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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 00:30

 

Par Julien Martin | Rue89 | 05/04/2008 | 12H02

Dans une interview à Rue89, l'ex-ministre de la Culture répond à la polémique sur sa visite en Côte-d'Ivoire et s'en prend au PS

Certains affirment que Jack Lang est inquiet, mais lui assume parfaitement. Interrogé par Rue89 sur sa virée du week-end dernier avec le président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, le député socialiste considère qu'elle était même "très intéressante", nullement gêné par le reportage de la télévision ivoirienne RTI diffusé en France par Bakchich:

Au cours de notre entretien, Jack Lang a répété qu'il considérait Laurent Gbagbo comme "un humaniste", se fiant à son "intuition". Il en a également profité pour tacler les dirigeants socialistes, notamment le Premier secrétaire du PS François Hollande, qui auraient participé à la "diabolisation" du président ivoirien. Interview.

Pourquoi vous êtes-vous rendu en Côte d'Ivoire?

Ce sont des amis qui m'ont approché. Jean-Marie Le Guen [vice-président de l'Assemblée nationale, ndlr], qui est un ami, m'a parlé il y a quelques semaines de la situation en Côte d'Ivoire et m'a dit: "Voilà, Gbagbo aimerait te rencontrer. Il a été très blessé par la façon dont Hollande l'a traité au moment de la guerre civile. Il a confiance en toi." C'est vrai que j'ai acquis là-bas une sorte de sympathie pour différentes raisons: mon anticolonialisme ancien, mon attirance pour l'art traditionnel, mon amitié avec les musiciens comme Youssou N'Dour et d'autres...

Pourquoi Laurent Gbagbo souhaitait-il vous voir vous?

Gbagbo souhaitait que quelqu'un comme moi vienne se rendre compte sur place de la situation et aide à une forme de réconciliation. Une réconciliation intérieure. Il m'a demandé de rencontrer les différents leaders qui naguère se sont affrontés physiquement: Soro qui est devenu Premier ministre, Bédié l'ancien Président qui a été chassé par un coup d'Etat, Ouattara qui vient du Nord et qui n'était pas là mais que j'ai appelé...

Une réconciliation avec les socialistes français également, mais je crois que je n'arriverai pas à les convaincre, Hollande a prononcé des propos définitifs. C'était un travail de contact, une visite d'amitié, une visite très intéressante. J'étais mon propre envoyé, si j'ose dire.

N'avez-vous pas eu peur de créer la polémique?

Gbagbo est un homme de gauche, un humaniste. Il connaît l'histoire du mouvement socialiste français mieux que certains socialistes d'aujourd'hui. C'est un patriote qui a été élu démocratiquement, autant que la démocratie fonctionne en Côte d'Ivoire. C'est un président légitime et légal. Il s'est trouvé confronté à une situation de rébellion et d'invasion de la part de troupes venant du Nord et notamment du Burkina Faso. On ne va pas reprocher à un président en fonction de se battre pour préserver l'unité de son pays.

Après, un affrontement c'est un affrontement, on ne fait pas dans la dentelle. Ce qui n'est pas normal, c'est que l'agressé -Laurent Gbagbo et son gouvernement- ait été présenté dans les médias européens ou américains comme l'agresseur.

Je ne suis pas enquêteur, je ne suis pas chargé de dire le bien et le mal, mais mon intuition et le témoignage de gens en qui j'ai confiance me permettent de dire que cet homme a été injustement calomnié, maltraité par le gouvernement français de l'époque. Et certains dirigeants socialistes français manipulés ou mal informés ont participé à cette diabolisation.

Aviez-vous besoin d'aller en boîte de nuit pour vous en rendre compte?

J'ai dit à Laurent: "Si tu es si populaire, allons donc se promener dans les quartiers populaires." Et on a descendu cette magnifique rue, en toute décontraction, avec un dispositif de sécurité très léger. Il y avait une sorte d'enthousiasme et de respect dans les regards des Ivoiriens qu'on a croisés. On est ensuite allés en boîte, elle s'appelle le Queen's [qui appartient au footballeur Didier Drogba, ndlr]. Vous savez, la Côte d'Ivoire est un des pays où la musique bouge le plus.

Faites-vous encore de nombreux voyages de la sorte?

J'ai eu dans ma vie ce privilège, par l'action que j'ai menée, de voyager. Mais la plupart de mes voyages sont motivés par des envies personnelles. J'ai une attirance particulière pour les pays du Sud, l'Afrique et l'Amérique du Sud. J'ai beaucoup voyagé au Vénézuela chez mon ami Hugo Chavez. Aujourd'hui, les hommes politiques, Hollande notamment, ne voyagent pas, et c'est très regrettable.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview