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28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 02:01

Les Centrafricains piaffent d’impatience pour la tenue du dialogue national inclusif dont ils finissent bien par s’interroger sur la réelle volonté politique de Bozizé de le voir se tenir tant il a déjà pris du retard sur le chronogramme depuis son retour de Libreville en Avril dernier. Pendant ce temps, un débat agite le landerneau banguissois, en particulier les milieux du barreau national et des juristes. C’est celui autour de la procédure de destitution du président Bozizé qu’un avocat de la place et non des moindres, un des ténors du barreau national Me Assingambi Zarambaud, a engagée auprès de la cour constitutionnelle.

La requête devant la cour constitutionnelle concerne la violation par Bozizé des dispositions de l’article 23  qui dit ceci : « La fonction de Président de la République est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction politique, de tout autre mandat électif, de toute activité lucrative, sous peine de destitution. »

Or outre ses fonctions de président de la République, Bozizé est également ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants, des Victimes de guerre, du Désarmement et de la Restructuration de l'Armée. Le quotidien Le Citoyen qui a relayé l’information a vu son directeur de publication Maka Gbossokotto convoqué pour être entendu pendant quatre d’horloge lundi dernier par le procureur de la République, le tristement célèbre Firmin Feindiro. Le lendemain mardi 27 mai, c’était également au tour de Me Zarambaud lui-même de répondre à la convocation du parquet mais il était ressorti libre.

Dans cette affaire prise au sérieux par Bozizé, la question de la compétence de la cour constitutionnelle se pose. Certains de ses membres croient qu’elle est en effet compétente pour statuer sur cette requête de Me Zarambaud mais certains juristes avisés considèrent qu’elle ne l’est pas car il y aurait de graves lacunes dans la constitution s’agissant de la procédure de destitution en tant que telle. Bozizé a commis pour sa défense un jeune avocat centrafricain du barreau de Paris Me Jean Chrysostome Sando Wang You  et l’avocat de Me Zarambaud serait Me Nicolas Tiangaye, ancien bâtonnier et ténor du barreau centrafricain également.  

En perspective, une bagarre de juristes et de spécialistes de droit constitutionnel sur fond de règlement de compte politique. Cette situation présente malheureusement le grave inconvénient de détourner l’attention de l’opinion sur la nécessité de la tenue du dialogue national inclusif, ce qui ne peut arranger que les affaires de Bozizé.

Entre temps, Bozizé s’est envolé dimanche dernier de Bangui pour aller passer quelques jours au Japon à Yokohama où il devrait prendre part à la quatrième conférence internationale de Tokyo sur le développement africain (TICAD). Pourra-t-il se faire aisément pardonner par les nippons la mise à sac de l’entreprise Kajima par sa rébellion en 2002 – 2003 ? On peut en douter.  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique