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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 14:50

 

Aujourd’hui, 7 avril 2008, on commémore le douloureux 14ème anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda qui, du 7 avril au 4 juillet 1994 a fait environ 1 million de victimes. Ce plan machiavélique d’extermination d’individus pour le simple fait d’être « tutsi » (ou pour s’être opposés à cette extermination) a été mis en œuvre grâce au soutien politique, diplomatique, militaire et financier que la France a apporté au régime d’apartheid de Juvénal Habyarimana dans un premier temps, puis aux génocidaires pendant et après le génocide lui-même.

 

Aujourd’hui très documenté, cet épisode a constitué la pire dérive d’un système de relations que la France entretient depuis les « Indépendances » avec les pays africains : la Françafrique. Le Rwanda a permis de voir jusqu’où était capable d’aller la République française, à savoir se rendre complice d’un génocide, pour défendre ses intérêts politiques ou économiques en Afrique, et ensuite nier toute responsabilité pour défendre l’honneur de son Armée.

Si la plupart des colonies françaises ont accédé à l’Indépendance en 1960, c’est bien dès 1958, en parallèle à l’instauration de la Vème République qui fêtera ses 50 ans cette année, qu’a été mise en place cette Françafrique néocoloniale, qui fait de la Vème République une « République françafricaine ».

 

Après un bref épisode consistant à tenter de mettre en place une Communauté avec les pays africains de l’ancien empire colonial, les indépendances formelles ont en effet été verrouillées par un ensemble d’accords économiques, monétaires, diplomatiques, militaires qui reviennent à établir une domination française de fait. Les hommes politiques africains qui ont eu d’autres ambitions pour leurs pays ont été éliminés par l’assassinat : Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1988, ou par des coups d’Etat : Modibo Keita (1968), Amani Diori (1974), etc.

 

Tous les présidents français ont utilisé la trop fameuse « cellule africaine » de l’Elysée pour manipuler les pouvoirs africains. Lorsque, dans les années 90, des conférences nationales tenteront de réformer des relations opaques et corrompues et d’instaurer des régimes représentatifs, la manipulation des élections assurera la continuité du système. Omar Bongo (Gabon), Paul Biya (Cameroun), le clan Eyadéma (Togo), Lansana Conté (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-B.), Idriss Déby (Tchad), restent aujourd’hui en place grâce au soutien de la France. Le système de corruption mis en place est scandaleux. L’affaire Elf en a témoigné, même si les investigations sont restées très partielles, tandis que l’édification par les présidents africains de fortunes pharaoniques (« biens mal acquis ») commence à engendrer enquêtes et plainte.

 

Après avoir promis une rupture avec ce système de corruption, le président français Nicolas Sarkozy a donné des gages aux régimes les plus corrompus, avec comme dernier épisode l’éviction de Jean-Marie Bockel de son poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération à la demande des principaux prédateurs qui, précisons-le, sont aussi bien des Présidents africains dictateurs que des affairistes français implantés en Afrique.

 

Afin de dénoncer cette perpétuation du néocolonialisme français en Afrique et de susciter un mouvement de réprobation, Survie lance aujourd’hui un « Moi(s) contre la Françafrique ».

Ce « Moi(s) » se déroulera du 7 avril (date du début du génocide au Rwanda en 1994) au 13 mai (le 13 mai 1958 pouvant être considéré comme l’avènement de la Vème République avec le retour au pouvoir du général de Gaulle). Conférences, projections-débats, concerts, manifestations seront organisés un peu partout en France sur les sujets aussi cruciaux que le soutien militaire à Idriss Déby au Tchad, le pillage de l’uranium nigérien par Areva, les biens mal acquis des dictateurs africains en France, etc. (Voir le dossier de presse ci-joint).

 

En cette année 2008, et à l’occasion du 50ème anniversaire d’une Vème République Françafricaine, il est plus que temps d’opérer une véritable rupture avec la Françafrique et de mettre en œuvre une réforme de la politique de la France vis-à-vis du continent africain par l’arrêt du soutien aux dictatures, la promotion de la démocratie et la défense des droits de l’Homme, la conditionnalisation de l’aide à la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l’instauration d’un contrôle sur les activités des multinationales françaises en Afrique, la fin de l’ingérence militaire, la fin du domaine réservé de l’Elysée et l’instauration d’un contrôle parlementaire sur la politique extérieure de la France. Un engagement à encourager à tous les niveaux, politiques et citoyens.

 

 

Mobilisations citoyennes

 

Nicolas Sarkozy avait promis, durant sa campagne présidentielle, une rupture avec les régimes corrompus et autoritaires. Et annoncé, lors de son discours d’investiture, une politique de la France au service des droits de l’homme dans le monde. Ces espoirs ont été vite déçus.

Un an après les élections présidentielle et législatives, l’association Survie organise un "Moi(s) contre la Françafrique", sur le modèle de la "Quinzaine contre la Françafrique" de novembre 2005 et du "Mois contre la Françafrique" de février 2007, pour relancer le débat en France sur les liens que notre pays continue d’entretenir avec la plupart de ses anciennes colonies africaines : aide au développement dévoyée, interventions militaires, soutien à des dictatures, pillage des ressources, etc.

Peu transparente et de plus en plus critiquée (au Tchad, au Gabon, au Congo, en Côte d’Ivoire...), la politique de la France en Afrique doit faire l’objet d’une véritable réforme : instauration d’un contrôle parlementaire, fin de l’ingérence et respect des aspirations démocratiques des populations africaines.

Afin de donner une audience plus large à ces revendications, Survie organise du 7 avril au 13 mai un mois de mobilisations partout en France : interpellation des élus et sensibilisation du grand public avec des conférences, des projections débats, des tables de presse, des concerts, des manifestations...

 

50 ans de République Françafricaine

 

Le "Moi(s) contre la Françafrique" 2008se déroulera du 7 avril (date du début du génocide au Rwanda en 1994) au 13 mai (le 13 mai 1958 pouvant être considéré comme l’avènement de la Vème République avec le retour au pouvoir du général de Gaulle).

En 1958, l’instauration de la Vème République par le général de Gaulle (rappelé au pouvoir en pleine guerre d’Algérie) coïncide avec la mise en place de la Françafrique, devenue en quelque sorte consubstantielle d’une République qui s’attachera, jusqu’aujourd’hui encore, à garder une haute main sur les pays africains et leurs ressources naturelles.

La stigmatisation des 50 ans de cette politique, non démocratique, est pour nous l’occasion d’appeler à un changement réel et à une véritable rupture dans ces pratiques par un assainissement des relations franco-africaines.

 

Les sujets forts de ce "Moi(s) contre la Françafrique"

 

Le Tchad, le Niger et l’exploitation de l’uranium par Areva, les biens mal acquis des dictateurs africains en France, le pillage des ressources naturelles (or, pétrole…), Nicolas Sarkozy et la Françafrique, la complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994…

Nombreux seront ceux qui exprimeront, lors de ce "Moi(s) contre la Françafrique", leur rejet (en leur nom propre) du néo-colonialisme français en Afrique.

Pour retrouvez les évènements du "Moi(s)" consultez l’agenda des mobilisations mis à jour sur le site Internet de Survie. www.survie-france.org

 

1958 - 2008 : 50 ans de République Françafricaine

 

1958 : Aux origines de la Françafrique

 

"Coup d’Etat constitutionnel" ou "coup d’Etat démocratique", le retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958 marque l’instauration d’un régime (la Vème République) qui fera tout pour conserver son empire colonial, avant de mettre en place les structures parallèles et illégales (la Françafrique) assurant la dépendance de pays devenus par la suite officiellement "indépendants".

