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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 16:10


(Libre antenne 20/05/2008)


Je rentre d'un voyage à l'est du diocèse de 21 jours. J'ai visité Obo à la fin du mois d'avril. La situation est très difficile. La nuit du 6-7 mars 2008, 150 soldats de l'Armée de Résistance du Seigneur basés en clandestinité dans la forêt du Congo sont tombés sur deux quartiers d'Obo, de minuit jusqu'à 4 heures du matin.

           Joseph Kony, chef de l'ARS 


Leur but était double : voler le plus de nourriture possible et kidnapper des personnes pour le transport de la nourriture volée. Ils sont rentrés maison par maison sans pitié, s'ils trouvaient une femme au lit, ils jetaient le mari dehors et ils la violaient à deux ou trois, puis ils allaient au grenier familial. Finalement, 69 personnes sont disparues, des fillettes de 12 ans, de femmes enceintes, de garçons et filles qui ont été pris de force et se trouvent aujourd'hui à 100 km au-delà du fleuve Mbomou, sur territoire congolais dans un campement de la LRS. Les garçons font l'entraînement de la troupe, les fillettes lavent et cuisinent, les filles servent d'esclaves sexuelles aux soldats et tout le monde sème les champs et prépare la récolte pour les soldats. La cuisinière de la mission catholique pleurait sa fillette de 12 ans, encore enfant, se demandant si les soldats l'avaient déjà violée ou pas.



J'ai vu l'amertume de ce peuple, le désespoir dans beaucoup de familles, la tristesse dans leurs visages. Les Faca (Forces Armées Centrafricaines) qui sont allés avec 3 camions ont sillonné la grande route et ils sont partis. La situation d'insécurité reste telle quelle. Obo est une proie facile et ils peuvent revenir quand ils le voudront. Joseph Kony, leur chef, n'était pas avec eux mais ils ont parlé avec lui plusieurs fois dans leur langue locale avec le téléphone Turaya.

J'ai dû retirer les sœurs Franciscaines de l'Immaculée Conception, fermer provisoirement la mission et les emmener dans une autre mission. Les abbés centrafricains restent sur place et aident la population à ne pas se décourager et à prier pour le retour des 69 kidnappés. J'ai vais écrire à la Nonciature pour que cette situation soit connue et ils contactent les Ambassadeurs du Congo, de l'Ouganda et du Soudan. 69 personnes kidnappées, ce n'est pas rien !

C'est très grave et honteux pour le pays qui voit ses citoyens être menacés d'une telle sorte.

Mgr Juan José Aguirre


Evêque de Bangassou (Centrafrique)

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