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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 17:43




 

Après tant et tant de tergiversations, de louvoiement, de scepticisme, bref, de doute, le processus du dialogue politique inclusif en Centrafrique paraît maintenant bel et bien amorcé.  En juger par les récents et derniers tours de chauffe effectués par des délégations du comité préparatoire qui ont rencontré il y a quelques jours à Paris, plusieurs personnalités politiques susceptibles d’y prendre part ainsi que le week-end dernier à Lomé, l’un des protagonistes sinon le plus important des protagonistes, l’incontournable président Ange Félix Patassé avec qui la délégation  s’est longuement entretenu. On le voit, le processus avance et est sur la dernière ligne droite, n’en déplaise à certains.

 

Aux dires des délégués du comité préparatoire, le processus pour la tenue de ce dialogue est désormais irréversible et que ce forum de la dernière chance en quelque sorte pour jeter les bases pouvant ramener une paix durable en Centrafrique aura bel et bien lieu dans environ quarante cinq (45) jours après la remise de leur rapport au gouvernement centrafricain prévue pour le 25 avril prochain.

 

Il faut dire que les nombreuses et inlassables pressions exercées par la communauté internationale sur Bozizé n’auront pas été pour rien dans le revirement de ce dernier qui n’a initialement jamais été d’accord pour la tenue de cette assise. Aujourd’hui, toujours selon le comité préparatoire qui s’est même permis de lui écrire pour solliciter son accord afin que tous ceux qui comptent sur l’échiquier politique national puissent participer à ce dialogue, il aurait  effectivement approuvé la démarche visant à rendre possible la participation de tout le monde.

 

Il est vrai que s’agissant du président Patassé et de son ancien ministre de la défense aujourd’hui président du mouvement armé l’APRD, Jean Jacques Démafouth - Bozizé qui est loin d’être un saint bien au contraire - n’a jamais fait mystère de son intention de les faire arrêter et remettre à la justice, d’où la nécessité que de véritables mesures d’amnistie politique générale soient prises pour leur permettre de prendre dûment part au dialogue si on souhaite qu’il soit vraiment inclusif. 

 

Reste aussi le problème du lieu où devrait avoir lieu le dialogue. Pour l’opposition et la plupart des mouvements armés ainsi que la coordination des signataires du Manifeste pour un vrai dialogue inclusif présidé par Me Goungaye Nganatouwa, ce forum doit se tenir en dehors du territoire centrafricain. Pour le comité préparatoire, le dialogue pourrait se tenir à Bangui sous réserve que les hypothèques sécuritaires et judiciaires qui pèsent sur certains participants éventuels soient levées. Ce volet est un véritable sujet de préoccupation et le comité dit aussi s’en soucier et se préparer à arrêter des dispositions techniques concrètes à mettre en œuvre.

 

 Le comité préparatoire du dialogue qui travaille sous les auspices du Centre du dialogue humanitaire (CDH) une association suisse basé à Genève.  Il est présidé par un citoyen éthiopien M. BERHANOU ABEBE qui est assisté de M. Freddy NKURIKIYE, un citoyen burundais également de l’association suisse CDH. Cette structure, a préalablement fini de rencontrer à Bangui toute la classe politique, les syndicats, les confessions religieuses, bref, la société civile etc…

 

Les rencontres du comité préparatoire devraient en principe s’achever avec un entretien avec le président Omar Bongo Ondimba à Libreville et le colonel Moammar Khadafi à Tripoli. Il n’est pas prévu dans son agenda une rencontre avec le président burkinabé Blaise Compaoré dont certains politiciens calculateurs avaient rêvé qu’il puisse être désigné médiateur de la crise centrafricaine mais qui a été récusé.

 

Que doit viser ce dialogue ? Jeter les bases d’une paix durable en Centrafrique avec des règles inviolables régissant de manière irréversible la vie démocratique moderne. Cela passe par une définition claire des principes acceptés par tous pour l’organisation des alternances politiques à la tête des institutions nationales. L’accession à la magistrature suprême ne saurait conférer un blanc seing  pour la mauvaise gouvernance et le non respect des droits de l’homme. Le dialogue national inclusif doit être clair là-dessus et prendre les dispositions pour prémunir notre pays et ses fils de cette déviation.

 

C’est un secret de polichinelle que Bozizé dont le bilan de gouvernance est pourtant plus que calamiteux, s’est déjà préparé pour l’échéance présidentielle de 2010 et possède plusieurs longueurs d’avance sur ses adversaires potentiels. On lui prête même l’intention de retoucher la constitution et d’organiser des élections anticipées. Par ailleurs, il s’est aussi  surarmé dans la perspective de continuer à  s’imposer par la force des armes à la tête du pays. Doit-on le laisser faire à sa guise ? Ce sont là des paramètres que tout le monde doit avoir à l’esprit dans la préparation et au cours des débats et ateliers du dialogue national.

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Centrafrique-Presse.com - dans Editorial