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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 14:29





Par Emmanuel Jarry Reuters - il y a 1 heure 4 minutes

 

PARIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy, qui voulait incarner une "rupture" avec la politique de ses prédécesseurs, fêtera le 6 mai le premier anniversaire de son élection dans un climat de désenchantement général.

 

"Qu'il y ait de la déception, qu'il y ait des attentes, qu'il y ait des problèmes, qu'il y ait des difficultés, non seulement je le sais et je l'entends mais je m'y étais préparé", a-t-il reconnu le 24 avril sur TF1 et France 2.

Selon l'Insee, le moral des ménages est au plus bas depuis 1987. Dans les sondages, Nicolas Sarkozy est le président de la Ve République le plus mal noté par les Français (jusqu'à deux tiers de mécontents).

 

"Il avait pu gagner un électorat qui n'était pas de notre bord. Maintenant ceux-là sont partis et c'est chez nous que le doute s'est installé", analyse le député UMP Lionnel Luca.

Le malaise de la majorité, de plus en plus souvent exprimé à haute voix, a été alimentée par des faux pas à répétition de membres du gouvernement.

 

"Après avoir vu comment Sarkozy a mené sa campagne, on s'attendait à une équipe de super-pros et, là, on ne la voit pas", commente Frédéric Dabi, de l'institut de sondage Ifop.

Tout avait pourtant commencé en fanfare pour le successeur de Jacques Chirac, élu à 52 ans à la magistrature suprême avec 53% des suffrages exprimés devant la socialiste Ségolène Royal.

 

"Trente ans pour ça", confie-t-il le 21 mai 2007 face aux jardins ensoleillés de l'Elysée, cinq jours après sa prise de fonction. C'est l'aboutissement d'une ambition née à ses débuts au RPR, ancêtre de l'UMP, et d'une campagne mûrie depuis 2002.

 

DE L'"HYPER-PRÉSIDENT" AU PRÉSIDENT "BLING-BLING"

 

"J'essaye de raconter une histoire", disait-il en mars 2007. Après le 6 mai, l'"histoire" continue de plaire à une majorité de Français, qui ne lui tiennent pas rigueur de ses premières fausses notes, comme cette croisière en famille, à peine élu, sur le yacht de l'homme d'affaires Vincent Bolloré.

 

L'élégance de son épouse Cécilia et la présence de leur famille recomposée - les cinq enfants issus de leurs deux mariages - lors de son installation officielle à l'Elysée donnent l'image d'une présidence moderne et décontractée.

La nomination au gouvernement de personnalités venues de la gauche malgré les réserves de l'UMP est appréciée de l'opinion.

 

Nicolas Sarkozy est sur tous les fronts, dit vouloir lancer toutes les réformes promises en même temps, bouscule Parlement et syndicats et gagne le surnom d'"hyper-président".

Il empoche vite des succès - un traité sur les institutions européennes, la réforme des régimes spéciaux de retraite ...

 

Mais son activisme forcené le conduit à se perdre dans des dossiers secondaires et à rabaisser son Premier ministre François Fillon au rang de simple "collaborateur".

 

Il est omniprésent dans les medias - du 6 mai 2007 au 20 avril 2008, L'Express consacre 17 couvertures à Nicolas Sarkozy, à Cécilia ou à sa future nouvelle épouse, l'ex-top-model Carla Bruni, Le Nouvel Observateur 15, Paris Match 13 et Le Point 11.

La saga de son divorce avec Cécilia, puis de ses vacances en Egypte ou en Jordanie avec Carla Bruni et de son remariage, détrône princes et princesses d'Europe dans la presse people.

Cette médiatisation de sa vie privée, son goût pour les montres et bijoux clinquants et les artistes de deuxième zone, sa manie de consulter ses SMS dans les circonstances les plus officielles, lui valent le sobriquet de "président bling-bling".

 

PRÉSIDENTIALISATION OU BANALISATION ?

 

"Ce qui lui a été fatal", estime Frédéric Dabi, "c'est le décalage de cette surexposition avec le vécu et les difficultés des Français, en l'absence de résultats économiques".

Le "choc de confiance" attendu des mesures fiscales votées dès l'été n'est pas au rendez-vous. La croissance que Nicolas Sarkozy promettait d'"aller chercher" se dérobe.

 

Le chômage baisse mais le retour d'une inflation attisée par les prix du pétrole et des matières premières menace d'amputer encore le pouvoir d'achat des Français. Alors que les résultats tardent sur ce front, Nicolas Sarkozy avoue le 8 janvier qu'il ne peut pas vider des caisses "déjà vides".

 

C'est aussi le temps des premiers reculs - sur son projet d'Union pour la Méditerranée, le contrat de travail unique, le sauvetage de l'aciérie de Gandrange en Moselle, etc.

Deux éloges vibrants de la religion, au Vatican, puis en Arabie saoudite, valent à Nicolas Sarkozy d'être accusé de s'attaquer à la laïcité, un pilier de l'identité nationale.

 

Il déchaîne un tollé en voulant passer outre l'opposition du Conseil constitutionnel à la rétroactivité d'une loi instaurant la rétention de sûreté pour les criminels les plus dangereux.

Ses mouvements d'humeur, lorsqu'il lance par exemple "casse-toi pauv'con" à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refuse de lui serrer la main, achèvent de dilapider le capital de popularité dont il jouissait au lendemain de son élection.

 

Les élections municipales de mars tournent au fiasco, avec la perte par la droite de plusieurs dizaines de grandes villes.

L'heure est alors à l'adoption d'un style plus classique. Nicolas Sarkozy se fait plus discret. Du coup, "il se banalise", estime Jean-François Doridot, de l'institut Ipsos.

"La banalisation va de pair avec le désenchantement. Le président ne fait plus rêver", renchérit François Miquet-Marty, de l'institut Viavoice, pour qui, cependant, "il ne faut pas en déduire que cette première année est une année perdue".

 

Le 24 avril, le chef de l'Etat confesse à la télévision des "erreurs" en affichant une humilité inédite, assure avoir remis de l'ordre au gouvernement, à l'Elysée et dans sa vie privée mais ne renie rien de sa stratégie et des réformes entreprises.

Alors que les plus délicates sont à venir, dans un contexte économique difficile, et que celle des ports et des effectifs de l'éducation suscitent déjà des mouvements sociaux, il demande à être jugé dans quatre ans, à la fin du quinquennat.

Sa chance, estime Jean-François Doridot, est que "personne n'incarne aujourd'hui une véritable alternative".

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