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27 mars 2008 4 27 /03 /mars /2008 12:00
TRES HONORABLE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE,
HONORABLES DEPUTES,
MESDAMES ET MESSIEURS,


Le 22 janvier 2008, son Excellence, le Général d'armée François BOZIZE, Président de la République, Chef de l'Etat, que le peuple centrafricain a majoritairement élu au suffrage universel en mai 2005,m'a fait l'insigne honneur de me nommer au poste de Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

TRES HONORABLE PRESIDENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE,
HONORABLES DEPUTES,
MESDAMES ET MESSIEURS,


C'est avec beaucoup d'humilité empreinte d'émotion que je prends la parole ce jour, devant cette auguste assemblée, conformément aux dispositions de l'article 41 de la Constitution de la République Centrafricaine du 27 Décembre 2004, pour exposer mon programme de politique générale.

La solennité de ces lieux, symboles de la représentation nationale, gage de notre jeune démocratie, requière de ma part toute la déférence que je dois à votre noble Institution.
Je me permets de dire ici que j'ai une certaine idée du Parlement car je n'ignore pas le rôle qu'il joue en faveur du dialogue républicain, lequel dialogue constitue la principale force des grandes nations démocratiques.

Comme vous le savez autant que moi, en démocratie, le parlement est toujours bipolaire c'est-à-dire qu'il est généralement composé d'une majorité et d'une opposition.

Aussi, suis-je intimement persuadé que, le succès des uns ne signifie pas le reniement des autres. Chacun doit être respecté dans ses convictions et ses votes.

Je crois à l'écoute, à la synergie des différences et des intelligences. C'est pourquoi, pour moi, l'opposition n'est pas un adversaire mais un contradicteur nécessaire, et je le souhaite constructif.
Quant à la majorité, elle est à la fois le partenaire et l'aiguillon du Gouvernement, j'en suis également convaincu.

A cette fin, permettez- moi de rappeler les propos tenus par le Chef de l'Etat, lors de son investiture après les élections de Mai 2005. Je cite :
« Le sens de notre mission est de rebâtir un Etat qui s'assume, à la condition que l'harmonie et l'intérêt général conduisent les nouvelles institutions républicaines. Au Gouvernement d'œuvrer alors avec méthode, cohérence, hardiesse, solidarité et efficacité pour que le mot d'ordre « KWA NA KWA » porte ses fruits.
Toutefois la majorité ne signifie pas exclusion. Nous avons obligation d'entendre le message de la minorité qui peut être porteuse de vérité.
C'est pourquoi le sens du dialogue et du rassemblement qui nous a toujours guidé, commande que l'opposition continue de participer à l'animation de la vie politique, conformément à l'ordonnance relative aux partis politiques et au statut de l'opposition. C'est en effet dans la contradiction dynamique de la parole, soutenue par l'intérêt général, que la démocratie centrafricaine se fortifiera…
 » Fin de citation.

Cette réflexion du Chef de l'Etat, pleine de signification, doit toujours guider nos actions.
Partageant cette vision du Président de la République, je souhaite donc sincèrement que ce programme de politique générale du Gouvernement reçoive votre agrément.

Très Honorable Président de l'Assemblée Nationale,
Honorables Députés,
Distingués Invités
En me faisant l'insigne honneur de me nommer Chef du Gouvernement dans un contexte socioéconomique difficile de notre pays, le Président de la République, Chef de l'Etat, m'a chargé de poursuivre la mise en œuvre du programme politique pour lequel le peuple lui a massivement accordé son suffrage en 2005. Ce faisant, il m'a accordé une confiance que j'essaierai chaque jour de mériter.

Je voudrais en cet instant solennel lui témoigner devant le peuple ma gratitude pour sa confiance, et l'assurer de mon engagement personnel et celui de mon Gouvernement à réussir les nobles ambitions de transformation de notre société en une société d'espérance et de progrès.

Je m'engage, Honorables Députés de la Nation, si vous m'en offrez l'opportunité, de faire face aux enjeux du moment et de relever les défis du développement auxquels nous sommes confrontés. En effet, en dépit des avancées que nous avons connues, en particulier la reprise de notre partenariat avec la communauté internationale, le chemin qui reste à parcourir est encore long et nous impose à tous plus de détermination et d'ardeur au travail.

Afin de vous permettre de mieux comprendre les principaux défis qui se présentent à nous, un bref aperçu de la situation actuelle de notre pays me semble important, à savoir sa situation Politique, l'état de son Economie, de ses Finances, de son Agriculture, de son système de Santé et de l'Education, de ses forces de Défense et de Sécurité, de sa Justice, de son Administration etc.

Très Honorable Président de l'Assemblée Nationale,
Honorables Députés,
Distingués Invités
La décennie écoulée a été émaillée de défis nouveaux pour notre pays et ceux de la sous- région dont certains ont connu de conflits violents .D'autres ont vu la stabilité de leurs institutions se consolider davantage.

Notre pays a traversé des échéances capitales pour la consolidation de la démocratie, avec en particulier les élections générales de 2005 et la mise en place de toutes les institutions prévues par la Constitution du 27 décembre 2004.

Nous devons aujourd'hui regarder l'avenir de notre pays en face, les yeux grands ouverts et l'esprit clair.

Au plan politique, le pays a connu après les élections générales de 2005, l'apparition de mouvements rebelles dans les régions nord et nord-ouest de la République Centrafricaine, ainsi que le phénomène récurrent des coupeurs de routes appelés communément « Zaraguinas », avec pour conséquences : le déplacement des populations des zones de combat entre les groupes rebelles et les forces gouvernementales, la fuite de ces populations dans la brousse ou vers les régions beaucoup plus propices, le pillage de leurs stocks de produits vivriers, de leur cheptel et de leurs matériels agricoles, ainsi que le départs des éleveurs avec leur bétail vers les pays frontaliers. Face à cette situation dramatique et dans le but de ramener la paix, le Président de la République, Chef de l'Etat a engagé des négociations avec certains chefs rebelles qui ont abouti à la signature des accords de paix comme celui de Syrte du 02 février et celui de Birao le 14 avril 2007.

Ces accords ont prévu l'abandon par les mouvements rebelles de la voie de la force armée et de la violence politique, pour régler les contradictions du moment par le dialogue.

A cet effet, le Président de la République a mis en place le 30 novembre 2007, le Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif, composé des représentants des partis politiques de la majorité présidentielle, de l'opposition démocratique, de l'opposition armée, de la société civile et des représentants des pouvoirs publics. Par ailleurs, il a autorisé la libération en février 2008 de deux(2) représentants de l'UFDR en détention à Cotonou au Bénin.

Au plan de notre économie, il faut dire qu'après avoir connu une contraction de son Produit Intérieur Brut réel en 2002 (- 1 %) et 2003 (- 6,4 %), la situation économique de la République Centrafricaine se redresse progressivement depuis 2004 avec des taux de croissance en régulière amélioration : 1,3% en 2004, 2,2% en 2005, 4,1% en 2006 et 4% en 2007.

Globalement, cette évolution s'explique par une lente reprise de la production dans les zones de culture de rente et une progression favorable au niveau mondial des cours des matières premières à l'exportation. Toutefois, la reprise de l'activité économique dans certains sous-secteurs du primaire n'a pas atteint la production escomptée en 2007, notamment ceux des cultures de rente, des cultures vivrières, de l'élevage et du secteur forestier. En revanche, Les secteurs secondaires et tertiaires affichent des taux de croissance encourageants du fait notamment du dynamisme du sous-secteur minier (5,2%) (or et diamant) et du sous secteur des télécommunications (7%).

L'effort de stabilisation macroéconomique amorcé depuis le sursaut patriotique du 15 mars 2003 a abouti à la conclusion de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) approuvée par le FMI pour la période 2007-2009 et reprise dans le Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) 2008-2010.

En effet, la validation du DSRP a ouvert une nouvelle ère de conception et de mise en œuvre des programmes de développement dans notre pays. Cette étape a été déterminante dans la démarche pour la normalisation de nos relations avec les partenaires au développement (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Banque Africaine de Développement, etc.), notamment pour l'atteinte du point de décision dans l'initiative PPTE (Pays Pauvre Très Endettés) en juin 2007. Elle est aussi essentielle pour une mobilisation massive de ressources financières extérieures, requises pour le financement de la stratégie de reconstruction des fondamentaux de l'économie. Pour preuve, la table ronde de Bruxelles où les partenaires au développement ont réaffirmé leurs engagements pour des projets inscrits au DSRP à hauteur de 300 milliards de FCFA. La deuxième étape de ce processus est le point d'achèvement de l'initiative PPTE espéré pour juin 2008 avec toutes les retombées positives pour notre économie.

Quant à nos finances publiques, celles– ci demeurent précaires en dépit de réformes hardies entreprises depuis le 15 mars 2003. Les dernières statistiques des finances publiques montrent :
- Un stock de la dette intérieure estimé à plus de 109 milliards de FCFA.
- Un service de la dette extérieure estimé à plus de 32% du PIB ;
- Un stock de dettes dues aux banques commerciales s'élevant à 15, 2 milliards de FCFA en fin janvier 2008 ;
- Des recettes propres qui couvrent à peine les charges régaliennes de l'Etat. En 2007, nos recettes propres ont été de 84 milliards environ pour des dépenses primaires de 67 milliards de FCFA.
Très Honorable Président de l'Assemblée Nationale,
Honorables Députés,
Distingués Invités
Les actions engagées par le précédent Gouvernement ont permis de faire face aux dépenses de fonctionnement et d'investissement, et de régler une partie de la dette de notre pays. Le Gouvernement a bénéficié d'un financement extérieur à hauteur de 39 milliards dont 26 milliards au titre de don.
Il importe de signaler que malgré la mise en œuvre de plusieurs mesures d'assainissement, les ressources mobilisées sont restées faibles, face aux multiples besoins du pays.
Au plan social, les indicateurs de santé de notre pays restent préoccupants si l'on s'en tient aux résultats du Recensement Général de la Population et de l'Habitation(RGPH) 2003 qui donnent :
- un taux de mortalité de 20 pour mille;
- une espérance de vie à la naissance de 42,7 ans soit (40 ans pour les hommes et 45,7 ans pour les femmes) ;
- un taux de mortalité maternelle de 1355 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2003 alors qu'il n'était que de 683 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1988;
- Enfin, un taux de mortalité infanto-juvénile de 220 décès pour mille enfants de moins de cinq ans ;
La malnutrition qui est une carence en micronutriments, est apparue désormais comme un problème de santé publique à partir des années 1996 avec les crises récurrentes qu'a connues notre pays.
Certaines maladies endémiques telles que la trypanosomiase humaine africaine et celles dites émergentes deviennent de plus en plus préoccupantes. Il s'agit en effet des maladies cardio-vasculaires, notamment l'hypertension artérielle ainsi que le diabète et le cancer ;
Le VIH/SIDA devient un problème de développement dans notre pays avec un taux de prévalence de 6,2%, ce qui nous classe comme le 1er pays le plus infecté de la sous région et au 10ème rang mondial selon le Rapport de l'ONUSIDA de 2006.

La couverture géographique du pays en infrastructures sanitaires demeure faible. La plupart de ces infrastructures datant de l'époque coloniale sont vétustes et mal équipées et l'accessibilité à ces services de santé est limitée et inégale.

Par ailleurs, on note une insuffisance quantitative et qualitative en personnel de santé dont l'effectif est mal réparti sur l'étendue du territoire national, créant ainsi un déséquilibre entre Bangui et le reste des régions. Cet état de choses a pour conséquence l'utilisation des agents non qualifiés.
Le financement s'avère insuffisant et est fortement tributaire de l'aide extérieure à plus de 80%.
Le secteur social est aussi particulièrement marqué par :
- le nombre de personnes déplacées du nord de la RCA au Sud de la République du Tchad qui a atteint 45.000 ;
- la difficile réinsertion sociale des groupes vulnérables, notamment les enfants, les orphelins et les personnes handicapées ;
- l'approche du développement communautaire, fondée sur l'appui à l'auto développement durable, qui connait une nette régression ;
Ces indicateurs démontrent que des efforts particuliers méritent d'être fait pour l'amélioration de l'état de santé de nos populations qui continuent à être victimes de la pauvreté, et des maladies comme le VIH/sida, le paludisme, la tuberculose, les maladies menaçant la vie des enfants etc…
Après la santé, l'Education nous apparait comme l'un des socles de toute société aspirant à un développement durable.

Notre système éducatif demeure encore inefficace et n'arrive pas encore à valoriser le capital humain dont l'économie de la République Centrafricaine a besoin pour accélérer sa croissance.
Seule la moitié de nos enfants en âge de scolarisation est scolarisée.
En effet, l'on relève une stagnation depuis plus de 15 ans du taux de scolarisation (75% au F1 et 29% au secondaire général et technique en 2005). Les taux en provinces sont la moitié de ceux de la ville.
Sur cette moitié, moins de 20% achève le cycle primaire.

Le taux de déperdition est aussi important et l'on connait de plus en plus une dégradation de la qualité de l'enseignement et une insuffisance des infrastructures scolaires et des filières scientifiques et techniques.

Une telle tendance compromet les chances de développement de notre pays.
Les causes de cette situation s'explique par :
- un accès à l'éducation qui reste faible ;
- de fortes disparités entre les régions, entre les sexes, et suivant les filières ;
- dans certaines zones rurales des enfants parcourent encore plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l'école ;
- un très faible taux d'encadrement et un niveau de qualification tout aussi faible des enseignants.

Parlant de l'Enseignement Supérieur, je ne puis vous dissimuler les problèmes qu'il connaît et que vous savez tous, qui sont ceux de l'insuffisance des infrastructures, du sous effectif du personnel enseignant permanent et du manque d'enseignants qualifiés pour certaines filières ; ce qui oblige les pouvoirs publics à recourir depuis plusieurs années au service d'enseignants vacataires qui ont toujours du mal à se faire payer les vacations d'un côté, et pour le personnel permanent, les heures supplémentaires de l'autre. Cette situation ne cesse d'engendrer les multiples grèves au niveau de l'enseignement supérieur avec ses corollaires que sont les arrêts intempestifs et chroniques de cours dans les diverses facultés.

Pour ce qui concerne l'Agriculture et l'Elevage, il y a lieu de rappeler que ce secteur occupe 75% de la population active de notre pays (67% des hommes et 81% des femmes) et représente 45% du PIB.
En terme d'emploi, ce secteur fait travailler 63% des ménages pauvres ; c'est dire que le secteur agricole joue un rôle majeur pour l'amélioration de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dont les taux sont de 72% en milieu rural et 67,2% au niveau national.

Mais, le constat qui s'impose aujourd'hui est que le secteur est victime d'un certain nombre de contraintes qui l'affectent très sérieusement, en particulier :
- l'insécurité dans les zones de production agricole ;
- la désorganisation des acteurs ;
- la faible capacité des structures de recherche, de vulgarisation et de formation du monde rural ;
- l'enclavement du pays et le manque d'infrastructures économiques et sociales de base ;
- le faible accès au crédit ;
- la faible utilisation des intrants ;
- la mévente des produits ;
- la réduction de la force de travail due à l'exode rural des jeunes et le vieillissement de la population active agricole ;
- les conséquences des conflits armées sur le secteur.

Au plan Sécuritaire, l'effectif et le matériel des forces de défense et de sécurité restent insuffisants face à l'ampleur des tâches de maintien de la paix qui leur incombent. La situation sécuritaire est extrêmement préoccupante.

En effet, environ 5 000 hommes dont 1 200 seulement sont affectés à la protection du territoire et de la population et quelques 1700 gendarmes inégalement répartis sur un territoire de 623 000 km2 et 9 000 km de frontières à surveiller, dont plus de 6 000 km exposés à de zones de conflits, favorisant une grande circulation d'armes légères.

Cette situation crée une insécurité entretenue par de groupes armés isolés ou organisés, circonscrites dans des poches situées à proximité des frontières constituant une façade avec les pays en conflit.

Outre la dissémination d'armes de guerre et de petits calibres, l'insécurité se manifeste par la rébellion, le grand banditisme et l'apparition des coupeurs de route. Ce phénomène prend de plus en plus un autre visage avec les enlèvements de personnes, notamment dans les familles d'éleveurs contre de fortes rançons, ou de personnalités dont le dernier épilogue a été la prise en otage par les coupeurs de route le 10 février dernier de médecins et personnels de santé en service commandé dans les zones affectés par les conflits dans le nord-ouest (Bozoum) et du Maire de la Commune de  KOUI (558 km au nord-ouest de Bangui) , enlevé le 19 février avec quatre autres personnes, et qui sera lâchement assassiné le 12 mars 2008.

Plus préoccupant encore, Très Honorable Président de l'Assemblée Nationale, Honorables Députés,
Le chômage, qui est une grande plaie sur notre conscience collective, frappe une très large fraction de notre population active, notamment les jeunes et les femmes, avec des conséquences économiques et sociales très désastreuses sur notre société, je pense en particulier à l'insécurité grandissante, la peur, et le découragement.

Notre Système Judiciaire dont l'accès est limité ne répond pas suffisamment et diligemment à la demande des justiciables et aux évolutions de la société.

La situation actuelle de celui-ci n'offre pas les conditions nécessaires pour lui permettre de jouer le rôle de sécurité, de garant des droits et libertés des citoyens et de facteur de développement comme chacun serait en droit de s'y attendre.

En effet, ce système est encore caractérisé pour l'essentiel par :
-Une insuffisance de ressources humaines ;
-Une insuffisance d'infrastructures appropriées ;
-Un niveau déficitaire de probité et de conduite citoyenne de la part de certains de ses principaux acteurs ;
-Des difficultés d'adaptation et d'intégration à l'évolution de l'environnement juridique international
Ces maux ont été sans complaisance répertoriés dans le détail par les Etats Généraux de la Justice qui se sont déroulés au mois d'octobre 2007 et qui ont débouché sur une série de recommandations dont la mise en œuvre pour certaines contribueraient à relancer et à moderniser la machine judicaire dans notre pays.

Pour ce qui concerne l'Administration Publique en général, il convient de rappeler que notre nomination et la formation du Gouvernement ont intervenu au moment où la fonction publique centrafricaine était paralysée par une grève générale déclenchée le 02 janvier 2008, par les six(6) centrales syndicales reconnues en République Centrafricaine, avec à la base des revendications portant sur :
- l'apurement de sept mois de retards de salaires du régime actuel ;
- l'inscription dans la loi de finances 2008 du déblocage des effets financiers des avancements dans la fonction publique de la période allant de 1986 à 1995.

Cette grève qui a duré deux (2) mois a eu des répercussions sur le fonctionnement normal de notre administration publique en général et en particulier sur nos écoles et les centres de santé.
Face à cette situation, mon Gouvernement, sous l'autorité du Président de la République, Chef de l'Etat a ouvert des négociations qui se sont déroulées les 21 ; 22 et 23 février 2008 au terme desquelles un mot d'ordre de reprise du travail dans le secteur public a été lancé le 23 février 2008.
Mais, au-delà de cette crise sociale dont je viens de faire mention, de nombreux citoyens centrafricains sont scandalisés par la perception qu'ils ont du phénomène de la corruption et de la fraude de tous genres et à tous les niveaux de notre administration ; ils sont frustrés par l'inefficacité des structures de lutte contre ce fléau dont les stratégies ne donnent encore aucun résultat tangible. Ils sont déconcertés par l'érosion du sens du service public et de l'autorité de l'Etat face à la montée de l'incivisme. Ils se sentent impuissants devant la froideur et le caractère impersonnel de l'administration, et la démission de certains d'entre nous devant leurs responsabilités.

Cette présentation serait incomplète si je ne vous décris pas la situation combien délicate de notre Administration du Territoire.

En effet, nul n'ignore que c'est l'administration du territoire qui assure le relai de l'action Gouvernementale en province, en ce sens que c'est elle qui met en ouvre la politique du Gouvernement au niveau décentralisé.

En cela, elle concourt au rayonnement de l'Etat, car c'est à travers elle que le citoyen reconnait l'existence de celui-ci et se voit satisfaire ses besoins essentiels.

Le constat que l'on peut faire aujourd'hui, est que, ce mariage administratif reste faible. Les préfectures et sous préfectures ne sont pas dotées en cadres qualifiés. Mieux, certaines sous préfectures manquent de sous préfets depuis un certain temps et cela amoindrit l'action de l'Etat.
A cela, il faut ajouter le problème de moyens matériels qui diminue le prestige de l'Etat et qui réduit son autorité.

Enfin, il convient d'évoquer la situation de notre chefferie. En effet, depuis plus de trois décennies, rien de significatif n'a été fait pour restaurer l'autorité des chefs de villages et de quartiers et pour améliorer leurs situations administratives et financières.

Cet état de chose entame sérieusement leur motivation et influe négativement sur le développement économique et social de nos localités et villes. (A suivre...)






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