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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 02:33



 

Au moment où le chronogramme de la tenue du dialogue politique centrafricain est rendu public, la controverse sur le lieu de déroulement de cet important forum censé jeter les bases du retour à une paix durable dans ce pays est loin d’être close. En soi, cette situation est significative de la complexité du débat politique en Centrafrique où le président Bozizé n’étant pas un homme de parole bien au contraire, fait l’objet d’un véritable phénomène de rejet. Il n’inspire confiance à personne. La plupart des Centrafricains, même ceux qui avaient applaudi son coup d’Etat des mains le regrettent amèrement à présent et n’hésitent pas à affirmer que malgré certaines erreurs qu’on peut lui imputer - en comparaison avec Bozizé - le président Patassé est un démocrate.

 

Désormais les Centrafricains ont des critères de jugement des régimes Kolingba, Bozizé et Patassé. Ils sont à présent très sévères dans la condamnation de celui de Bozizé qu’ils considèrent volontiers comme étant le plus abject. La souffrance qu’ils endurent actuellement à tous les niveaux, tant ceux de la capitale que des provinces, est sans nom car indescriptible. Racket généralisé par les soldats de la garde présidentielle, épuration ethnique, famine, maladies, privations et tracasseries diverses, tribalisme d’état, vie chère bref, la misère sous toutes ses formes. Tel est le lot quotidien des Centrafricains aujourd’hui.

 

Même certains anciens complices de Bozizé et piliers du régime dit de « transition consensuelle » mis en place aussitôt après le putsch du 15 mars 2003 qui ont depuis quitté le pays, ne tarissent pas de critiques à  son égard et vont jusqu’à déclarer péremptoirement que la seule solution à la crise centrafricaine est son départ. Le pays vit sous la terreur quotidienne d’un régime dictatorial à l’agonie et aux abois. L’impunité dont ont joui et continuent de jouir les éléments de la garde présidentielle qui, malgré les nombreuses exactions et crimes dont ils se rendent coupables - bénéficient paradoxalement de la protection de Bozizé - ne peut rassurer qui ce soit.

 

Plusieurs soldats de la garde présidentielle se promènent souvent en état d’ébriété dans les quartiers avec leurs armes de service avec lesquelles ils font des braquages et même commettent des crimes. Ce fut récemment le cas au quartier Boy-Rabe au cours du mois d’avril où un de ces soldats a fait un carton avec sa Kalachnikov sur de paisibles citoyens réunis pour une veillée funèbre. Bilan : près d’une dizaine de morts et blessés. Le président Bozizé a proposé à chaque famille ainsi endeuillée une modeste enveloppe contenant la somme de 100.000 f CFA que certaines ont refusé de prendre.

 

En clair, aucun participant au dialogue, notamment ceux de l’opposition actuellement en exil à l’étranger et dont Bozizé et son clan redoutent la présence sur le sol national car ils en ont une peur bleue - si celui-ci se tient à Bangui - n’est à l’abri d’un règlement de compte de la part des éléments dits « incontrôlés » de l’entourage de Bozizé. Si on y ajoute les menaces d’arrestation que fait planer clairement Bozizé dans quasiment toutes ses déclarations publiques à l’encontre du président Patassé et de Jean Jacques Demafouth, en l’état actuel des choses, il est exclu qu’organisé à Bangui, le dialogue inclusif puisse se dérouler avec la sérénité requise.

 

Dès lors, si c’est le nombre des participants prévu à 150 par le comité préparatoire qui fait pencher la balance pour des raisons de moyens financiers, il y a lieu de réduire cet effectif pour permettre que ce forum se tienne à l’extérieur de la RCA afin que le participants si redoutés comme le président Patassé et ses collaborateurs ainsi que les chefs des mouvements armés comme Jean Jacques Demafouth, Abdoulaye Miskine, Florian Ndjadder, Abakar Sabone, Michel Djotodia et autres y soient à tout prix car sans leur présence, on ne saurait parler de dialogue inclusif.

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF