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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 17:46


 




Contrairement à certains pays voisins en proie à des conflits violents, ce n'est pas tant l'absence de dialogue qui a fait défaut à la République Centrafricaine (RCA), que celle d'un dialogue politique inclusif.

 

 

A travers ce dialogue, la RCA cherche à tourner définitivement la page des évènements violents et tragiques qui ont hypothéqué les chances de paix, de stabilité et de développement et qui continuent d'entretenir l'image d'un pays aux immenses ressources naturelles, mais dont la population demeure pauvre.

 
En acceptant en 2007 le principe du dialogue politique inclusif, les pouvoirs publics, les partis politiques de l'opposition et de la majorité, les autres partis politiques, la société civile et les mouvements politico-militaires ont entrouvert une fenêtre d'opportunité qu'on se doit de garder grande ouverte en 2008.


Créé par décret présidentiel du 8 octobre 2007, présidé par le Centre pour le dialogue humanitaire (CDH) et régie du consensus, le comité préparatoire du dialogue politique inclusif, qui compte vingt cinq membres appartenant à six entités différentes, s'est réuni plus d'une trentaine de fois en séance plénière, hors réunions du bureau et des groupes de travail, au cours de trois mois qui lui ont été impartis pour remplir son mandat.


Le travail que le comité préparatoire du dialogue politique inclusif a accompli depuis sa mise en place le 18 décembre 2007, matérialise cette volonté politique de rendre à la République Centrafricaine la place qu'elle mérite dans le concert des nations.

 
Chargé de définir les contenus du dialogue politique inclusif, les membres du Comité préparatoire, répartis en groupe de travail, ont identifié les problèmes, recenser les causes, proposé des solutions et enfin, préconisé des mesures articulées autours des trois thématiques, conformément au décret n° 07.356 du 30 novembre 2007, modifiant et complétant les dispositions du décret n°07.292 du 8 octobre 2007, portant création du comité préparatoire du dialogue politique inclusif et qui sont les suivantes :


les questions politiques et de gouvernance ;


La situation sécuritaire et groupes armés ;


Le développement socioéconomique.


Parmi les priorités communes à ces grandes thématiques figurent le respect de la Constitution et des Droits de l'homme, la bonne gouvernance, la lutte contre l'impunité et la recherche d'une paix durable.
De façon plus spécifique et concrète, il s'agit notamment de mettre en œuvre des mécanismes veillant à l'application scrupuleuse de la Constitution et des lois organiques.

La lutte contre l'impunité passe par la traduction des auteurs des crimes exactions devant le Tribunal militaire permanent et par l'offre de garantie aux victimes ainsi qu'à leurs parents, leurs permettant de porter plainte sans craindre des représailles.

La recherche d'un accord global de paix avec les mouvements politico-militaires permettrait de créer les conditions d'ensemble d'un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants. A cet égard, le renforcement et l'extension du programme de la Jeunesse pionnière nationale (JPN) que préconise le Comité préparatoire pourrait s'inscrire dans la double perspective de prévention et de réduction des conflits conservant à la fois de plateformes de réinsertion sociale et professionnelle pour les ex-combattants, et en contribuant à résorber le problème du chômage chez les jeunes.


Pour ce qui est des modalités du dialogue politique inclusif et de son déroulement, le Comité préparatoire propose que le nombre des participants s'élève à cent cinquante personnes répartis entre les huit entités suivantes :


la majorité présidentielle ;

 
l'opposition démocratique ;


les autres partis ;

 
la société civile ;

 
les pouvoirs publics ;

 
les mouvements politico-militaires ;

 
les personnalités du pays ;


les confessions religieuses.

 

Le Comité préparatoire recommande que les assises du dialogue politique inclusif se tiennent dans les quarante cinq jours qui suivent la remise officielle du rapport final du Comité préparatoire et qu'elle se déroule sur une durée de dix sept jours.

 
Il propose que le dialogue politique inclusif se tienne à Bangui, République Centrafricaine, sous réserve que des mesures de confiance d'ordre sécuritaire et judiciaires telles que préconisées par le Comité soient prises afin de garantir le caractère inclusif du dialogue.