13 mai 1958. Quand la crise coloniale accouche d’une Vème République néocoloniale. Putsch des généraux à Alger demandant la défense de l’Algérie française et le retour au pouvoir du général De Gaulle.

1er juin 1958. De Gaulle reçoit les pleins pouvoirs.

28 septembre 1958. Adoption de la constitution de la Vème République et naissance de la Françafrique.

Conjointement au référendum sur la nouvelle Constitution, un projet de Communauté française (dernier nom donné à la communauté de destin entre la France et ses colonies) est soumis au vote des colonies devant accepter de s’en remettre à la Métropole pour l’exercice des attributs de la souveraineté internationale. Ultimatum plutôt que référendum en réalité. Ce projet qui remporte 90% de "Oui", ne prévoit nulle part le droit à l'autodétermination, l'alternative offerte aux colonies africaines étant simple : soit accepter la Constitution et s'associer à la France dans le cadre de la Communauté, soit la rejeter et faire sécession. L’indépendance immédiate synonyme de rupture avec la France est brandie en menace par de Gaulle qui dira face aux auditoires africains en août 1958, au cours de ses escales guinéenne et sénégalaise, « la Communauté est à prendre ou à laisser ».

Le "Non" de Sékou Touré a pour conséquence immédiate l’indépendance la Guinée française, traduisant ipso facto la rupture avec la France et l’intransigeance de de Gaulle. Ainsi, le référendum sur la Vème République va-t-il de pair avec un maintien sous dépendance.

21 décembre 1958. De Gaulle est élu président de la République.

Les années 1960, vague d’indépendances ? Si de Gaulle infléchit sa position sur les accessions à l’indépendance des colonies françaises, c’est pour mieux orchestrer avec l’aide de Foccart, de fausses indépendances, une servitude politique, économique et monétaire. La Vème République a fait de l’assujettissement de l’Afrique le ressort de sa puissance, dissimulé sous des relations d’amitié entre chefs d’Etat.

 

50 ans d’ingérence française en Afrique

 

1958-60

Autonomie puis indépendance des colonies françaises

1962

Fin de la guerre d’Algérie

1963

Assassinat de Sylvanus Olympio (Togo) par Eyadema

1965

Coup d’État du Katanga avec l’appui de Bob Denard

1967

Création d’Elf. Début de la guerre du Biafra

1968 –72

Soutien des troupes françaises contre la rébellion au Tchad

1974

Renversement de Amani Diori (Niger) 1 mois après sa décision d’indexer le cours de l’uranium surle pétrole

1977

Aide à Mobutu pour défendre le Shaba, au Zaïre

1979

Opération Barracuda en Centrafrique pour déposer Bokassa

1981

Élection de F. Mitterrand et début de la politique néocoloniale « de gauche »

1983

Opération Manta au Tchad, pour soutenir Hissène Habré

1986

Opération Epervier de l’armée française au Tchad

1987

Assassinat de Thomas Sankara au Burkina Faso par les hommes de Compaoré

1990

Discours de La Baule de Mitterrand

1992

Début de la guerre civile au Congo Brazzaville

1994

Génocide des Tutsi au Rwanda, complicité de la France. Dévaluation du FCFA

1995

Bob Denard renverse le président Djohar aux Comores

1997

Réforme de la coopération (gouvernement Jospin). Coup d’État de Sassou au Congo (soutien d’Elf)

1999

Mission Khor-Angar pour renforcer la défense de Djibouti

2002

Procès Elf. Le peuple malgache renverse Ratsirak l’allié de la France

2003

Opération Licorne en Côte d’Ivoire

2005

Mort de Eyadema, puis élection truquée de son fils Faure Gnassingbé appuyé par la France

2006

Réélection frauduleuse d’Idriss Déby au Tchad soutenu par la France

2008

Intervention militaire de la France pour le maintien d’Idriss Déby au pouvoir. Eviction de JM Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération ayant exprimé son souhait de signer l’acte de décès de la Françafrique, à la suite de pressions de présidents africains

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