Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 23:05




 

Contrairement à Jean Jacques Demafouth qui a été choisi par la base de l’APRD qui se trouve sur le terrain, manifestement la désignation depuis Cotonou par le président de l’UFDR Michel Am Non Droko Djotodia du président du Forum Démocratique (FODEM) Charles Massi comme coordonnateur politique du mouvement armé qu’est l’UFDR est loin de passer comme une lettre à la poste. Dès la décision rendue publique, un communiqué de l’aile militaire de l’UFDR qui est toujours sous le commandement de Zakaria Damane a dénoncé cette nomination et fait aussi savoir qu’elle signifiait une rupture définitive entre la branche armée et la direction du mouvement qui se trouve à Cotonou.

 

Le ministre de la communication du gouvernement centrafricain, Cyriaque Gonda a également indiqué qu’il déplorait aussi cette nomination de Charles Massi. Tout cela n’est pas du goût du président Djotodia qui vient de décider de la radiation du chef militaire Zakaria Damane et son remplacement par quelqu’un d’autre. On peut légitimement s’attendre à ce que Damane réagisse à son tour à sa radiation de l’UFDR. C’est dire combien l’affaire de l’OPA de Massi sur ce mouvement armé continue de faire des vagues qui ne sont pas prêtes de s’arrêter.

 

Il faut dire que Charles Massi est habitué aux volte-face de 180° comme celui qu’il a adopté avec jean Paul Ngoupandé entre les deux tours de la présidentielle de 2005 où, après avoir fait un tour à Brazzaville, ils étaient revenus les poches pleines appeler à voter pour François Bozizé après signature d’un accord politique. De même, il n’y a pas si longtemps, il mettait en garde le pouvoir de Bozizé sur le danger qu’il y avait à dialoguer avec les mouvements armés. Pour lui, seuls les partis politiques de l’opposition dite démocratique suffisaient.

 

Mais devant son éviction du gouvernement en janvier dernier et le refus du groupe des partis politiques de la majorité présidentielle de le laisser succéder à Gaston Mackouzangba du PUN au comité préparatoire du dialogue inclusif, Massi a cru devoir prendre l’initiative d’une offre publique d’achat (OPA) en quelque sorte sur la rébellion de l’UFDR.

 

Ce mouvement qui a été quelque peu affaibli par les bombardements répétés de l’aviation de guerre française et la longue détention en prison à Cotonou de ses deux principaux responsables politiques Michel Djotodia et Abakar Sabone, avait besoin d’une personnalité politique de poids à sa tête dans la perspective du dialogue inclusif en préparation. Avec le sens aigu d’opportunisme politicien qui le caractérise, Charles Massi a cru qu’il est celui-là et a pris le chemin de Cotonou pour y rencontrer Michel Djotodia et décrocher la timbale.

 



           Zakaria Damane ici à Gordil

Les mauvaises langues vont jusqu’à dire qu’il aurait arraché l’accord de sa nomination moyennant quelques billets d’euros remis à Djotodia. D’où les décisions dictatoriales qu’il fait pleuvoir depuis le Bénin sur l’UFDR. Or la situation sur le terrain est plutôt contrôlée par Zakaria Damane qui n’entend plus se soumettre aux oukases de Djotodia. Massi a donc encore beaucoup de soucis à se faire tant qu’il ne sera pas reconnu par Zakaria Damane et ses gars. Il doit reprendre son bâton de pèlerin et se rendre à Gordil ou Tiringoulou afin de s’entendre avec Damane sinon sa nomination aux fonctions de coordonnateur de l’UFDR restera sans effet. C’est le prix de son opportunisme.

 

Charles Massi est de ceux qui en Centrafrique, pensent qu’ils doivent demeurer ministre ad vitam aeternam. Dès qu’il sont enlevés du gouvernement, c’est un casus belli. Patassé l’a appris à ses dépens. Bozizé vient d’en avoir également la preuve. Or, nul n’est indispensable sur cette terre.

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Editorial