A cet égard, le Comité préparatoire se félicite de ce que les invitations à l'endroit du dernier mouvement politico-militaire à n'avoir pas encore pas signé un accord avec le Gouvernement aient été entendues et acceptées.


En effet, avant la fin du mandat du Comité préparatoire, l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD) a rejoint le train du dialogue.

 
De tous les fora de réconciliation nationale qui se sont déroulés dans le pays au cours des deux dernières décennies, le dialogue politique inclusif se veut en réalité le premier exercice du genre en République Centrafricaine. Les membres du Comité préparatoire souhaitent également croire que ce sera le dernier. Ils appellent de leur vœu l'instauration d'un dialogue fraternel et permanent entre les Centrafricains à tous les niveaux.

 
Définition du contenu des thématiques



Conformément au décret n°07.356 du 30 novembre 2007 modifiant et complétant les dispositions du décret n°07.292 du 8 octobre 2007 portant création du Comité préparatoire du dialogue politique inclusif, en ses articles 2 et 7 alinéa 2, et suite aux débats de cadrage en séance plénière, le Comité préparatoire du dialogue politique inclusif a précisé le contenu des trois thématiques et mis en place trois groupes de travail qui ont examiné les points suivants :

I. Question politique et de gouvernance


A. Questions politiques


Evaluation des actes du dialogue national sur le plan politique ;
Problématique du Code électoral ;
Fonctionnement des institutions de la République, au regard de la Constitution ;


Statuts des partis politiques


rôle des partis politiques dans un régime démocratique
problématique des partis politiques créés après l'entrée en vigueur de l'Ordonnance n°05.007 du 2 juin 2007

citoyenneté et civisme
identité nationale et culturelle
laïcité de l'Etat

B. Gouvernance


Evaluation des actes du dialogue national de 2003 sur le plan politique de la gouvernance ;
gouvernance du point de vue institutionnel ;
gouvernance du point de vue des libertés fondamentales ;
gouvernance du point de vue des ressources naturelles ;
problématique de l'impunité ;
fonctionnement de l'administration ;
forces et faiblesses de la diplomatie

I. Situation sécuritaire et groupes armés

 
A. Situation sécuritaire


Evaluation des recommandations du dialogue national sur le plan sécuritaire ;
évaluation des Etats généraux de la Défense ;
existence des bandes armées et leurs impacts ;
manque et faiblesses des autorités de l'Etat dans certaines zones ;
missions des forces de défense et de sécurité ;
prolifération d'armes légères ;
faiblesse des services de sécurité dans l'exécution de leur mission de défense du territoire et des citoyens ;
faiblesses des forces de défenses et de sécurité ;
problématique des barrières routières ;
prévalence de l'impunité pour les auteurs des crimes et des exactions dans les conflits

B. Groupes armés


Problématique de l'existence des groupes armés ;

 

causes et historique ;
absence de démobilisation et de réinsertion des éléments issus des différents groupes armés ;
problématique par la prise de pouvoir de l'Etat par les armes, présence des étrangers dans les forces armées centrafricaines (FACA) ;
application partielle des accords de Syrte, de Birao, etc. ;
clarification sur l'existence des ex –libérateurs sur le territoire Centrafricain ;
clarification sur l'indemnisation des victimes des bavures des éleveurs soudanais conformément à l'accord de réconciliation du 03 Mars 2005 à Am Dafock.

III. Développement socioéconomique


A. Développement économique


évaluation des actes du dialogue national sur le plan économique ;
évaluation des destructions et pillages consécutives aux différentes mutineries et rébellion ;
problématique de l'assainissement des finances publiques et dépendance vis-à-vis des institutions financières internationales ;
gestion des ressources naturelles et des services ;
situation des entreprises publiques et privées ;
analyse critique du document de stratégie de réduction de la pauvreté ;
promotion du secteur privé national ;
examen et convention de portée économique et leurs incidences sur les finances publiques ;
entrave à la circulation des biens et à la perception des recettes de l'Etat par les ex-libérateurs et autorités administratives ;

B. Développement social


évaluation des actes du dialogue national sur le plan social ;
engagements non tenus par le gouvernement ;
phénomène de la pauvreté en République Centrafricaine ;
infrastructures et services sociaux de base ;
problématique de l'Education, de la formation et de la recherche ;
protection sociale et groupes vulnérables ;
sécurité sociale ;
situation du personnel du secteur public et privé ;
situation de la jeunesse ;
identité nationale et culturelle.

Développement socioéconomique


mise en œuvre des différentes actions prioritaires identiques dans tous les secteurs socioéconomique par le document de stratégie de réduction de la pauvreté, notamment dans les domaines du développement rural ;
assainissement des Finances publiques y compris par le biais de la mise en place d'un cadre transparent de passation des marchés et élaboration des guides de manuels de procédure de contrôle et d'exécution des dépenses ;

 
gestion adéquate des ressources naturelles et sécurisation des investissements, notamment par la révision et l'adoption du Code d'investissement, par une stricte application des textes régissant le secteur : Code forestier, Code de l'Environnement, Code de protection de la Faune, Traité de la COMIFAC (Commission des forêts d'Afrique centrale), par le renforcement, l'actualisation et l'application du Code minier ainsi que l'élaboration et la mise en œuvre d'un cahier de charge type pour les sociétés minières ;


promotion et appui de l'Etat au secteur privé national, aux PME/PMI à travers la garantie de crédit et lancement d'un programme de microfinance ;

 
réhabilitation et construction des services sociaux de base et des infrastructures, en particulier routières, en renforçant les capacités et les gestions transparente du Fonds d'entretien routier (FER) ;

 
renforcement et valorisation du capital humain, notamment à travers la mise en place d'un programme à haute intensité de main d'œuvre, la création des centre de formation dans les domaines de la menuiserie et des techniques dans le secteur du bois et réhabilitation des structures professionnelles d'appui technique et de formation en milieu rural ;
paiement des salaires à terme échu, apurement des arriérés, et création de la caisse autonome des pensions ;


Déblocage des effets financiers de la période de 1986 à 1995 conformément aux accords passés entre le gouvernement et les six (06) centrales syndicales ;


rétablissement de l'équilibre de l'indice salarial entre les fonctionnaires militaires et civils.

Synthèse des rapports de missions


Conformément aux dispositions des articles 2 et 8 du décret n°.07.356 du 31 novembre 2007, le comité préparatoire du dialogue politique inclusif a organisé deux missions d'information et trois missions de contact.

Des missions


1. Des missions d'information


Au cours de la première série des missions, les délégations du Comité préparatoire ont été reçus respectivement par le Guide libyen Mouammar Kadhafi et le Président gabonais El Hadj Omar Bongo Odimba qui soutiennent constamment le processus de paix et de réconciliation en RCA.

 
2. Des missions de contact


La seconde est relative à la rencontre du Comité préparatoire avec certains leaders politiques et les différents acteurs principaux de la crise centrafricaine, pour les convaincre afin qu'ils participent au Dialogue politique inclusif, notamment :


MM Ange Félix Patassé
Martin Ziguélé
Jean-Jacques Démafouth
Christophe Gazambéti
Goungaye Wanfiyo Nganatoua
Abdoulaye Miskine
Laurent Djim Woi


Il ressort des discussions lors de ces différentes rencontres avec tous ces interlocuteurs, des préoccupations suivantes :

 
la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et l'APRD, suivi d'un accord de paix global avant la tenue du Dialogue politique inclusif à Bangui l'adoption des mesures judiciaires, législatives et sécuritaires afin de faciliter la participation de tous les acteurs de conférer au dialogue son caractère inclusif le respect des engagements pris et de la parole donnée le respect scrupuleux du calendrier du Dialogue politique inclusif.

Aujourd'hui, la volonté de tout le monde est d'aller au Dialogue politique inclusif. Personne ne devrait en être exclue, afin que de tout cœur, les Centrafricains tournent résolument et de manière responsable le dos au passé de division, qui les a détourné de l'option de développement socioéconomique.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans DIALOGUE INCLUSIF