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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 22:16

 

 

 

LIBREVILLE (AFP) - jeudi 10 avril 2008 - 19h28 - Le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet, dont c'était le premier déplacement à l'étranger, ont effectué jeudi une visite express à Libreville pour aplanir les différends après une crise diplomatique.

 

"Quelques nuages ont traversé le ciel de nos relations. Ils sont derrière nous. C'est ce que nous pouvons dire aujourd'hui après un temps passé avec le président de la République du Gabon (Omar Bongo Ondimba). Les relations sont au beau fixe", a affirmé M. Joyandet.

 

Le nouveau secrétaire d'Etat a remplacé le 18 mars Jean-Marie Bockel qui voulait signer "l'acte de décès de la Françafrique" et dont les autorités gabonaises avaient salué l'éviction.

Les deux hommes sont arrivés à Libreville peu avant midi (11H00 GMT). Le président Bongo s'est d'abord entretenu en tête à tête avec le secrétaire général de l'Elysée avant d'accueillir la délégation française dans son ensemble avec le secrétaire d'Etat.

 

"Je dirais les choses très clairement, il y a eu (...) quelques incompréhensions entre la France et le Gabon", a souligné M. Guéant. "Il y a eu quelques crispations (...), le président Sarkozy s'en est expliqué par téléphone avec le président Bongo. Et il a tenu à ce que le nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération et son secrétaire général viennent à Libreville pour dire au président et au peuple gabonais l'estime, la gratitude (...) le reconnaissance" de la France.

 

Les deux hommes, qui ont affirmé que les échanges avec le président Bongo avaient été "chaleureux", ont précisé que la remise à plat de la présence militaire française en Afrique, annoncée fin février au Cap par le président Nicolas Sarkozy, n'avait pas été évoquée. La France dispose d'une base militaire au Gabon.

 

Les relations entre Paris et Libreville s'étaient tendues après la reconduite aux frontières françaises en février de deux étudiants gabonais, et de la diffusion par une télévision française d'un reportage sur le luxueux patrimoine immobilier en France du président Bongo, doyen des chefs d'Etats avec plus de 40 ans au pouvoir.

 

Claude Guéant a souligné, "hasard du calendrier", que l'Assemblée nationale française a donné jeudi son vert à la ratification par Paris d'un accord France-Gabon sur "la gestion concertée des flux migratoires et le codéveloppement". Libreville avait demandé à plusieurs reprises à Paris d'appliquer cet accord signé en juillet 2007. Le Gabon s'était également senti visé par le discours, en janvier, de Jean-Marie Bockel promettant la fin de la "Françafrique".

 

Des sources française et gabonaise avaient indiqué à l'AFP que Libreville avait oeuvré au départ de M. Bockel, nommé secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Interrogé sur la "Françafrique", Claude Guéant a notamment affirmé: "Il faut s'entendre sur le terme de Françafrique. Si la Françafrique c'est une relation post-coloniale, elle est derrière nous. Si la Françafrique, c'est la recherche par les partenaires d'une amitié, solide, réelle dans le respect des peuples et des souverainetés, oui c'est une Françafrique qui a de l'avenir. C'est celle que nous souhaitons de part et d'autre".

 

 

 

Afrique: Françafrique - Joyandet est allé faire allégeance à Bongo

 

"L'un des premiers freins au développement, c'est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l'incurie de structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants, la Françafrique est moribonde. Je veux signer son acte de décès". Paroles martelées le 15 janvier 2008 par Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'Etat à la Coopération de France. Et ce n'était pas tout : plusieurs semaines après, 2 étudiants gabonais étaient expulsés, et, surtout, France 2, l'une des chaînes publiques, diffusait une élément sur les biens immobiliers d'Omar Bongo Ondimba, un documentaire repris du reste par TV5.

De même, Denis Sassou N'Guesso ne sera pas épargné, puisque lui aussi aura droit à la médiatisation de son patrimoine immobilier en Hexagone. Ce furent le discours et l'acte de trop de l'occupant du 20, rue Monsieur, qui perdit son portefeuille à la faveur du léger remaniement survenu aux lendemains des municipales et des cantonales.

Dans l'immédiat, on a minimisé l'événement, en arguant qu'il n'y a pas de cause à effet entre la position de Bockel sur la Françafrique et ce décagnotage. L'infortuné transfuge du PS lâchera même : "Je me sens bien chez les anciens combattants", puisqu'il seconde désormais Hervé Morin, ministre de la Défense.

