Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 20:33



 

Il est temps d’arrêter d’avoir des enfants car les cinq verbes de l’abbé Barthélemy Boganda sont envoyés aux oubliettes de la politique.

 

Nourrir : qui veut rester en vie doit se nourrir mais comment le faire quand on n’est pas libre ; quand on a toujours peur de se déplacer. L’insécurité est le maître mot de notre peuple…

 

Loger : Pauvre peuple d’aujourd’hui, hier l’un de tes dirigeants t’obligeait à construire en briques et les cases rondes de nos aïeux étaient détruites quartier par quartier. Quelques habitants de Bangui se souviennent encore d’un de ces maires chargé par l’Etat d’accomplir ce sale besogne. N’ayant pas de fusil, quelques-uns l’attendaient avec leurs flèches. Dieu merci, il n’était pas dans ces quartiers. Aujourd’hui c’est l’Etat lui-même qui se charge de détruire les maisons construites à la sueur du front du peuple et qui valaient de Bangui l’appellation  de « Bangui la coquette ». Une cité sans nom car le propriétaire est auteur ou complice d’un complot contre l’Etat.

 

Instruire : Nous ne savons plus sous quelle forme on conçoit ce verbe en Centrafrique. Qui doit se porter garant de l’instruction du peuple ? Tout le système est ébranlé depuis plus de trente ans. A tous les niveaux, l’instruction et son mode de transmission sont mal gérés malgré la tenue des états-généraux de l’enseignement. L’organisation des examens qui devait servir à tester le niveau des élèves ou des étudiants se passe de commentaires. Ne parlons pas des concours. Qui nous sauvera de cette situation un jour ? Le ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur n’est qu’une porte de sortie pour les personnalités qu’on nomme à ce poste. Elles n’ont pas le temps d’organiser leurs programmes.

 

Vêtir : Quand on est riche, on nous reconnaît dans nos parures. Que faisons-nous de nos diamants, or, pétrole, fer etc…On ne parlera pas de la pauvreté en Centrafrique mais plutôt de misère aujourd’hui. Qui profite de ces richesses ?

 

Soigner : ce verbe a disparu de notre vocabulaire. Qui dira soin, dira soigner à la traditionnelle car les hôpitaux ou dispensaires ne sont ouverts qu’à ceux qui ont les moyens d’abord pour  payer les soignants et les médicaments viennent après.

 

Il est temps d’arrêter de mourir. Nous nous tuons beaucoup par manque de soins. Ce n’est plus par la sorcellerie qu’on tue mais depuis qu’on a introduit l’arme à feu de tout calibre, le nombre de Centrafricains ne cesse de diminuer. Des villages sont détruits sans laisser de traces.

 

Quand l’assistanat prendra fin ? L’assistanat tue davantage le peuple. Nos cultures sont violées, nos richesses emportées ; nos valeurs disparaissent et notre belle devise aussi disparaîtra un jour. Unité, Dignité,Travail. Boganda, quelle mouche t’a piqué pour nous trouver ce maître mot qui nous galvanisait tant hier et qui aujourd’hui est envoyée aux oubliettes de notre politique égocentrique. La seule devise où on trouve le mot « dignité » de l’être humain.

 

Il est temps qu’on arrête de faire pleurer nos femmes et nos enfants. Que d’orphelins et de veuves dans ce petit pays qui ne connaissait pas le tribalisme ou ethnicisme ! Le ZO KOUE ZO bogandiste nous stimulait. Le ZO AYEKE ZO qui rendait vulgaire la pensée originale garde encore son sens mais d’où nous vient le « SO ZO LA » avec le doigt sur la détente, la balle est partie et l’autre tombe pour ne plus se relever ?

Notre riche sol n’est-il fait que pour recevoir les macchabées ? Il est temps qu’on s’arrête de voler, de corrompre. Tu es devenu homme de la rue, mendiant parce que pour le « pouvoir » tu te bats avec ton frère, ta sœur comme deux « larrons » et tu ne te soucis plus de tes richesses, culturelles, morales et naturelles, et survint un troisième « larron » pour tout prendre et te laisser les maisons vides. Arrête tes jérémiades. Tu es responsable de tes maux et difficultés. Il est temps que tu reviennes à la raison et reprends ta devise et ton hymne.

 

Unité-Dignité-Travail.

 

On continue à te brimer et à te soumettre…Où sont nos pasteurs, nos prêtres, nos missionnaires qui nous apprennent ? Qu’ils soient un comme toi et moi ; moi en toi et toi en moi. Qu’ils soient un, nous en eux et eux en nous pour que le monde puisse voir que nous formons un seul peuple. Unité, une seule nation, le Centrafrique indivisible. Il est temps qu’on cesse d’être d’éternels assistés. Combien d’années ce beau pays et riche est assisté ; les venants et les partants pour régler nos problèmes repartent –ils les mains vides ? pardon, les poches vides ? Moi, homme de la rue qui ne dort pas la nuit te dira non. Nous perdons tout : la morale, le civisme, la religion ; les religiosités remplacent nos grandes religions dites même chrétiennes. Et ceux qui sont appelés à gérer la chose publique gèrent aussi la religion et on décrète la religion avec ces jours de piété. Nous ne sommes plus dignes d’être des hommes comme les autres du globe. Silence, on tue. Silence, on vole. Comment mériter cette dignité humaine que nous a léguée Barthélemy Boganda quand nous ne travaillons pas pour maintenir notre entente ou notre dignité humaine reçue du Créateur ?

 

Il est temps que chacun reprenne sa place dans le concert de notre République. Pourquoi le paysan ne reprend-t-il pas le sentier des plantations ? Il nourrira ses enfants. Il sera heureux et fier quand sa sécurité sera assurée.

 

Pourquoi les enseignants et les élèves ne reprennent pas le chemin de l’école ? Ils n’attendent que cela pourvu qu’on leur donne les moyens…

 

Pourquoi les fonctionnaires et agents de l’Etat ne sont pas présents au bureau pour accomplir leur devoir ? Ils sont appelés pour cela. Beaucoup attendent que celui qui les emploie s’occupe d’eux.

 

Pourquoi les agents de sécurité de tout bord ne regagnent-ils pas leur caserne dans l’ordre et la dignité ? La paix reviendra toute seule. Elle nous servira pour nous reprendre au sérieux et repenser notre être social et reprendre notre place dans le concert des nations. Nous reviendrons pour te le dire si tu ne changes pas ta conduite.

 

Homme de la rue

 

Socrate Ngaro

 

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Opinion