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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 18:55





MISE AU POINT DES DEPUTES DE PAOUA

SUR LA DECLARATION DU PRESIDENT BOZIZE

LE 02 AVRIL 2008 A PAOUA

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Par leur déclaration du 28 février 2008, les Députés de l’Ouham Péndé, toutes tendances confondues, ont voulu attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la gravissime situation sécuritaire de leur région.

Dans cette déclaration d’une extrême importance, ils avaient suffisamment édifié l’opinion nationale et internationale sur l’origine de cette insécurité, de ses conséquences et de ses commanditaires. Ladite déclaration n’a jamais été démentie. Elle est d’ailleurs d’actualité, au regard de l’inauguration de la caserne militaire de Paoua le 02 avril 2008 par le Président de la République. Les ambassadeurs de l’Union Européenne et de la France, principaux bailleurs du site contrairement aux affirmations du Général Bozizé, prenaient également part à cette cérémonie.

Les Députés de Paoua se réjouissent donc de cet événement et expriment par la même occasion toute leur gratitude au nom de la population de Paoua, à l’Union Européenne et à la France.

Les deux hauts représentants auront vite compris le mobile de l’exclusion des élus de cette localité par le Général Bozizé qui s’était juré de ne jamais les recevoir jusqu’à la fin de son mandat.

En dépit de cette exclusion, les trois Députés de Paoua ont suivi avec une plus grande attention le déroulement de cet événement, et le discours indigeste, truffé de contre vérités du Général Bozizé, suite à celui haute politique, responsable et émouvant de l’Ambassadeur de l’Union Européenne, interrompu plusieurs fois par des applaudissements nourris.

Que dire donc d’un Chef d’Etat qui se glorifie d’avoir contraint une partie importante de sa population à ne vivre que de la manne internationale et qui le revendique en publique ? Nous citons : « Après la ville de Bangui, c’est celle de Paoua qui compte le plus grand nombre d’ONG [voulant parler des humanitaires] a-t-il assené sans sourciller, devant une population médusée auprès de laquelle il a, à chaque fois, insisté pour être applaudi. En disant cela, le Chef de l’Etat reconnaît que la région de l’Ouham Péndé en général, celle de Paoua en particulier a été durement éprouvée par sa calamiteuse rébellion, ce qui confirme l’échec total de sa prétendue politique de réconciliation. C’est également est une condamnation sans équivoque de son régime par la communauté internationale.

Que pensez encore d’un Chef d’Etat qui prêche la violence et qui demande à la population de Paoua et aux autorités locales de « chicoter » tous ceux qui ne sont pas de son bord politique ?

L’exclusion des élus de Paoua de cet événement suffit à elle seule à expliquer la haine viscérale que le Général Bozizé porte, non seulement contre les représentants de cette région, mais surtout contre sa population.

Pire encore, le Général Bozizé a qualifié les élus de cette région de « a zo ti houssou houssou » c’est-à-dire des fauteurs de trouble.

Les hauts représentants de l’Union Européenne et de la France et la population de Paoua qui ne sont pas dupes auront compris les motifs réels du lourd tribut que cette dernière a payé et continue de payer encore aujourd’hui, ainsi que le rejet de ses élus par le Général Bozizé qui, du reste, a proféré des menaces contre les élus de Paoua quant aux échéances électorales futures.

Les Députés de Paoua voudraient saisir l’occasion pour prendre une fois de plus, l’opinion nationale et internationale à témoin, pour attirer leur attention sur le danger réel que fait peser sur lé région de Paoua de tels propos, tenus par le Chef de l’Etat qui, de surcroît, est sensé être le garant la Constitution de notre pays sur laquelle il a prêté serment.

Dans leur déclaration rappelée ci-haut, les Députés de Paoua ont fait savoir qu’il leur était impossible de se rendre auprès de leurs électeurs depuis mai 2005, date de leur élection. Les propos haineux du Chef de l’Etat à l’endroit de ceux-ci confirment les craintes exprimées par ces derniers concernant leur sécurité. Comme l’ont toujours souligné ces élus, la jeune démocratie centrafricaine est véritablement en danger depuis le 15 mars 2003.

La population de Paoua, à l’instar des populations des autres régions de la République Centrafricaine, n’aspirent qu’à la paix et à la liberté. Elles ne demandent que la remise en état de l’usine d’égrenage de coton de la Péndé, l’indemnisation due aux paysans spoliés de leurs milliers de bœufs et de charrues et le retour du DROP et de l’ACADOP dont les centaines de véhicules et engins de travaux publics ont été convoyés par la rébellion du Général Bozizé au Tchad, pour reprendre ses activités agricoles. Elle demande au Général Bozizé qui est la source de toutes les convulsions politiques dans notre pays depuis 1982 d’aller plus vite au dialogue politique inclusif afin de permettre le retour au bercail de centaines de milliers de ses concitoyens exilés au Tchad et au Cameroun, au lieu de continuer à remuer le couteau dans une plaie qui tarde à se cicatriser.

Maçon, le Général Bozizé s’est proclamé. Mais à l’œuvre depuis cinq ans, le maçon n’a pu poser aucune fondation pour entamer la reconstruction du pays que sa rébellion a mis à mal.

 

                                                                                  Fait à Bangui, le 14 Avril 2008

 

Les Députés de PAOUA


 

Joseph BOYKOTA-ZOUKETIA, PAOUA I

 

 

Christophe NDOUBA, PAOUA II

 

  

Luc Apollinaire DONDON KONAMABAYE, PAOUA III

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