N'empêche avec le recul et les langues qui se sont déliées par la suite, il est pratiquement établi que ce sont les Bongo et Cie qui ont demandé et obtenu la tête du "traître" du PS. Non seulement "cette rétrogradation", Bockel l'a apprise par surprise au téléphone, de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, son patron d'alors, mais aussi, il était "furax" qu'on l'amène chez les anciens combattants.

Exit donc ce pourfendeur des tenants du pouvoir dans le "pré carré français", qui a "cogné sa tête à plus fort que lui", car même son patron de président, Nicolas Sarkozy, hésite beaucoup à "manquer de respect à un Bongo".

Bockel "puni", il fallait bien recoller les morceaux, d'où cette tournée, sa première depuis sa prise de fonction, d'Alain Joyandet, son remplaçant. Ainsi, le nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération se rendra au Gabon, au Sénégal et au Togo pour "construire des relations bilatérales dans la discrétion", selon ses propres termes.

Hier jeudi 10 avril 2008 donc, c'est un Joyandet très à l'aise qui a été reçu au palais du bord de mer par Omar Bongo Ondimba. Rideau sur toutes les incompréhensions de ces derniers mois. Voici venus encore des jours prometteurs pour les relations franco-gabonaises.

En effet, depuis près de quatre décennies, Papa Bongo a toujours eu des rapports assez corrects avec la France, marqués quelquefois par des couacs, mais toujours préservés de certains desiderata. Normal, celui qui a succédé à Léon M'Ba a été, de tout le temps, "copain-copain" avec les différents dirigeants français.

Les langues fendues au mauvais endroit soutiennent que l'homme qui est à la tête du Gabon depuis 40 ans a toujours mis la main à la poche pour soutenir certaines campagnes électorales françaises. Vrai ou faux ? Ce qui est sûr, c'est qu'Ondimba est traité avec beaucoup d'égard du côté de la Seine. Du temps de Chirac, disait-on, quand Bongo voulait déjeuner avec l'homme de la Corrèze, il l'appelait le matin, et à midi, ils partageraient le repas à Paris.

Vraisemblablement, ce n'est donc ni plus ni moins qu'une forme d'allégeance que Joyandet est allé faire au chef de l'Etat gabonais. Depuis son accession à la magistrature suprême, Nicolas Sarkozy a toujours prôné une politique de rupture, qui sera sa boussole lors de son mandat à l'Elysée : cela a concerné d'abord l'épineuse question de l'Immigration avec la création du département chargé de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Co-développement, confié au fidèle et ami de longue date Brice Hortefeux.

Les aspects de cette rupture dans ce volet ayant pour noms test ADN, 25 000 reconduites/an à la frontière... Suivront le discours de Dakar au Sénégal, dans lequel Sarkozy revisitera Hegel pour dénier aux Africains toute histoire et surtout toute vocation à avancer... et celui du cap le 28 février 2008, au cours duquel le locataire du château a déclaré :

"La France n'a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique". Dans ces bouts de phrase, tout est dit sur la rupture que Sarkozy veut opérer en matière d'accords de défense liant son pays aux Etats africains.

Il s'agit bel et bien d'une rupture, car tout semble indiquer qu'il veut mettre fin à ce parapluie censé protéger des pays du continent noir, ou plutôt veiller sur certains de leurs dictateurs. Un premier démenti à cette politique de rupture a été illustré par le cas tchadien, où après moults tergiversations, la France a bien pris part à la bataille de début février 2008 entre Idriss Déby et les rebelles de Mahamat Nouri et Cie, notamment en fournissant des renseignements sur les déplacements des rebelles.

En envoyant l'émissaire Alain Joyandet à Libreville, Nicolas Sarkozy semble signifier que sa politique de rupture comporte quelques exceptions, dont la Françafrique. C'est pour ne l'avoir pas compris que Bockel a payé cash ses sorties musclées contre les "vieux amis" de la France.

Une façon pour lui de dire à la galaxie sarkozie "attention, la rupture a des zones rouges, et qui s'y frotte s'y pique", en même temps de signifier aux Bongo, Sassou et Biya : "Ne vous fâchez pas, l'incident est clos". Qui est fou ?

 

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