représentant des diplomates africains, le Tanzanien Elly Elikunda Elineema Mtango, avait lancé un appel au Japon, l'invitant à ne pas oublier que "l'Afrique est riche en ressources naturelles" et que "les 53 pays de ce continent représentent autant de voix à l'ONU".

 

En quelques phrases, M. Mtango avait résumé l'enjeu de la rencontre, qui doit permettre au Japon de réaffirmer sa présence en Afrique, notamment face à la Chine. La Ticad intervient deux ans après le Focac, le Forum de coopération Afrique-Chine, rencontre qui solennisait la percée économique et diplomatique chinoise sur la scène africaine.

 

Dans son discours d'ouverture, mercredi, le premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, a promis un doublement de l'Aide publique au développement (APD) accordée par Tokyo à ce continent. Les projets dévoilés par M. Fukuda vont de la création d'un fonds pour l'investissement en Afrique, doté de 2,5 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros), à l'octroi de 4 milliards de dollars de prêts pour les infrastructures et l'agriculture. D'autres aides iront à la santé et à l'éducation. Cette annonce intervient alors qu'en 2007, l'APD s'est établie à 1,7 milliard de dollars, contre 2,6 en 2006.

 

Les annonces s'ajoutent à l'enveloppe de 100 millions de dollars débloquée en urgence pour faire face à l'actuelle crise alimentaire et aux 10 milliards de dollars promis pour aider les nations en développement à lutter contre le réchauffement climatique.

 

NOUVELLES AMBASSADES

 

Certains s'inquiètent pourtant, non de la quantité, mais de la qualité de l'aide. "Le problème est qu'une grande partie de l'aide fournie jusqu'à maintenant l'a été sous forme d'annulation de dettes", s'est inquiété un diplomate africain. Ce que récuse le professeur Sadaharu Kataoka, de l'université de Waseda. "Yasuo Fukuda a adressé un message fort, note-t-il. Quarante-trois chefs d'Etat et de gouvernement ont fait le déplacement, contre 23 pour la 3e Ticad de 2003, ce qui témoigne de leur intérêt pour une collaboration avec le Japon."

 

Tokyo semble donc avoir redécouvert l'importance de l'Afrique - où la croissance a dépassé les 5 % en 2005 et en 2006 - pour son avenir. La crise des années 1990 et son endettement grandissant avaient amené le Japon à réduire son APD, passant du premier au sixième rang des pays donateurs.

 

Mais la nécessité de sécuriser des lignes d'approvisionnement en matières premières et de multiplier les débouchés pour une économie tirée par les exportations a changé sa perception. De nouvelles ambassades ont été ouvertes, au Mali et au Botswana notamment, et les entreprises japonaises sont mieux soutenues dans leurs démarches. D'après le Jetro, l'organisation japonaise du commerce extérieur, 227 compagnies nipponnes étaient présentes en Afrique en 2007, contre 178 en 1999.

Le Japon semble se donner les moyens de réussir en Afrique. Son économie en a besoin. Sa politique aussi. Les 53 voix africaines à l'ONU doivent servir son ambition d'obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité.

 

Philippe Mesmer

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales